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Les pensées célèbres, celles de la Vagabonde de la Poésie, les pensées Momoriciennes et les vôtres si le coeur vous en dit

Avec l’aimable participation de mon ami Régis Najac, qui comme vous le savez tous ici, a l’œil affuté du photographe! Et la main au pinceau très agile!

Jupette et Taïaut IMG_3945.pngIMG_3946.pngIMG_3947.pngIMG_3948.png

Ils étaient connus de nous tous en pays d’Olt au siècle dernier , ils ne sont pas passés inaperçus lors de leur existence, on ne les oublie pas. L’une tout en parfums attirait les regards d’une façon élégante, l’autre tout en fêlants dégageait des odeurs, qu’une mémoire même peu olfactive ne peut oublier.
Ils habitaient à peu près dans le même secteur, dans la région de Toirac. Tous les deux avaient pour habitude de se rendre à Figeac, de préférence les jours de marché!
Le premier qui était une figure typique du pays, s’appelait Robert, mais tout le monde le connaissait sous le nom de Taïaut.
J’ai oublié le nom du second, le soleil ne m’a pourtant pas taper sur la tête, cette petite parenthèse, pour vous dire que c’est ce que disait les gens du pays quand il parlait de lui. Jupette, en effet avait voyagé et s’était exposé aux rayons violents du climat africain.
De là, à établir un raccourci avec sa tenue excentrique, il n’y avait qu’un pas à faire.
Remarquez, je peux ouvrir une petite parenthèse, pour vous relater en quelques lignes l’histoire qui est arrivée à mon grand-père paternel. Après cinq années de légion, au début du siècle dernier, avec en prime la traversée du désert dans des secteurs très agités, il est recruté pour servir dans la garde républicaine à Paris. Un ancien de la garde, a la mauvaise idée, de le traiter de bleu dès son arrivée. L’insulte est inacceptable pour le béret vert, il saisit son éperon et le lui plante dans le dos!
Geste qui lui vaut de passer devant la justice militaire.
Il voit sa peine cependant, réduite au minimum, car le garde républicain qu’il a blessé reconnaît qu’il l’a provoqué.
Ma grand-mère, écrit pour signaler que pendant son séjour dans le désert, le sirocco et le soleil ont eu raison de son mental. Réformé pour débilité, il n’en sera pas moins rappelé pour combattre pendant la grande guerre, où il est décoré à deux reprises pour son héroïsme et sa bravoure les armes à la main, lors du terrible combat de la Marne en 1914 puis, pour celle de la Somme en 1916. J’ouvre une parenthèse, pour rappeler que cette terrible bataille, en 1916, s’est soldée par une hécatombe! Trente milles poilus d’une vingtaine d’années sont morts la première journée! On peut donc en conclure, que les coups de chaleur sur la tronche, ne sont pas rédhibitoires, pour devenir un excellent combattant et défendre cœur et âme son bon pays.
Ayant moi-même, connu les commandos parachutistes du 8 RPIMA je me demande si je n’aurais pas eu le même réflexe que mon aïeul , face à ce type de provocation mais, me direz-vous, tel grand-père tel petit fils!
Mais revenons, à nos deux lascars lotois.
Taïaut était issu d’une famille très ancienne qui figurait parmi les consuls du pays dès le XVII ème siècle, ils avaient donc eu très longtemps des postes de responsables dans la vie de la communauté. Ils se sont construit un patrimoine non négligeable au fil du temps. Et notre brave Taïaux profitaient des quelques richesses que ses braves aïeux lui avaient laissées en héritage.
On le sentait venir de loin cet animal, je ne saurais vous décrire son odeur, car comme le disait justement le philosophe Alain, on ne peut pas parler de lumière à un aveugle! Ou difficilement n’est-ce pas?
Là, on se trouve dans la même situation, aussi ayez la gentillesse de demander à ceux qui l’on connu, si ce petit exploit de description linguistique est à leur portée.
Taïaux traînait à longueur de journée, il a parcouru tous les chemins du Causse et de la rivière, en quête de quelques victuailles à se mettre sous la dent.
Il n’était pas pauvre, je vous le rappelle, mais il en avait la parfaite attitude. Lorsque sa vieille mobylette bleue était en panne, il prenait le car SNCF pour se déplacer entre Figeac et Cajarc.
Inutile de vous préciser que dès le passage de la porte de l’autobus, il incommodait la totalité des passagers, et il n’avait pas son pareil les jours de grandes affluences pour obtenir une place assise rapidement.
Une flatulence bien placée, suffisait pour dégager les sièges autour de lui.
Suite à une chute sur son engin motorisé, blessé à une jambe, il est conduit à l’hôpital. Le personnel voyant ce spécimen arriver décident sur le champs de le laver , et malgré ses vibrantes protestations finissent par le coincer sous la douche pour lui enlever quelques couches de crasse.
Inutile de vous dire que les aides soignantes ont eu droit à une série de phrases que je préfère taire.
Il est réparti soigné et heureux que ce supplice soit enfin derrière lui.
Muni de deux béquilles, il profita de son léger handicap pour se faire plaindre, et eut une idée géniale pour arrêter les voitures, tout simplement en jetant ses béquilles face à elles, avant qu’elles ne passent devant lui.
Hélas, les malheurs succèdent souvent aux malheurs, et les années parfois se ressemblent, il est à nouveau victime d’un accident inattendu. La journée plus chaude que d’habitude avait fait fondre le macadam, les chopines avaient succédées aux chopines, comment voulez-vous échapper à votre destin dans ces conditions extrêmes?
De retour vers des soins obligatoires, il fait des pieds et des mains, pour ne pas subir le même outrage que dis-je châtiment que l’année précédente!
Il fait face au personnel, qui dans un élan de volonté hors du commun, décident de le conduire à nouveau vers le pommeau salutaire.
Quand il leur rétorque :
« Ah non…ça suffit ! S’offusqua t’il ! Je suis propre, vous m’avez déjà fait le coup l’année dernière! »
Que dire de ses passages à Figeac, où il avait ses habitudes, et où l’hiver il pénétrait dans le hall de la poste. La table providentielle qui se trouvait là, lui servait à étaler ses papiers gras, il sortait alors un vieux quignon de pain et quelques victuailles bien grasses, parfois même il sauçait son pain moisi dans une boîte de conserve au contenu douteux, où une croûte épaisse s’était formée.
Un jour, alors qu’il regagnait son charnier natal, il a eu la surprise de voir qu’un énorme rocher s’était détaché de la colline qui surplombait sa vieille baraque et recouvrait sa chambre! Les pompiers qui pensaient le trouver dessous, eurent l’agréable surprise de le voir débarquer frétillant comme un gardon que l’on vient d’attraper au bout d’un hameçon!
« Si vous me cherchez, leur dit-il, sourire aux lèvres, je suis là! »
Bien sûr je pourrais vous raconter bien plus d’anecdotes sur sa vie, je terminerai par les deniers mots qu’il m’a dit, alors qu’il arrivait au pied de ma maison natale :
«Comment vont vos parents?…«Et les anciens où sont-ils ? Il y a longtemps que je ne les ai pas vus! »
Les pauvres, avaient quitté ce monde, depuis plus de trente ans!
Il a fini sa vie dans un fossé à la sortie d’un virage, à l’âge avancé de 77 ans.
Il eut encore le plaisir même après sa mort, de faire un joli pied de nez à ses successeurs , grâce à ses dernières volontés, mais faute d’avoir bien trop exagéré elles ne furent pas suivies.
Ainsi, s’acheva la vie de Taïaut, celui qui joua au pauvre alors qu’il ne l’était pas. On se souviendra de lui, avec son béret sur le côté couvrant une silhouette rondouillarde circulant sur une mobylette bleue aux humeurs vrombissantes, comparables à celles de son maître.
Jupette, elle, à l’inverse était très coquette elle se rendait à Figeac depuis Carayac également en mobylette.
J’ai eu droit un jour à un spectacle saisissant, alors que je pédalais en direction de Faycelles! Une panthère rose aux effluves printanières me doubla, toute voile dehors, me laissant admirer des dessous chics, semblables aux dentelles du cygne.
Jupette refusait qu’on l’appelle Monsieur , il appréciait qu’on le reconnaisse en tant que dame.
On pouvait la rencontrer à la courte paille régulièrement, son plaisir était d’avoir des compliments sur sa tenue vestimentaire, surtout quand elle avait revêtu un nouvel ensemble enfin, les femmes apprécieront
cet état d’âme purement féminin.
Il était devenu au fil du temps, plus femme qu’homme!

Je précise, que ces deux personnages emblématiques sont immortels dans nos mémoires, et c’étaient des amis à ma famille.
 
Dernière édition:
Plutôt que d’employer le mot pragmatique, parlons du côté pratique des choses, notre côté bienveillant que l’on a pour une personne, résonne mieux dans le cerveau du commun des mortels, que l’altruisme!
 
Est poète, celui qui saisit l’essence profonde et parle au cœur la seule langue qui lui est agréé! Celui qui a une naïve adoration devant la nature, avec le seul parti-pris, de fuir la laideur. le mensonge grossier, et les vilenies habituelles.
 
Une histoire vraie, bien de chez nous

Il s’agit, de celle de Bergon, sa pauvre mère était née comme lui, dans la maison troglodyte de la Châtaigneraie, vous savez, celle qui surplombe gracieusement la plaine de la vallée du Lot, un abri providentiel doté d’une vue imprenable, creusé par l’érosion dans la roche dure au fil des millénaires. Pour celles, et ceux, qui ne connaissent pas ce haut lieu en natalité, je mettrai quelques photographies, il y a quelques années a été restauré, pour le rendre bien sur, beaucoup plus confortable!

Les très pauvres du pays, avaient pris pour habitude de s’installer à l’abri des quatre vents sous ce rocher providentiel, enfin, je devrais plutôt écrire, des deux vents, celui du Nord et de l’Est! Ce refuge, leur avait été offert gracieusement par la main du seigneur, et lorsqu’on arrive au monde, fauché comme les blés de la plaine, on ne refuse jamais l’aubaine, surtout si par miracle elle vient du divin!
Inculte, notre brave bougre eut l’idée d’entreprendre une carrière de maquignon. C’était un honnête homme en haillons, il avait toujours eu une passion inimaginable, pour l’espèce à quatre pattes aux grandes oreilles! Il prit donc tout son temps pour acheter son premier "Carreton" puis il arpenta tous les chemins carrossables pour se rendre aux foires de notre belle région! Il ne fit pas fortune pour autant, car force était de constater, qu’il enterrait plus d’ânes qu’il n’en vendait! Vous le savez toutes, et tous, quand on commence une activité aussi délicate avec ce type de marchandise vivante sur quatre sabots sans un sous, ou presque, on nous voit arriver de loin! Les plus vieilles carnes, celles qui coûtent le moins cher, finissent entre nos bras, et on finit inévitablement par se ruiner! Eh oui ! Quand la misère vous colle à la peau c’est pour longtemps! Et cela, vous en conviendrez avec moi après réflexion, n’a rien à voir dans le fait, que les maquignons vous ont pris pour un âne, même s’ils vous ont vu arrivé de très loin!
Tiens, aujourd’hui, je vais vous raconter une petite histoire rapportée dans sa version intégrale, et originale par les gens du pays. Répétée, comme un sacerdoce, lors des longues soirées d’hiver près de la cheminée, ce récit bien mijoté dans l’âtre flamboyant, campe bien ce personnage hors du commun, fort en répartie, loin d’être stupide, enfin pas à l’image de l’animal qu’il adorait!
Quoique, d’après une étude récente, l’âne ferait parti des cinq animaux les plus intelligents! Ce n’est pas pour rien, qu’il refuse d’avancer quand on lui demande de travailler!
Et entre nous, cela me permet de vous dire, que pour moi qui ai eu l’honneur de porter un bonnet d’âne le jour de la fête des écoles au Mas du Noyer, cette nouvelle m’a quand même bien réconforté!
Mais, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos ânes, ce grand jour de la foire de Figeac du 15 novembre 1956.
Le soir même où notre brave bougre rentrait de cette immense rassemblement d’ânons! Il avait acheté sûrement le plus vieil âne sur place du foirail à un prix à couper le souffle! Voilà, qu’au beau milieu de la côte de Faycelles à hauteur de la propriété de la famille Gary, qu’il s’aperçoit que la pauvre bête est à court de souffle justement, et qu’elle n’est plus du tout en état de tirer la charrette. N’écoutant que son cœur, grand comme la colline qui l’a vu naître, il décide sur le champ de prendre sa place au milieu des brancards, et attache l’animal à l’arrière de ce drôle et déroutant attelage.
Après tout, n’avait-il pas fait l’aller dès l’aube, et cela jusqu’à la foire sans une aide animale? Ne me demandez pas comment il avait réussi à hisser la charrette jusqu’à la place aux bestiaux, située sur la hauteur de Figeac.
Vous avez très certainement remarqué, que lorsque l’on se trouve dans une position souvent aussi périlleuse, que délicate, et n’ayons pas peur des mots, très inconfortable, que surgissent comme par miracle, des personnages, que l’on ne souhaite pas forcément rencontrer, en l’occurrence, ce fut les tant redoutés gendarmes du tour de ville de Cajarc!
C’était les bêtes noires, les plus redoutées des gens de la commune, en dehors bien entendu des vraies, car vous l’avez sûrement lu, une locomotive peut en cacher une autre! Ces représentants de la loi, étaient réputés pour la dureté de leurs contreventions! Beaucoup plus intransigeants que ceux de Figeac, qui par pitié n’avaient absolument pas l’habitude de verbaliser les pauvres gens de leur propre canton. Eh oui, à cette belle époque, il régnait au pays une certaine morale, qui de nos jours vous en conviendrez à nouveau avec moi, a totalement disparu!
Bien entendu, cette tradition ancestrale, paraissait logique à tous, et ces règles déontologiques s’appliquaient partout en France. Punaise, il n’aurait plus manqué que cela! Quoi ? Que les agents qui font régner l’ordre nous alignent sans état d’âne, non d’âme, près de chez nous! L’inacceptable n’avait donc aucune raison d’être! Là-dessus, vous serez j’en suis persuadé, toutes et tous d’accord avec l’auteur de ce petit récit.
Mais reprenons, notre vraie histoire, où nous l’avions laissée.
Les pandores, s’approchèrent de l’étrange, et surprenant convoi démuni de sa lanterne obligatoire! Il n’y avait sans aucun doute effraction au code de la route! Il faudrait être un âne, pour ne pas s’en rendre compte!
D’une voix bien particulière, propre à leur corporation dans le sud ouest, ils interpellent donc notre sonneur de cloche. Ah oui! J’ai oublié de vous dire que Bergon a plusieurs métiers de pauvre, qu’il cumule intelligemment, et pour l’occasion c’est lui qui va se faire sonner les cloches! On lui rappelle illico presto le règlement, en long en large, et même en travers, si je peux m’exprimer ainsi, pour avoir une bonne conduite! Sans se décontenancer le moins du monde, notre pauvre marchand d’ânes, réplique aussitôt :
«Au lieu de vous acharner sur moi, demandez donc des explications au propriétaire de cet inquiétant attelage, attaché derrière au bout d’une corde! Ne voyez-vous donc pas, que je suis l’âne entre les brancards!»
Et les gendarmes s’esclaffèrent, et rentrèrent dans leur poche, le carnet des procès-verbaux.

Voici sa chanson : il avait plusieurs métiers, je vous l’ai dit
!�Je m’appelle Bergon,�Je suis un maquignon,�Quand je vais à la foire�Je prends mon bâton,�Quand j’active les cloches, Je n’ai rien d’une cloche!
M'apèli Bergon�Soi un maquinhon�Quand vau a la fièra�Preni mon baston!�Quand activi las campanas�Ai pas res d'una campana!�
Je reviendrai plus tard illustrer ce petit récit…
Merci de m’avoir lu.IMG_3959.pngIMG_3976.png
 
J’ai connu l’époque, où les végétariens, et les véganes n’existaient pas!
Si je vous le dis!
Ces mots étaient ils présents dans les dictionnaires? J’en doute!
 
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