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Les pensées célèbres, celles de la Vagabonde de la Poésie, les pensées Momoriciennes et les vôtres si le coeur vous en dit

À travailler!

Jupette et Taïaut,

Ils étaient connus de nous tous au siècle dernier , ils ne sont pas passés inaperçus lors de leur existence, on ne les oublie pas. L’une tout en parfums attirait les regards d’une façon élégante, l’autre tout en fêlants dégageait des odeurs, qu’une mémoire même peu olfactive ne peut oublier.
Ils habitaient à peu près dans le même secteur, dans la région de Toirac. Tous les deux avaient pour habitude de se rendre à Figeac, de préférence les jours de marché!
Le premier qui était une figure typique du pays, s’appelait Robert, mais tout le monde le connaissait sous le nom de Taïaut.
J’ai oublié le nom du second, le soleil ne m’a pourtant pas taper sur la tête, cette petite parenthèse, pour vous dire que c’est ce que disait les gens du pays quand il parlait de lui. Jupette, en effet avait voyagé et s’était exposé aux rayons violents du climat africain.
De là, à établir un raccourci avec sa tenue excentrique, il n’y avait qu’un pas à faire.
Remarquez, je peux ouvrir une petite parenthèse, pour vous relater en quelques lignes l’histoire qui est arrivée à mon grand-père paternel. Après cinq années de légion, au début du siècle dernier, avec en prime la traversée du désert dans des secteurs très agités, il est recruté pour servir dans la garde républicaine à Paris. Un ancien de la garde, a la mauvaise idée, de le traiter de bleu dès son arrivée. L’insulte est inacceptable pour le béret vert, il saisit son éperon et le lui plante dans le dos!
Geste qui lui vaut de passer devant la justice militaire.
Il voit sa peine cependant, réduite au minimum, car le garde républicain qu’il a blessé reconnaît qu’il l’a provoqué.
Ma grand-mère, écrit pour signaler que pendant son séjour dans le désert, le sirocco et le soleil ont eu raison de son mental. Réformé pour débilité, il n’en sera pas moins rappelé pour combattre pendant la grande guerre, où il est décoré à deux reprises pour son héroïsme et sa bravoure les armes à la main, lors de la terrible bataille de la Marne en 1914 puis, pour celle de la Somme en 1916. J’ouvre une parenthèse, pour rappeler que cette terrible bataille, en 1916, s’est soldée par une hécatombe! Trente milles combattants d’une vingtaine d’années sont morts la première journée! On peut donc en conclure, que les coups de chaleur sur la tronche, ne sont pas rédhibitoires, pour devenir un excellent combattant et défendre cœur et âme son bon pays.
Ayant moi-même, connu les commandos parachutistes du 8 RPIMA je me demande si je n’aurais pas eu le même réflexe que mon aïeul , face à ce type de provocation mais, me direz-vous, tel grand-père tel petit fils!
Mais revenons, à nos deux lascars lotois.
Taïaut était issu d’une famille très ancienne qui figurait parmi les consuls du pays dès le XVII ème siècle, ils avaient donc eu très longtemps des postes de responsables dans la vie de la communauté. Ils se sont construit un patrimoine non négligeable au fil du temps. Et notre brave Taïaux profitaient des quelques richesses que ses braves aïeux lui avaient laissées en héritage.
On le sentait venir de loin cet animal, je ne saurais vous décrire son odeur, car comme le disait justement le philosophe Alain, on ne peut pas parler de lumière à un aveugle! Ou difficilement n’est-ce pas?
Là, on se trouve dans la même situation, aussi ayez la gentillesse de demander à ceux qui l’on connu, si ce petit exploit de description linguistique est à leur portée.
Taïaux traînait à longueur de journée, il a parcouru tous les chemins du Causse et de la rivière, en quête de quelques victuailles à se mettre sous la dent.
Il n’était pas pauvre, je vous le rappelle, mais il en avait la parfaite attitude. Lorsque sa vieille mobylette bleue était en panne, il prenait le car SNCF pour se déplacer entre Figeac et Cajarc.
Inutile de vous préciser que dès le passage de la porte de l’autobus, il incommodait la totalité des passagers, et il n’avait pas son pareil les jours de grandes affluences pour obtenir une place assise rapidement.
Une flatulence bien placée, suffisait pour dégager les sièges autour de lui.
Suite à une chute sur son engin motorisé, blessé à une jambe, il est conduit à l’hôpital. Le personnel voyant ce spécimen arriver décident sur le champs de le laver , et malgré ses vibrantes protestations finissent par le coincer sous la douche pour lui enlever quelques couches de crasse.
Inutile de vous dire que les aides soignantes ont eu droit à une série de phrases que je préfère taire.
Il est réparti soigné et heureux que ce supplice soit enfin derrière lui.
Muni de deux béquilles, il profita de son léger handicap pour se faire plaindre, et eut une idée géniale pour arrêter les voitures, tout simplement en jetant ses béquilles face à elles, avant qu’elles ne passent devant lui.
Hélas, les malheurs succèdent souvent aux malheurs, et les années parfois se ressemblent, il est à nouveau victime d’un accident inattendu. La journée plus chaude que d’habitude avait fait fondre le macadam, les chopines avaient succédées aux chopines, comment voulez-vous échapper à votre destin dans ces conditions extrêmes?
De retour vers des soins obligatoires, il fait des pieds et des mains, pour ne pas subir le même outrage que dis-je châtiment que l’année précédente!
Il fait face au personnel, qui dans un élan de volonté hors du commun, décident de le conduire à nouveau vers le pommeau salutaire.
Quand il leur rétorque :
« Ah non…ça suffit ! S’offusqua t’il ! Je suis propre, vous m’avez déjà fait le coup l’année dernière! »
Que dire de ses passages à Figeac, où il avait ses habitudes, et où l’hiver il pénétrait dans le hall de la poste. La table providentielle qui se trouvait là, lui servait à étaler ses papiers gras, il sortait alors un vieux quignon de pain et quelques victuailles bien grasses, parfois même il sauçait son pain moisi dans une boîte de conserve au contenu douteux, où une croûte épaisse s’était formée.
Un jour, alors qu’il regagnait son charnier natal, il a eu la surprise de voir qu’un énorme rocher s’était détaché de la colline qui surplombait sa vieille baraque et recouvrait sa chambre! Les pompiers qui pensaient le trouver dessous, eurent l’agréable surprise de le voir débarquer frétillant comme un gardon que l’on vient d’attraper au bout d’un hameçon!
« Si vous me cherchez leur dit-il, sourire aux lèvres je suis là! »
Bien sûr je pourrais vous raconter bien plus d’anecdotes sur sa vie, je terminerai par les deniers mots qu’il m’a dit, alors qu’il arrivait au pied de ma maison natale :
«Comment vont vos parents?…«Et les anciens où sont-ils ? Il y a longtemps que je ne les ai pas vus ?»
Les pauvres avaient quitté ce monde, depuis plus de trente ans!
Il a fini sa vie dans un fossé à la sortie d’un virage, à l’âge avancé de 77 ans.
Il eut encore le plaisir même après sa mort, de faire un joli pied de nez à ses successeurs , grâce à ses dernières volontés, mais faute d’avoir bien trop exagéré elles ne furent pas suivies.
Ainsi, s’acheva la vie de Taïaut, celui qui joua au pauvre alors qu’il ne l’était pas. On se souviendra de lui, avec son béret sur le côté couvrant une silhouette rondouillarde circulant sur une mobylette bleue aux humeurs vrombissantes, comparables à celles de son maître.
Jupette, elle, à l’inverse était très coquette elle se rendait à Figeac depuis Carayac également en mobylette.
J’ai eu droit un jour à un spectacle saisissant, alors que je pédalais en direction de Faycelles! Une panthère rose aux effluves printanières me doubla, toute voile dehors, me laissant admirer des dessous chics, semblables aux dentelles du cygne.
Jupette refusait qu’on l’appelle Monsieur , il appréciait qu’on le reconnaisse en tant que dame.
On pouvait la rencontrer à la courte paille régulièrement, son plaisir était d’avoir des compliments sur sa tenue vestimentaire, surtout quand elle avait revêtu un nouvel ensemble enfin, les femmes apprécieront
cet état d’âme purement féminin.
Il était plus femme qu’homme!

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Dernière édition:
L’esprit fusionnel embrasent les cœurs avant de les éteindre un à un.

Le bouillon d’onze heures a connu ses heures de gloire, par quoi a t’il était remplacé ?

Il faut savoir calculer l’incalculable, palper l’impalpable et voir au-delà du visible pour vivre sereinement.

Le côté malsain de l’esprit se propage dans un très long silence.

Si vous avez des idées vous n’êtes peut-être pas un petit esprit, approfondissez-les.

Les politiciens sont de grands illusionnistes.

Tout instant s’inscrit dans la marche illusionnante du temps.

L’instant qui suit l’heure du trépas est éternel.

Si vous aimez les enfants, surtout ne procréez plus.

....Je vais vous dévoiler tous les mystères : mystères religieux ou naturels, mort, naissance, avenir, passé, cosmogomie, néant. Je suis maître en fantasmagories...AR...Oui AR je viens de lire et d’approfondir cette pensée. J’ai moi-même sombré dans la schizophrènie suite à une expérience d’une année aux mains des esprits si j’ose dire. Au début de cette épreuve paranormale je me croyais pourtant totalement invincible.

J’en ai déduit la conclusion suivante : Le schizophrène, dans certaines situations touche du doigt la vérité ! Il est en contact avec des forces inconnues, il est très sensible à ce royaume invisible fantomatique qui a tendance à le pousser dans ses retranchements pernicieusement et à l’affaiblir mentalement, voire moralement.

Il n’est pas étonnant, que cette lente dérive de l’être touche particulièrement les enfants et les personnes âgées, à la structure mentale fragile et par voie de conséquence très vulnérable.

J’ai connu un état suicidaire, suite à ce voyage incroyable. dans ce monde du paranormal. J’ai communiqué avec les esprits, j’ai vécu avec eux et j’ai appris bien des choses qui se sont révélées vraies après vérification. J’ai par nécessité affronté les forces du mal, je suis tombé amoureux, j’ai dialogué en utilisant la télépathie avec une aisance incroyable.

Un jour, alors que je venais de me révolter contre des entités. et que j’exorcisais m’a personne, Isabelle m’a dit : -Maurice arrête tout !
Si tu arrives aux urgences dans cet état mental, les médecins t’interneront sur le champs dans un hôpital psychiatrique!

J’ai quitté sans séquelles, du moins je le pense, ce milieu étrange et captivant sans éprouver le besoin de le rejoindre à nouveau. Ce monde parallèle de l’au-delà que je crois toujours aussi réel, que celui dans lequel nous vivons.
 
Dernière édition:
....Je vais vous dévoiler tous les mystères : mystères religieux ou naturels, mort, naissance, avenir, passé, cosmogomie, néant. Je suis maître en fantasmagories...AR...Oui AR je viens de lire et d’approfondir cette pensée. J’ai moi-même sombré dans la schizophrènie suite à une expérience d’une année aux mains des esprits si j’ose dire. Au début de cette épreuve paranormale je me croyais pourtant totalement invincible.

J’en ai déduit la conclusion suivante : Le schizophrène, dans certaines situations touche du doigt la vérité ! Il est en contact avec des forces inconnues, il est très sensible à ce royaume invisible fantomatique qui a tendance à le pousser dans ses retranchements pernicieusement et à l’affaiblir mentalement, voire moralement.

Il n’est pas étonnant, que cette lente dérive de l’être touche particulièrement les enfants et les personnes âgées, à la structure mentale fragile et par voie de conséquence très vulnérable.

J’ai connu un état suicidaire, suite à ce voyage incroyable. dans ce monde du paranormal. J’ai communiqué avec les esprits, j’ai vécu avec eux et j’ai appris bien des choses qui se sont révélées vraies après vérification. J’ai par nécessité affronté les forces du mal, je suis tombé amoureux, j’ai dialogué en utilisant la télépathie avec une aisance incroyable.

Un jour, alors que je venais de me révolter contre des entités. et que j’exorcisais m’a personne, Isabelle m’a dit : -Maurice arrête tout !
Si tu arrives aux urgences dans cet état mental, les médecins t’interneront sur le champs dans un hôpital psychiatrique!

J’ai quitté sans séquelles, du moins je le pense, ce milieu étrange et captivant sans éprouver le besoin de le rejoindre à nouveau. Ce monde parallèle de l’au-delà que je crois toujours aussi réel, que celui dans lequel nous vivons.

Bonsoir,

Je souris en te lisant et j'entends ta voix, se mélanger à celle des 20 000 lecteurs silencieux, de notre page, enrichie chaque jour par tes pensées Momoriciennes, tu as humblement oublié de dire que tu étais guérisseur.

Tendre soirée Cher Momo.

Paule
Je ne peux pas dévoiler tout mon personnage! Sourires
Bonne soirée à toi, chère Paule!
20 000 quand même!
 
Bonjour à toutes et à tous

Je suis à la recherche d’une voix d’enfant, doué pour la lecture, les accrochages sont bien entendu autorisés!
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Dans le cadre d’un projet de musée du rail en Dordogne, deux de mes récits ont été retenus.
Ces deux textes, sont là, pour témoigner de ce que fût dans notre région la vie du rail, durant la première moitié du 20 ème siècle.
Cet enfant devra être âgé d’une dizaine d’années, ou un peu plus, c’est l’âge que j’avais quand j’ai vécu ces deux histoires.
Il suffira alors d’enregistrer sa voix, sur une bande magnétique, pour que le prodige de la lecture, fasse son entrée pour la postérité avec ma mémoire écrite, dans l’antre de la vapeur!
Merci

Jusqu’à l’âge avancé de 13 à 14 ans! Sourires

Aujourd’hui, il est très facile de pouvoir enregistrer sa voix sur le dictaphone de son téléphone, et de créer un fichier audio. N’hésitez pas, à dévoiler vos talents de lecteur!

Merci !

Contactez-moi…je vous communiquerai mes coordonnées.

Je vais poster la même demande, sur le site de Capdenac, ne sachant pas du tout si cet appel sera entendu.

Voici les deux récits :

La guérite de mon enfance

Mon père a exercé un temps le dur métier de garde-barrière qu’il jumelait avec le travail à la ferme. Je l’accompagnais souvent pour lui tenir compagnie et j’ai connu les passages à niveau de la voie ferrée entre la Madeleine et Cajarc. La nuit de ce récit, nous avions posé notre sac à la barrière de Montbrun. Le métier n’était pas reposant, même si, à la fin des années cinquante, les voitures ne roulaient pas pare-chocs contre pare-chocs dans ce secteur rocailleux de la vallée du Lot ! Munis d’une gamelle bien remplie pour l’occasion, réveillon oblige, on passait la nuit dans un minuscule abri très sobre, équipé d’un bureau, d’une chaise et d’un petit poêle à charbon qui n’avait aucun mal à réchauffer l’atmosphère et à la rendre rapidement très agréable. Il faut savoir que le froid dans nos régions prenait des allures disproportionnées à cette époque en paralysant une grande partie du pays. Lors du mois de février 1956, les températures ont oscillé entre moins seize et moins vingt-huit degrés. Les plus anciens rapportent que ce phénomène exceptionnel a duré toute la lune du mois!
On vivait dans un monde où l’espace et le temps semblaient s’être définitivement figés.
Le froid glacial, dans ce contexte, favorisait le passage de quelques bêtes sauvages affamées qui venaient déranger parfois cette apparente quiétude. Ce fut le cas ce soir-là. S’est fait alors entendre un grand fracas de branches piétinées, de bambous éclatés qui me sortirent rapidement d’une courte mais agréable léthargie. Mon père, toujours en éveil, se précipita vers une cachette où se trouvait son vieux fusil pour tenter d’éliminer un de ces inconscients pachydermes ! Les hordes de sangliers de pure souche quercynoise ne manquaient pas dans ce secteur, au point que l’on aurait pu se demander si elles n’appartenaient pas à la compagnie des chemins de fer français ! A ma question :
- Pourquoi veux-tu tuer ces animaux, papa ? Il me répondit : - Ils risquent de faire dérailler un train, et cela va nous permettre de manger pendant un bon bout de temps ! Cependant, ces phacochères gris qui se fondaient dans l’obscurité s’en sortirent sans une seule égratignure ! Les cartouches utilisées pour les empêcher de nuire étaient ce soir-là inappropriées à ce type de gibier! « Sans chevrotines je ne pouvais rien faire ! » Enfin, ce furent les paroles peu convaincantes du médaillé de la Résistance qui souhaitait sortir la tête haute d’une situation pas très glorieuse pour lui, vous en conviendrez avec moi !

Revenons à notre petite guérite et parlons du travail de nuit du veilleur. Le mot d’ordre pour ces noctambules était de ne jamais s’endormir ! L’exercice était presque surhumain et quelques-uns d’entre eux s’assoupissaient, m’a rapporté un ancien forçat du rail qui alimentait en permanence en boulets grisâtres les entrailles surchauffées des bêtes noires. Il n’avait, m’a-t-il dit, jamais constaté cet état de faiblesse chez mon géniteur! Ce détail m’est apparu important quand on connaît les conséquences dramatiques qu’une telle faiblesse peut occasionner ! Décidément, mon idole avait des capacités physiques exceptionnelles doublées d’un esprit professionnel exemplaire. Les horaires des trains de marchandises étaient inscrits sur un petit carnet, et les grands bras à manivelles n’étaient levés que lorsqu’un véhicule se présentait en klaxonnant. La nuit était donc relativement calme côté route en semaine et, à l’inverse, les trains de marchandises tractant des wagons lourdement chargés d’anthracite se succédaient à un rythme infernal. Les plus imposants convois qui circulaient sur la ligne translotoise étaient tirés par deux machines à vapeur 141 E! La longueur des reptiles noirs faits de wagons au-dessus des méandres de la rivière pouvait atteindre 800 mètres pour un poids total roulant supérieur à deux mille deux cents tonnes.
Essayez de vous représenter la force de traction d’une de ces puissantes motrices d’une longueur de 25 mètres avec leur tender, d’un poids de 190 tonnes ! Elle développait une puissance de 2500 kilowatts et sa consommation énergétique moyenne au kilomètre était de 12 kg de charbon enfourné à la pelle par le chauffeur! Une cuve de 30000 litres d’eau fournissait la vapeur nécessaire à leur avancée! Ce gigantesque amas déboulait à 80 km à heure face à nous! Eh bien,vous aurez peut-être du mal à me croire mais mon père, muni d’un énorme pétard qu’il fixait sur un rail, était en mesure de stopper cette course effrénée !

Il n’était pas rare en effet qu’un énorme bloc rocheux dans la traversée de Toirac à Cajarc, dans un bruit de tonnerre, se détache de la falaise abrupte et vienne finir sa course au milieu des rails. Grâce à un système ingénieux par câbles reliant toutes les guérites, les veilleurs de nuit engagés dans une épreuve contre le temps se prévenaient et installaient ce dispositif d’arrêt avant que la rame ne se présente toute vapeur dehors. Parfois les essieux chauffaient au point de devenir rouge écarlate, le garde téléphonait alors au chef de gare de Cajarc ou de Capdenac pour signaler le grave problème. Cela permettait au passage au veilleur de nuit, si vous me permettez l’expression, d’arrondir un peu ses fins de mois. Une prime était en effet versée par les chemins de fer français pour récompenser cet acte de conscience à la valeur hautement professionnelle. La nuit me paraissait interminable! Chaque arrivée d’un train dans un grondement assourdissant provoquait un tremblement de terre de magnitude huit à neuf qui me faisait craindre le pire, mon lit de fortune se trouvait à peine à trois mètres des voies. Heureusement l’événement cyclique était précédé par le bruit retentissant de l’énorme cloche au pied d’un support de la barrière. Ripette, le mécanicien à bord de la motrice, ajoutait à cette harmonieuse ambiance un long coup de sifflet strident à la sortie du tunnel. C’était sa façon à lui de faire savoir à son ami Raymond qu’il était cette nuit-là le chauffeur de la locomotive.

Je rends grâce à Morphée qui me permettait de me rendormir par moment sur le bureau qui faisait office de couche douillette. J’étais à nouveau lentement bercé par le calme qui revenait et qui contrastait avec le grincement sinistre de cette énorme masse de ferraille que rien ne semblait pouvoir arrêter. Je me souviens d’avoir aidé mon père à relever les immenses bras qui rendaient la route infranchissable. Ils étaient munis de manivelles qui me paraissaient tout simplement démesurées. Inutile de vous dire que j’étais fier de ce formidable exploit !

Ainsi pointait tranquillement le jour, je ne vous cache pas qu’il me tardait de rentrer à la maison pour retrouver enfin mon lit. J’avais quand même quelques heures de sommeil à rattraper ! Je me suis par contre toujours demandé par rapport à ce métier à haute responsabilité si le garde-barrière de Capdenac avait le même salaire que celui de la vallée de la Diège après la mine sur le chemin empierré qui mène à Lieucamp ? Le premier avait un travail considérable par rapport à l’affluence intense du rail et de la route en direction du centre ville. L’autre ne voyait passer qu’un tombereau tiré par des bœufs une fois dans un sens, une autre fois dans l’autre, les jours de grand trafic !

***

L’autorail de mon enfance

Vous l’avez toutes et tous pris pour vous rendre à Cahors avec un changement obligatoire en gare de Capdenac. Des trains pas comme les autres, la ligne trans-quercynoise ! Le premier autorail que j’ai eu le «plaisir restreint» d’emprunter pour me rendre de la Madeleine à l’école primaire de Capdenac datait du secondaire. Il était pour l’époque très confortable, bien plus que celui d’antan à l’ensemble des wagons aux sièges en bois tractés par une sacrée bête noire! On n’échappe pas au progrès qui conduit au modernisme ! Il s’arrêtait à toutes les gares entre Capdenac et Cahors, il prenait son temps. Le contrôleur à la voix rocailleuse des causses portait des gants blancs et vous étiez en droit de ne pas lui présenter votre titre de transport si, par un curieux hasard, il ne les avait pas enfilés ! Par les grands froids d’hiver, comme celui de février 1956 où les températures durant tout le mois ont fait le yoyo entre moins 15 et moins 26 degrés, la chaleur fournie par le poêle à charbon à l’entrée des wagons et de l’autorail était appréciée par tous les voyageurs ! Il fallait beaucoup d’expérience et de doigté au conducteur de la petite rame dans les conditions climatiques extrêmes pour s’arrêter face à la gare ! En effet, le givre qui recouvrait les rails ne facilitait pas la manœuvre et s'en suivaient alors des glissades spectaculaires sur plus de trois cents mètres! L’été, en revanche, nous profitions des larges baies vitrées coulissantes pour nous rafraîchir et, cheveux au vent, nous respirions à pleins poumons l’air aux effluves campagnardes gratuites et généreuses. Il était bien entendu recommandé de ne pas se pencher vers l’extérieur à l’intérieur des frais tunnels aux parfums de cave enfumée indescriptibles. C’était donc un havre de paix paradisiaque en déplacement sur une des voies les plus pittoresques de notre belle région. Et, comble du luxe ambiant, les toilettes se présentaient sur leur plus belle face avec un simple verrou coulissant qui garantissait l’intimité et une vue imprenable sur les poutres qui défilaient à grande vitesse, l’ensemble harmonieusement cadencé à la manière d’un métronome par les intervalles de dilatation des rails. Le Lot aux majestueuses boucles et aux couleurs changeantes se montrait toujours généreux pour le plaisir de nos yeux. La nature apporte cet enchantement et est inimitable, de reliefs en reliefs, de villages en villages pittoresques classés, le film était passionnant et à la portée de toutes les bourses, tout s’animait dans les champs, dans les collines et dans les prés, c’était vachement beau! Déjà la publicité entrait dans les habitudes et sur un grand tableau, il était écrit sous une photo représentant un homme rustre un litron de vin au pur sang seigneurial à la main :
«Travailleurs, pour votre santé, buvez au moins une bouteille de vin rouge tous les jours!».

Certains, en bons catholiques, appliquaient cette recommandation à la lettre, et ne sachant pas très bien compter, dépassaient souvent la dose prescrite! Les voyageurs sobres s’en apercevaient au départ du train du soir. Il faut dire que l’euphorie pléthorique du peuple vers la médecine n’avait encore pas commencé! Il existait trois classes, histoire de ne pas mélanger la vraie pauvreté à un semblant de richesse. Les sièges en bois étaient relativement confortables et à la portée de toutes les bourses et, chose miraculeuse, riches et pauvres arrivaient tous à la même heure en gare de destination, une vraie justice à la clé sur ce parcours de soixante-cinq kilomètres, distance entre les deux villes principales de la trans-quercynoise. Toutes les petites gares avaient leur chef, cela permettait d’employer beaucoup de personnes du terroir. Les barrières aux grandes manivelles, elles aussi, étaient occupées, toute cette vie qui s’agitait au moindre son d’un convoi en approche a disparu aujourd’hui depuis longtemps, le mot chômage, en ce temps pas si éloigné, n’existait pas encore! Si! Si!…je vous demande de me croire! Mais l’heure n’est pas aux remords même si la voie a disparu depuis belle lurette, recouverte d’un épais linceul végétatif aux racines profondes et aux ramifications tentaculaires indestructibles! Longtemps on a cru à la remise en vie de ce parcours mythique qui appartiendra un jour au monde des légendes.

Ah!…Si les anciens revenaient, ils n’en reviendraient pas et ils se demanderaient avec anxiété, du côté de l’aiguillage du Soulier, ce qu’est devenu le fameux décrochement qui, un long instant, laissait penser aux passagers que l’ensemble de la rame allait finir sa course où le lit du Lot lèche fraternellement les pieds de la cité gauloise d’Uxellodunum. Le convoi peu de temps après s'engouffrait dans le long tunnel sous la cité antique, puis empruntait le pont Eiffel qui enjambe le Lot. Ce n'est pas sans un petit pincement au cœur que nous entendions alors s’élever, sous la marquise, une voix féminine bien connue de nous tous ! « Capdenac...Capdenac ! Terminus ! Tous les voyageurs descendent de voiture ! Direction Rodez, premier quai première voie...Direction Brive, deuxième quai première voie » et cela dans l'ambiance vaporeuse des impressionnantes bêtes noires en action.
 
Appel à des jeunes lecteurs ayant l’accent du sud, pour lire les deux récits au-dessus, et rentrer dans l’histoire de la vapeur, dans un musée du rail en Dordogne.
Chères lectrices et chers lecteurs, vous qui passez sur ce forum, n’hésitez pas à me laisser un message, si vous connaissez un enfant entre 10 et 14 intéressé.
Merci beaucoup
Je vous donnerai mes coordonnées par messagerie privée.
Maurice Marcouly
 
Au risque de rendre envieux la plupart des vieux d’entre-vous, je vais devenir riche, et célèbre à l’âge de 100 ans, grâce à mon futur ouvrage : "Mémoire d’un centenaire"…Je tiens cette information, d’une voyante sérieuse, qui a rajouté dans la foulée : -Hélas, vous allez connaître une fin tragique! Vous serez assassiné par un mari jaloux, à l’âge de 104 ans!
 
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