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Citations, pensées momoriciennes, et petites histoires vécues…les miennes et les votres.

Extrait de mon roman Momo le clochard

Comment Momo le clochard a réussi à rencontrer Belle

Ces deux adolescents ont réussi à me séduire dès les premiers instants !

Le premier se prénomme Mohamed, le deuxième, Rachid. Un peu mats de peau, ces deux beaux enfants sont serviables et très respectueux comme on en rencontre de moins en moins !

- Vous vivez de quoi ? me demande Rachid. - D’un peu de tout! J’écris des acrostiches à trois euros la fiche.

- Des quoi?

Je leur présente trois fiches :

Martine, sainte fleur, fête un nouveau printemps,
Arc-en-ciel, berce-la sur les ailes du temps.
Rossignol au chant pur, ton hymne à l’amour,
Tendrement sous l’azur harmonise ce jour.
Idylliques pensées, effluves du bonheur,
Naviguent sur un fleuve au miroir cavaleur,
Éternisant la femme, reflet des vraies valeurs.


Mirage poétique aux yeux verts de sirène,
Angélique beauté, éblouissante reine,
Rêveuse fascinante bercée par l'océan,
Ton royaume lointain balayé par les vents
Invite mon esprit à percevoir ton chant!
Nuage voyageur, toi qui connais ma muse,
Écoute-la gémir, ses rimes pour moi fusent!

Fatale destinée que notre vie sur terre,
Rien n’y peut exister, tout y est éphémère!
Avec le vent qui siffle, les bleuités des champs
Ne se balancent plus sous les ailes du temps!
Cependant l'une d'elles, dans sa prime jeunesse,
Ose lui résister de toute sa faiblesse!
Insolites images cette nuit dans mes yeux!
S'il le faut, désormais j'affronterai les cieux
Et je serai à toi, mon aimée, ma fleur bleue!

- Waaah ! Putain con ! Whaaa ! Putain con !

-Ô Toulouuuuuse ! Nous adorons! Vous pourriez nous aider en français ? La prof nous fait plancher sur un sujet : la jeunesse et la poésie.

-Une vraie connerie ! -Vous êtes dans quelle classe ?

- En première au lycée Raymond Naves.

- Ce devoir, il nous faut le faire à deux...

- Super, on sera trois !

- Putain con, on doit le rendre demain, merde !

- Pas grave, on attaque de suite !

- Une seconde, je sors le nécessaire pour écrire.

Punaise, moi qui n’ai jamais connu à peine plus que l’école primaire, je vais enfin savoir quel est mon niveau en français !

- Allez, on commence! Je vais sortir un litron pour l’inspiration !

La jeunesse et la poésie :

Introduction...silence, on tourne !

Jeunes gens, las de tromper les heures, votre imagination qui ne chôme pas dévore les plaisirs et votre cœur maudit tous les délais.

Peignons le dieu qui retarde les vacances, sous une triste figure, par sa faute, la joie s’envole aussi vite qu’elle fut longue à naître.

Nos lointains aïeux ont réussi ce farouche portrait avec un sens moral très délié joint au pittoresque le plus dramatique.

Une divinité solaire de la Gaule chevelue portait barbe d’azur, couleur du ciel qu’elle parcourait ; tous les matins en se levant elle mettait fin à l’aurore.

Mais le père Temps allait trop vite au gré des uns ; trop lentement au gré des autres. Pour beaucoup de malheureux, Il ajournait toujours le bonheur ou le refusait.

Cet auguste vieillard ne gardera plus qu’un attribut d’autrefois qui est dans le monde des légendes familières aux petits garçons et aux petites filles la Barbe-bleue de l’ogre.

Il nous tient maintenant, il nous rappellera en octobre, après avoir tué un à un tous les beaux jours.

Toutefois, une charmante inclinaison qui se développe sur les bancs du collège nous permet de savourer la joie au sein même de l’inquiétude, à notre âge, l’illusion poétique survit encore.

Et je continue encore et encore, c’est que le début d’accord d’accord!

Cinq pages !

Ils lisent les premières phrases....

- Putain con !

- Votre prof se prénomme ? - ...Isabelle...

- Elle a quoi comme diplôme ?

- Une agrèg de lettres.

- Ok, elle doit être douée, la gamine !

- Vous recopiez.

Comme un jeune adolescent j’attends patiemment. Vais-je avoir mon bac de français ?

Mohamed et Rachid passent tous les jours me voir, jamais les mains vides, de vrais amours !

- Alors ? Toujours rien ?

- Elle nous rend les copies demain.

La nuit qui suivit fut pour moi très particulière, un stress que je n’avais jamais connu auparavant a envahi mon corps au point même, vous n’allez pas me croire, de me plonger dans un sommeil peu réparateur.

Momo la cloche était-il vraiment une cloche ?

Le moment tant attendu arrive, je les aperçois de loin.

- Alors, alors ?

- Elle a de suite vu que nous n’avions pas rédigé le texte!

- Elle veut vous rencontrer, elle nous a dit qu’elle ne pouvait pas noter un élève qui avait manqué l’école aussi longtemps !

C’est ainsi que j’ai pu faire la connaissance de Belle!
 
On doit, pour s’élever dans le style, cultiver son goût pour la beauté, seule cette alternative peut conduire à vivre l’art pour l’art.

La faim et le froid ne paralysent en rien la créativité, l’esprit n’en est que plus alerte.

J’ai gémi la disparition d’un animal, sangloté la mort d’un camarade, hurlé l‘absence de mes parents. Combien de larmes amères encensées par ces chagrins redoutables devons-nous à la vie, avant qu’elle nous libère de sa funeste emprise?

L’obscurantisme prend des formes déguisées, il façonne l’homme en lui inculquant des connaissances limitées à son activité principale, il est ainsi asservi à un esclavage intellectuel moderne.

Le manque de gaz ne devrait pourtant pas nous amener vers une situation explosive.

Si la République vous appelle, demandez lui où elle se trouve.

Il existe des penseurs solitaires qui n’ont jamais connu la solitude.

L’amour de l’art trop exclusif conduit à mépriser le monde entier.

Être ou paraître, là réside la décision.
 
Anselme le fossoyeur et Cyprien l’indigent

Anselme le fossoyeur croque-mort bien connu des gens du pays, et Cyprien notre voisin le mendiant vers la fin des années cinquante.

Ce brave Anselme le fossoyeur fait partie des personnages qui ont marqué de leur empreinte la région qui les a vus naître. Qui ne connaissait pas Anselme? Aussi blanc que la farine du meunier, ou les fidèles clients qu’il transportait jusqu’à leur dernière demeure. Il était d’une maigreur qui ferait pâlir de jalousie tous les mannequins d’aujourd’hui !
Il faut dire qu’il travaillait beaucoup, l’époque que l’on traversait n’était pas avare avec lui, le glas sonnait souvent, un coup signifiait qu’une femme nous avait quitté, deux coups qu’il s’agissait d’un homme.
Notre terrassier muni d’une pelle a passé sa rude vie à faire des trous de toutes les dimensions, contrairement au poinçonneur de la Porte des Lilas.
C’était un brave, comme l’on en rencontre peu, fort en répartie ; d’ailleurs, pour asseoir son statut, il ne manquait pas de mentionner son passage à l’école primaire.
Il se plaisait lorsque mon père croisait sa route funèbre, de lui rappeler qu’il avait bien connu son frère le professeur de lettres et lâchait alors cette phrase forte et sans compromis : «Je suis été à l’école avec ton frère Roger !»
Il ne manquait jamais une occasion de discuter un moment avec le curé du village en le harcelant de : « Putain de moine monsieur le curé!».
Un soir d’été il s’était rendu à Capdenac récupérer un cercueil sur mesure chez le menuisier en prévision de la mort de la pauvre mère Couderc qui avait disait-on dans le coin "perdu la tête!".
Il se doutait bien par rapport à sa grande expérience que le fameux bouillon d’onze heures allait lui être servi prochainement.
C’était un fossoyeur très prévoyant et comme on le dit souvent actuellement, mieux vaut avoir un coup d’avance !
Là, il en avait deux! La dame étant de forte corpulence il avait pris soin de creuser une grande fosse au cimetière !
Elle était fin prête à accueillir la future défunte !
C’était une après-midi où la lourdeur atmosphérique laissait présager une soirée électrique.
Vous savez celle qui vous oblige à marquer un arrêt à tous les troquets que vous trouvez sur votre parcours pour vous désaltérer !
Ce qui devait arriver se arriva ! Alors qu’il était à mi-chemin sur le retour vers le clocher de l’église, il fut confronté à un violent orage qui le plongea en un instant dans un milieu sombre aux ombres lugubres !
Sa vieille jument grise Coquette connaissait la côte de Roquefort sur le bout de ses sabots, des déluges elle en avait essuyés bien d’autres et sûrement des pires!
Au fil des années, elle avait fini par enregistrer les habitudes d’Anselme et, rapporte t-on au pays, elle s’arrêtait en face de tous les bistrots de la région sans que son maître éprouve l’utilité de lui en donner l’ordre.
Patiente comme les morts qu’elle transportait elle attendait que son cocher se soit bien désaltéré.
Brave dans l’âme, notre croque-mort avait toujours dans la réserve de la charrette un seau d’eau pour sa Coquette monture.
Il n’y avait pas à se préoccuper du taux d’alcoolémie à l’époque ni de la vitesse excessive, l’attelage pouvait ainsi lanterner sereinement, même si son conducteur était ivre mort.
Mais revenons là où nous avions laissé Anselme ! Quand on fait face aux éléments qui se déchaînent, il faut réagir vite, surtout sous une pluie battante éclairée seulement par les flèches que lançait le diable !
Il décida de profiter d’un abri providentiel et se glissa dans le cercueil.
Il ne tarda pas à s’endormir la journée avait été arrosée elle aussi, comme je viens de vous l’expliquer !
Ce convoi exceptionnel s’il en est continuait sa route sereinement malgré les éléments quand soudain une salve de coups de klaxons à réveiller un mort couvrit le grondement du tonnerre !
Notre homme sursauta dans la boîte se cognant au passage au couvercle qu’il soulevait d’une main tout en se frottant la tête de l’autre, hurlant sa douleur au grand air, blanc comme un linceul !
Nos automobilistes voyant ce cadavre fantomatique ébloui par les phares de leur voiture se ranimer sous leurs yeux, furent pris d’une frayeur soudaine et après un demi-tour digne des meilleurs films d’action hollywoodiens prirent la fuite !
Anselme, lui, n’a jamais su expliquer le comportement bizarre et surtout indigne de ces personnes étrangères à la région en manque total d’éducation.
Ce brave courageux est mort au cimetière du Mas du Noyer occupé à creuser une fosse pour son prochain client.
Le jour de son enterrement tout le village suivit le corbillard tiré par la brave Coquette , et rien ne semblait avoir changé !
Anselme était derrière et elle, devant !
Un deuxième pauvre gravitait dans la région il connaissait les lieux comme sa poche trouée, couvert de haillons. Je ne lui ai jamais connu une autre tenue, il la portait même pour les obsèques de sa pauvre femme "la Virgile".
Il vivait de misère avec son amour dans une vielle bâtisse au fond d’une grange, où seul un morceau de toit qu’il entretenait annuellement les abritait des intempéries.
Cyprien passait régulièrement nous proposer des escargots, des châtaignes, et un tubercule prisé par les riches aujourd’hui, que l’on nomme la truffe.
Bien que presque aveugle, Il n’avait pas son pareil pour trouver l’or noir du Quercy ce pauvre hère!
Nous étions ses amis il venait à la maison pour troquer sa marchandise, et il repartait avec quelques sous après avoir partagé une bonne soupe campagnarde.
Ma grand-mère mère qui était une excellente cuisinière l’invitait souvent à déguster des mets dont elle avait le secret. Au menu elle servait des plats régionaux, escargots à l’oseille, truffes fraîchement cueillies.
Tiens, à ce propos voici une recette très facile à réaliser je vous en dévoile aujourd’hui les ingrédients. Elle était d’ailleurs mentionnée dans un ancien livre de cuisine du début du siècle dernier !
Vous prenez un kilogramme de truffes du Quercy, vous les coupez en très fines tranches, vous assaisonnez légèrement avec de l’huile du vinaigre et une pincée de poivre, vous dégustez, c’est excellent !
Ainsi les pauvres d’avant pouvaient-ils se régaler avec des assiettes aujourd’hui réservées aux riches. Un kilogramme de truffes se négocie actuellement sur le marcher de Lalbenque entre huit cents et mille deux cents euros.
Revenons à notre brave homme. Un jour les pompiers sont venus le prévenir d’un drame qui venait de se produire au passage à niveau de la Madeleine.
Sa pauvre aimée la Virgile sourde comme un pot avait été la malheureuse victime d’une satanée bête noire et ce jour-là pourtant un train n’en cachait pas un autre !
Notre brave Cyprien en devinant les restes éparpillés de sa chère épouse a eu cette phrase mémorable qui en disait long sur leur vie amoureuse !…En patois traduit....
« Milladiou…Aqueste cop ela comprès »!.
« Ce coup ci elle a compris !»IMG_0155.png
 
Voici un retour vers la source…

L’onde miroitante éblouit mon regard
Noyé sous une pluie d’étoiles fugitives.
Elle est le pur reflet du ciel le long du Gard,
Où plongent mes pensées aux soifs créatives.

Rivière charmeuse, tu coules à contresens,
Emporté par le flot, je ne suis qu’un ballot
Secoué par l’écume, ruisselant de non-sens,
Sous l’espace fuyant je vis ton trémolo.


Source naturelle tu sais lisser la faille,
Percer la roche dure, sculpter la paroi
D’un monde souterrain, fruit de tes entrailles,
Plus loin, tu bénis la haute vallée des rois.


Le royaume des ombres aux lueurs sombres
Soude sur sa voûte les larmes de pierres,
Concrétions austères où mon âme sombre,
Près du lac mystère au chœur de Saint-Pierre.


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L’enfant aux deux ombres


Quand résonne le son de la cloche à l’école primaire de Capdenac Gare années 1958…1959…1960

Ding…dingue…donc !

Dieu, qu’il me semble lourd le son de la cloche qui résonne sous le ciel pâle de septembre ! Je l’ai entendu à trois reprises dans la cour de l’école primaire de Capdenac-Gare!
J’allais enfin découvrir la grande école, après une maternelle cousue main d’époque, dans le petit village du Mas de Noyer où j’ai appris à pétrir la pâte à modeler un couple d’années, sous l’ œil noir et glacial d’une institutrice qui déjà reconnaissait en moi très certainement un don d’artiste sculpteur, et qui me laissait réaliser des œuvres en long, en large et parfois même en travers tout en me gratifiant d’une paix royale.

Après ce brillant passage à la maternelle, j’allais enfin fièrement commencer mes vraies études dans une grande école, accompagné de mon fidèle frère à peine plus âgé que moi.
Immédiatement assis à ses côtés, j’ai compris que le fond de la classe m’était assigné! Quelle délicate attention ! Peu importe, je disposais d’une bonne vue et j’étais déjà un grand garçon pour mon âge ; les trente petites têtes assises devant moi n’allaient en aucun cas éclipser le tableau noir !
Mon aîné ne paraissait pas très éveillé pour son âge, la maîtresse, en s’approchant de moi, m’a dit d’une voix sèche : - Toi, Maurice, tu t’occuperas de Didier !… Tiens, me voilà déjà investi d’une responsabilité, ici au moins on me fait confiance! J’allais vite déchanter. Dans cet environnement public, je devenais sans le savoir un auxiliaire de vie scolaire, non rémunéré bien entendu. L’enfant aux deux ombres entrait déjà dans la vie active sans le vouloir et surtout sans le savoir! Ma tâche toutefois restait simple, il faut bien le reconnaître! Je devais simplement subvenir à la déficience mentale de Didier, dans tous les gestes de la vie quotidienne et surtout m’organiser pour ne déranger personne! La porte de la classe donnant sur la cour de récréation se trouvait à deux pas de moi, et on m'avait laissé carte blanche, je pouvais à tout moment quitter l’endroit pour accomplir mon travail qui, je dois le reconnaître, ne me déplaisait pas. Il n’existe pas, comme vous l’avez appris, de sot métier. J’usais de ma faible intelligence pour agrémenter cette responsabilité dépourvue de lourdeur administrative!

Il m’avait semblé au tout début qu’après l’institutrice, j’occupais le poste le plus important de la salle de classe. Les jours se succédaient dans une ambiance bonne enfant, je me désintéressais totalement des paroles de l’intellectuelle qui dans des élans non contrôlés, je suppose, allait finir par me dire régulièrement : - Toi, Maurice, tu resteras un âne, tu ressembles comme deux gouttes d’eau à ton frère. Je n’avais pas l’impression que c’était l’image que me renvoyait le miroir! J’ai appris bien plus tard que le quadrupède aux grandes oreilles faisait partie des cinq animaux les plus intelligents sur terre, ce n’est pas par hasard qu’il refuse d’avancer quand on l’attelle à un carreton !

Mais revenons à l’état de santé de Didier qui empirait de mois en mois, ma deuxième âme devenait de plus en plus pesante. Il fallait que je sois le bouclier de ses humeurs changeantes avec la rapidité de l’éclair, je contenais ses réactions soudaines, je me tenais constamment près de lui pour protéger les enfants de ses crises de nerfs qui pouvaient prendre des proportions énormes ! S’ajoutait à cela la sempiternelle question de l’ensemble des écoliers : « Qu’est-ce qu’il a ton frère, pourquoi il est comme ça ? Je les remercie indirectement aujourd’hui car peu à peu, j’ai compris que nous étions finalement différents! J’essayais tant bien que mal de répondre à cette interrogation et mon imagination me permettait d’avoir une réponse un peu différente tous les jours.
Les cent cinquante élèves de la cour dans une ronde incessante avaient une soif insatiable, ils voulaient comprendre ! Cependant, malgré cet étalage de phrases curatives, j’ai vite réalisé qu’aucune ne pourrait satisfaire la curiosité de cette petite communauté en galoches et culottes courtes! Devenu un vrai saint-Bernard, mon dévouement était sans limite. Mes pauvres parents, pris par le dur labeur de la petite ferme familiale, ne se doutaient de rien, mes jours passaient ainsi cadencés par un monde aux fausses allures fraternelles. Lors du deuxième son de cloche, j’assistai pour la première fois à l’appel des élèves pour le passage en classe supérieure, Inutile de vous dire que je n’ai pas entendu mon nom résonner. Je devenais un redoublant, je méritais sûrement cette sentence car mème si, inconsciemment, mes grandes oreilles étaient attentives aux paroles de la maîtresse, rien ne voulait vraiment germer en moi ! À l’écrit, je dois bien le reconnaître, je ne faisais pas beaucoup d’efforts, mon travail, comme vous l’avez compris, restait désespérément ailleurs!

Me voilà donc de retour à la place qui m’était assignée, je retrouvais avec un certain plaisir le banc ciré par mes fesses l’année précédente, et près de moi une tête bien connue qui devenait naturellement plus lourde, par contre l’horizon se dégageait et je disposais désormais d’une vue imprenable sur le tableau noir! Mon occupation restait la même, je la possédais par cœur, il me suffisait de subvenir à tous les gestes courants d’une seconde vie! Je me fixais pourtant l’objectif d’une bonne année scolaire. J’apprenais dans mon coin et tout me paraissait simple, la meneuse d’enfants, pour autant, ne me faisait pas de cadeau. Face à ses yeux vitreux, je représentais toujours l’esclave et surtout le bourricot! Ainsi l’année passa-t-elle, rien ne me laissa entrevoir une quelconque amélioration, j’étais voué à ce triste sort.

Peu importe, je devais avancer malgré les brimades et le poids de mon fardeau. Didier, malade mentalement et physiquement, vomissait abondamment de la bille. Face à cette nouvelle situation, j’éprouvais une certaine honte vis-à-vis de mes petits camarades et je m’efforçais de leur cacher cette nouvelle catastrophe, j’essayais de tout anticiper, je maîtrisais ma fonction de soignant parfaitement! Mon frère rentrait parfois dans des colères monstres, se mordait le poignet, je le calmais aussi rapidement que je le pouvais ; en ces temps reculés, les neuroleptiques, hélas, n’existaient pas encore.
Le troisième son de cloche fut semblable au deuxième et aboutit la même sanction. Figé, je ne bougeais plus du rang, je triplais ainsi le cours préparatoire sans comprendre la décision qui avait été prise par la bande d’instituteurs qui arpentait la cour dans des allers retours incessants ! J’ai fini par posséder la teneur des cours sur le bout des doigts, j’aurais, je vous l’avoue, pu remplacer l’an-saignante psychorigide !….Ne cherchez pas, je n’ai pas fait de faute, mon for intérieur se révoltait et il était en droit de le faire, n’est-ce pas? J’ai donc encore rejoint mon petit bureau qui devenait de plus en plus petit, boulet au pied! Maurice demeurait l’enfant nécessaire à Didier plus que jamais. On ne pouvait envisager de le scolariser sans moi, d’ailleurs, dans un sursaut d’intelligence, il avait dit : « Je ne veux pas aller à l’école sans Maurice ! ».

J’ouvre une petite parenthèse pour vous dire que je n’avais pas de devoirs à faire le soir en rentrant à la maison, je pouvais donc me concentrer sur un rôle qui m’était entièrement assigné.
Mon père, dès que j’arrivais à la ferme après ma rude journée, me disait d’aller détacher les vaches pour les garder, ce que je faisais avec plaisir, j’ai toujours adoré les animaux. Eh bien, savez-vous ce qu’il se passait ? Mon fidèle frère était à mes côtés pour m’aider ! Les cloches mènent au clocher des églises. Le jour béni de la communion solennelle, le curé de Capdenac-le-Haut m’a dit clairement: - Maurice, il faudra que tu parles deux fois plus fort que les autres communiants pour que le Seigneur puisse entendre la voix de ton frère ! Bien plus tard, il m’avouera avoir été en admiration devant ma petite personne à qui il reconnaissait un sacrifice sans limite. Il m’a confié ces mots : - Toi, Maurice, tu rencontreras le Christ ! ». Depuis, je me demande avec une grande anxiété ce que je vais bien pouvoir lui dire!

Mais ne nous égarons pas comme des brebis, et revenons aux deux cloches ou ânons de cette histoire. Cette troisième année au cours préparatoire, la plus longue pour moi, je la dois sûrement en partie à une des rares phrases raisonnées de Didier, qui pouvait laisser penser qu’il allait peut-être refaire un jour surface. À la remarque « Tu as renversé l’encrier sur le bureau, ce n’est pas bien, vilain ! », il a répondu : « Ce n’est pas grave, on dira que c’est l’imbécile qui a fait ça ! ». Ma taille devenait à mes yeux très encombrante, je grandissais très vite, trop vite !…Je toisais facilement deux têtes de plus que les petits bonhommes assis devant moi, un sentiment de honte m’envahissait mais j’étais impuissant face à cette fatalité voulue par l’infâme mégère qui continuait à me brider, que dis-je, à m’enterrer dans un cynisme savamment orchestré! L’année harassante passa ainsi, je portais une croix de plus en plus blessante sur mes frêles épaules, j’étais confronté de plus en plus aux coups bas des enfants dans la cour. Je vivais en enfer.

Au quatrième son de cloche, je suis sorti enfin du rang pour connaître le cours élémentaire première année dans un soulagement total, mon frère allait à nouveau s’asseoir près de moi au fond de la classe, on ne change pas les habitudes qui fonctionnent aussi rapidement! L’instituteur m’est apparu comme un dangereux psychopathe, les coups de règle pleuvaient sur les petites têtes! Rien n’avait changé dans mon rôle, je me rendais toujours à l’école le ventre serré, je refusais intérieurement ces conditions anormales, je ressentais de plus en plus la fatigue, je souhaitais mourir. Reconnu malade après une analyse sanguine, j’ai été hospitalisé au milieu de l’année scolaire. Chaque jour, pendant plusieurs semaines dans une clinique, j’ai tendu le bras pour des transfusions, je me suis remis lentement, enfin seul et libéré d’un monde très cruel.
Puis est venu le temps de ma convalescence, mes parents ont enfin compris qu’ils devaient me protéger de mon frère. J’étais en train de reprendre goût à la vie quand une gentille assistante sociale de Capdenac a insisté auprès de ma mère pour me placer dans un centre héliomarin à Biarritz. Hélas, sans le savoir, j’allais à nouveau remettre mes pieds dans l’enfer des hommes ! Mais cela relève d’une autre aventure beaucoup plus dure et surtout beaucoup plus effrayante !
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Le bateau ivre dérive…

Sous l’anse étoilée où voguent ses pensées,
Le vieux voilier louvoie près des récifs saillants.
Ô lames affûtées aux remous compensés!
Ménagez les haubans du fier gréement vaillant.

Nuages intemporels aux confins des nuées,
Vous éveillez ses sens dénués de bon sens,
Ils font flotter son cœur au-delà des buées
Où dérivent les proues vouées au contresens.

Ivre est ce bateau offensé par les vagues,
Près des écueils hurlants il livre sa coquille!
Sans se soucier des vents, son esprit divague
Où les furieux brisants dévoilent les quilles.

Triste erre sa coque sous l’astre fuyant;
Il pleure sans âme les larmes aux ondes bleues,
Ô Lointaines Lueurs, éclipsez ce brillant !
Ô Mer, enrobe le d’un blanc linceul sableux!
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Les artistes autrefois travaillaient dans les règles de l’art, aujourd’hui ils se tiennent aux règles dollars.

Certains littéraires bardés de diplômes pensent qu’ils ont atteint les sommets de l’expression écrite ; il n’en est rien, la plupart pratiquent une littérature tragiquement dépourvue d’âme.

Quand les poètes peignent la vérité la plus triste et la moins belle, nous les sentons péniblement troublés.

Penser que la science explique tout est une hérésie.

Créer la vision poétique pour fuir le présent et sa prose inévitable n’est pas simplement le parti pris de la beauté matérielle et sensuelle mais bien une migration vers les âges disparus ou vers des terres lointaines.

Les rancœurs amères de l’amour mûrissent toutes ensemble.

Pour avoir son propre style d’écriture, il faut n’avoir rien lu. Malheur à celui qui a parcouru les pages des plus grands auteurs, il ne sera que le pâle reflet des maîtres incontestés de la très grande littérature.

N’essayez pas de me provoquer, je suis une forteresse aux contreforts imprenables, je monte aux créneaux si rapidement que l’assaillant inconscient n’a ni le temps, ni le plaisir, de savourer son attaque.

Il faut éviter de se lancer dans la critique acerbe conduite par un esprit de dénigrement.
 
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Le soleil et le poète

Etoile radieuse, déesse des nuages,
Osmose de la nuit naturelle et sauvage,
Phare du néant, légèreté des cimes,
Île magique perdue dans les abîmes,
Tu es la déité aux pouvoirs fascinants.
Diamant de l'espace, ta pureté me hante
D’éternelles visions, d'illusions pénétrantes.

Sur la voie lactescente ton navire océan
Fuit, bercé par le vent de la clarté des temps.
L'univers le dirige dans un silence austère,
Lentement vers l'écueil de la vie éphémère!

Tu connais les secrets de l'âge originel,
Ses rayons chatoyants, voyageurs immortels,
Éveille en toi l’écho d'une nuée stellaire
Aux ombres captivantes au milieu du désert.

C'est là qu'avec tes sœurs, dans un profond mystère,
Ton enfance bleutée prit son vol au grand jour,
En une danse folle aux confins de l'amour.
Au royaume des dieux on quitte ses racines.

Né de tes cendres, dans ce remous culmine
Un chapelet de perles où prie un séducteur.
Il a gardé du Roi les gènes de l'artiste,
Mais aussi la fureur qui attise son cœur,

L’écriture dévoile son âme fabuliste,
La musique adoucit son instinct destructeur.
Ses yeux fixent le ciel le soir quand tout se fige,
Et l’espace géant lui donne le vertige,

Des myriades d'îlots s'allument en un instant,
Ses pensées s'illuminent, il songe à ses parents.
L'amour qui les unit l'inonde d'espérance,
L’idée de les revoir s'infuse d'une image

Bénie d'éternité, et met fin à l'errance
De l’esprit captif à cette fleur de l'âge!
Sa sève s'électrise d'orages holorimes,
La flèche poétique s'élève vers le ciel,

Le récit de sa vie sous sa dictée s'imprime
Sur une voûte claire au matelas glaciel.
Ce recueil de paroles sous les ailes du temps
Fustige sa conscience, anesthésie ses peurs,

Un souffle de fraîcheur parfumé de printemps
Accueille sa raison aux sources du bonheur.
Un serpentin naissant surgit des profondeurs,
Purifiant le reflet du génie créateur,

Maudit par le destin quand son bateau s'arrime
Sur les vers enlacés des princes de la rime.
Le monde qu'il sculptait d'œuvres surréalistes
S’inclinera toujours en hommage à l'artiste,

À la plume de feu volant dans tous les sens,
Près des nues électriques où l'éclair sent l'encens!
Bohémien au grand cœur au Parnasse des muses,
L’auberge où tu dors enjôle les regards,

Petit Poucet rêveur, ce trou de ver t'amuse,
Les brumes qui le voilent encrent tes yeux hagards.
Car des ondes fuyantes caressées par les vents
Fleurissent l'azur vert d'aurores boréales,

De couleurs envoûtantes sur des tapis volants,
Saisissant les démons où flotte la Réale.
Ô poussières solaires aux pensées libérées!
Ô mystiques lueurs sur les vagues océans!

Ordonnez la sagesse aux pâleurs égarées,
Cupides affameurs condamnés au néant.
La nuit fond dans un ciel dévoré par les braises
Aux geysers jaillissant du ténébreux abysse.

Là, coule le sang gris qui nourrit la daraise
D’un étang sacré où règne la justice.
Adossés sur les bancs des arches religieuses,
Certains pensaient soleil que ces abris célestes

Offriraient à leurs corps le salut sans un geste,
Ici, sombre l'espoir des ombres fallacieuses.
Prêcheurs diaboliques, vous crucifiez mon nom!
Créateur éternel à la barbe azurée,

Belenos vous maudit quand, au son des canons,
Les pleurs voilent les cœurs de larmes lasurées.
Des feux renaît la flamme de mes enfants stellaires,
Terroristes sataniques sous mes rayons brûlants,

La haine qui vous guide déchaîne ma colère,
Protubérances errantes, damnez ces loups hurlants!
La planète meurtrie, berceau du père Temps,
Mère du Sacré enfante des mutants!

Mais, face au mal, à ces horreurs, à ces souffrances,
L’arc-en-ciel d'Iris cible la délivrance!
Ô poète lyrique, ce monde, tu le peins
D’une funeste et profonde couleur!

Féal des partitions, ta baguette à la main,
La symphonie…DO..RÊ…ensoleille les choeurs.
Visions harmonieuses, enchantement des sens,
Tes vers charment les yeux, et leur mélodie

Joue à ton âme des rêves qui encensent
Mille pensées divines présentes au paradis.
L'avalanche des mots, près des pics les plus hauts,
Aux blancheurs éternelles glorifie tes voltiges!

Les sommets de l'idée, du loup à l'agneau,
Subliment l'écriture imagée de prestige.
Le joug du lyrisme, aussi léger soit-il,
Le joug salutaire et doux porté fièrement

Et gracieusement sur les têtes dociles,
Tu tiens souvent à le secouer fortement.
Etoile vénérée, tu façonnes l'instant
D’une immuable et émouvante beauté,
Auréolée d'une lunule bleue îlotée,
Captive de l’odyssée vers la nuit des temps!
 
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Rolf, un loup dans un corps de chien ou un chien dans un corps de loup ?

Je devais avoir à peine plus de cinq ans lorsqu’un matin, poussé par un besoin naturel bien légitime, je me dirigeais vers les latrines… quand, soudain, derrière le muret, j’ai aperçu un loup ! Affolé, après un demi-tour d’une rapidité qui m’a sûrement permis d’approcher, voire de battre au passage le record du soixante mètres des petites jambes de mon âge, j’ai ouvert la porte de la maison pour la refermer presque dans la même foulée ! - Papa !…papa!…Il y a un loup ! Il y a un loup derrière la maison !…J’ai peur ! Sans s’affoler, mon père a répondu à mon affirmation par une phrase que j’ai détestée sur le coup : - Maurice, les loups n’existent plus dans la région depuis bien longtemps ! Je me souviens de lui avoir répondu : -Eh bien, tu n’as qu’à aller voir !

C’est après cette alerte non moins légitime que quelques minutes plus tard, l’incroyable se produisit ! Mon géniteur, héros de la Seconde Guerre mondiale, avait réussi l’exploit d’amadouer la bête sauvage en moins de temps que j’ai mis en forme ces quelques lignes ! J’étais fier de lui !…mais au fond de moi je calculais les progrès qu’il me restait à faire avant de lui ressembler. Décidément je n’étais qu’un tout petit bonhomme sans envergure ni courage ! En présence du fauve, les phrases rassurantes fusèrent : « C’est sûrement un chien abandonné, il vient se donner. » Il nous arrivait effectivement parfois d’adopter un orphelin à quatre pattes, pas par un manque quelconque d’animaux mais tout simplement parce que j’étais dans une famille qui avait le sens développé de l’hospitalité. - On va le garder » entonna le chef de famille !
-Tu crois ? lui a répondu ma mère, penses-tu que nous manquons d’animaux ici ?
-De toute façon il est là, et c’est un superbe représentant de la race canine, non ?

Dans mon for intérieur la peur qui m’avait tenaillé un long moment s’estompa à la vue de ce chien-loup qui, comme par magie, avait perdu les allures du tueur sanguinaire décrites dans les livres fantastiques. Et pour montrer que j’avais quand même un peu de courage, je n’ai pas pu me retenir en lançant cette petite phrase : « Oui !….Il est à nous maintenant !». Cette phrase a-t-elle été comprise par l’animal, ou bien est-ce parce qu’il m’avait aperçu en premier ? Toujours est-il qu’un élément déclencheur se produisit chez lui et il se donna entièrement à moi ! Dès cet instant sacré, mon aventure, notre aventure avec Rolf commença !

On ne connaissait pas son nom de baptême, on ne savait pas à quelles intonations de voix il allait réagir, il devait avoir mon âge ce beau représentant de la race canine aux oreilles droites attentives. Après de nombreuses essais où des noms de chiens fusèrent, il a fini par redresser sa tête au nom de Rolf. Il s’est très vite adapté au rythme de la ferme, il nous a montré en reconnaissance tout ce qu’il savait faire. Tous les jours, fier comme un loup, il nous ramenait sa chasse. C’était une suite de hérissons, de lapins, de macreuses, enfin, tout ce que la faune avait comme représentants, il le déposait à nos pieds. Il y avait là de quoi nourrir la maison en cette période difficile d’après-guerre. Il ne manquait jamais l’arrivée du car scolaire. Pressé de me revoir, il avait toujours plusieurs longueurs d’avance ! Dans un rituel programmé, il n’hésitait pas à braver le bras d’eau qui sépare le Lot de l’Aveyron pour venir m’accueillir. C’était, vous allez vous en apercevoir, un grand champion de natation. Il avait remarqué que les jeux de la fratrie tournaient autour de formes ovales ou presque rondes qui nous servaient de ballons ! Ces objets de substitution étaient parfois avantageusement remplacés, en période de vente de tabac, par une balle rebondissante que notre brave père nous ramenait de Cahors. Le déclic dans sa tête fut prodigieux. Sans qu’on le lui demande, il prit l’initiative d’aller récupérer pour nous tout ce qui était rond et que la rivière charriait généreusement. Il avait un sens de la trajectoire très évolué afin de tomber nez à nez avec l’objet convoité. Dans un premier temps, il se mettait aux aguets sur un grand monticule de sable afin de repérer l’objet convoité. Lorsqu’il l’avait dans sa ligne de mire, il se précipitait vers l’embarcadère, sautait sans une hésitation dans l’eau, longeait la rive où les contre-courants savamment se forment, puis, dans une diagonale parfaite dont il avait le secret, il continuait sa nage pour se retrouver face à son trésor ! Il le poussait alors en le dirigeant avec son museau, et ressortait de l’eau aussi vite qu’il y était rentré, très satisfait de lui. Puis, dans un dernier geste de satisfaction, il déposait sa trouvaille à nos pieds. Nous étions heureux, en possession d’un nouveau ballon que nous n’avions aucune appréhension à réexpédier dans la rivière. Rolf était un formidable ramasseur de balle ! Il s’est rapidement spécialisé dans le sauvetage de tout ce qui, à ses yeux, semblait utile et il n’hésitait pas à braver les éléments, même en période de crue! Il nous ramena ainsi des gros morceaux de bois pour le chauffage, des barques en perdition, enfin tout ce qui permet d’améliorer l’existence des pauvres gens. Ces cadeaux inespérés n’étaient pas pour déplaire à ma grand-mère Marceline qui me disait juste après la levée du campement des gitans : « Tu viens, Maurice, on va voir si les romanichels n’ont pas oublié quelque chose !». Eh bien, croyez-moi ou non, elle trouvait toujours un objet intéressant en me disant : « Tu vois, cela n’a peut-être pas une très grande valeur, mais on ne sait jamais, cela pourra toujours nous servir en cas de guerre !». Je prenais ces paroles comme du pain béni, ne sachant pas quoi lui répondre !

Rolf était un merveilleux chien de garde, il avait cet instinct ancré en lui ! Que dire du jour où, reconnaissant un gitan alors que nous n’étions pas là, il lui a permis de gravir l’escalier jusqu’à la grande terrasse sans montrer d’agressivité, puis il se positionna face à la première marche et refusa qu’il redescende! Ce fut mon père, en rentrant de Figeac, qui délivra le manouche terrorisé.
Notre chapardeur a rapporté que, chaque fois qu’il tentait de faire un pas, le chien lui montrait les crocs en grognant. Un jour où nous étions attablés, un voisin est arrivé en faisant des grimaces derrière la porte. Rolf sans hésiter est passé à travers un carreau, et c’est un ordre d’arrêt rapide de mon père qui stoppa net son attaque! Les miracles existent, il n’y eut aucun blessé ce jour-là ! Mon brave chien-loup m’avait prouvé que je pouvais rester avec lui à l’intérieur de la maison sans craindre personne lorsque mes parents étaient absents. Rolf était aussi un redoutable chasseur de rats, sa réserve se trouvait dans le talus où nous jetions les déchets ménagers! Rassurez-vous, en ces temps anciens, ils étaient non polluants ! Il s’agissait essentiellement des restes d’épluchures de légumes et autres résidus consommables que les rongeurs éliminaient écologiquement ! Rolf se chargeait donc de la régulation de ces mammifères, utiles finalement ! Il avait une technique infaillible pour les tuer. Il prenait sa proie dans la gueule et, à la manière d’un tennisman quand il frappe sa balle à l’engagement, d’un mouvement de tête puissant, il l’envoyait à une hauteur d’environ deux mètres et il lui cassait la colonne vertébrale quand elle se retrouvait face à son museau ! Cette action de jeu était très rapide, efficace et radicale ! C’était sa façon à lui de donner un coup de patte aux très nombreux chats de la ferme. Ils feront partie d’une prochaine histoire.

La vie de Rolf, fut, hélas, relativement courte, il se paralysa lentement du train arrière.
La veille de sa mort, mon père m’a prévenu que le vétérinaire allait venir le piquer, qu’il était inutile de le laisser souffrir ainsi plus longtemps ! Mon âme d’enfant fut profondément blessée face à cette phrase à l’irrémédiable sentence ! J’allais devoir m’habituer à l’absence de mon meilleur compagnon de vie. Les larmes aux yeux, j’ai fermé la porte de ma chambre pour que Rolf ne puisse pas, en ce dernier soir d’existence, se coucher au pied de mon lit comme il avait l’habitude de faire tous les soirs. Ce ne fut pas une bonne idée. Dans un dernier élan d’amour, il a réussi à tourner la poignée et s’est allongé en gémissant une dernière fois près de moi ! J’ai eu, pour la première fois de ma jeune existence, beaucoup de mal à m’endormir ! J’ai pris soudain conscience qu’il allait falloir que je m’habitue à voir partir mes meilleurs amis ! Après une dernière caresse d’adieu ce matin maudit, j’ai repris le chemin de l’école le cœur et la gorge serrés. Je savais que mon fidèle ami dans la journée allait cesser de vivre, et que son corps allait rejoindre le coin de terre dédié aux nombreux chiens du port de la Madeleine. Rolf le loup avait un caractère à l’opposé d’Obelix qui allait bientôt naître. Son bonheur, il le cherchait et le trouvait dans un seul but, celui du bonheur de ses maîtres!

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Dernière édition:
Fuir la vie et ses vicissitudes en s’isolant le plus possible permet d’éviter le surmenage cérébral vecteur d’apoplexie.

Les nuées d’actualité sont faites de millions de larmes.

Rien ne peut froisser les âmes dans leur élan vers la noble beauté.

La poésie anoblit la vie ordinaire, on y retrouve tous les sommets de l’idée, du sentiment et de la volonté.

Plus l’intelligence croît et plus l’environnement décroît, ainsi va l’homme sur son chemin de croix et il s’en croit!

La richesse du cœur façonne la noblesse de l’âme.

La volonté de survivre chez un enfant squelettique surpasse celle affichée par un enfant en surcharge pondérale.

Je déteste tout ce qui est virtuel. Dois-je en conclure que je vous déteste tous?

L’heure de la délivrance pour les pauvres vient juste après celle du trépas.
 
Voici la conclusion de mon roman : Momo le clochard

Mes chers amis, vous avez sûrement observé les soirs des nuits glaciales sans lune, l'éclat des étoiles, qui, comme par magie, semblent se détacher de la voûte céleste ; nos idées, nos pensées suivent alors leur lumière et deviennent claires et pures.

Seul, face à l’immensité, je médite en silence loin des bruits de la vie, aux confins de l’amour.

Un vent de liberté m’a toujours guidé dans ce monde agité, aux sombres lueurs d’été.

J’ai cru apercevoir le bonheur, et j’ai humé par instants le parfum des poussières brillantes semées d'éternité.

Une d’entre elles était double, oui, je l’ai su très longtemps.

Nous marchions côte à côte ou en gravitation quand soudain, un choc violent brisa notre destin.

Mon frère de route n’était plus près de moi pour m’aider, me guider, j’étais seul, j’avais froid, mais l’espoir restait vif, sa présence semblait me suivre pas à pas.

Au seuil de ma vie drapée de pauvreté, sous l’arche du tunnel où je m’abritais, j’ai entendu au loin sonner les cloches de la sérénité. Subitement, l’idée d’aller vers le triangle noir de ma plus tendre enfance a envahi mon corps un moment en errance.

J’ai pris un crayon, deux feuilles de papier, une pour mon aimée, l’autre pour mon frère de sang.

Sur la première j’ai écrit :

Belle, je t’attendrai patiemment sous les ailes du temps.

Sur l’autre deux mots, comme Momo :

tous frères !

J’ai abandonné mon unique compagnon de voyage à rayons, mais aussi ce smartphone souillé par la pauvreté d’esprit des hommes qui conduisent et programment ce monde.

Le nez au vent mauvais, j’ai marché jour et nuit sur les chemins pierreux, franchissant les monts chauves, les bois et les prairies, je n’ai croisé personne, personne ne m’a vu.

Au bout de ma souffrance, non loin du gouffre froid, Carafon mon ami, mon dieu, mon roi, m’attendait bras ouverts près d’un sentier étroit.
 
Nos cousins, les gitans Mathurin, la nuit où ma grand-mère appelle au secours

Je devais absolument conclure le chapitre sur la vie au port de la Madeleine en vous parlant des pauvres parmi les pauvres, les gitans. Indigents certes, mais malins! Nous redoutions leur arrivée, ils avaient pour habitude d’aménager leur campement non loin de la barrière de la Madeleine dans une petite parcelle aride non exploitée. Ils positionnaient les roulottes en cercle à la manière des cowboys dans les westerns américains. Cette méthode bien rodée leur permettait de s’abriter des regards indiscrets mais aussi du vent et du froid. Ils attachaient les chevaux à l’aide d’une longe à un piquet en bordure des fossés pour qu’ils profitent gratuitement de l’herbe tendre et abondante.

Les Mathurin vivaient essentiellement de braconnage, ils excellaient dans beaucoup de domaines comme la pêche et la chasse. Ils glanaient toutes sortes de tubercules et fruits généreusement offerts par la nature, et accessoirement, ceux adroitement semés par la main de braves paysans. Ils confectionnaient avec adresse des paniers en osier qu’ils essayaient de fourguer aux habitants de la région. Ils possédaient ancestralement l’art du rempaillage des chaises et des fauteuils. Ma mère accueillait tout le monde, les nécessiteux de tous bords étaient les bienvenus, cependant elle éprouvait une certaine crainte à ouvrir sa porte aux manouches qui avaient une réputation de voleurs bien affirmée! Ils arrivaient souvent les mains vides et repartaient les mains pleines, en nous gratifiant de quelques bestioles qui se baladaient sur nos têtes. On se serait bien passé de cette offrande mais comment éviter ce présent quand on a un cœur charitable ? En tout état de cause, il était préférable de ne pas trop quitter la ferme avant qu’ils ne lèvent définitivement le camp. Décision qu’ils n’envisageaient que lorsqu’ils avaient bien ratissé le coin! Tous les prétextes et ruses pour approcher les habitations, ils les possédaient. Pour cela ils avaient, il faut bien le reconnaître, une imagination sans limite à faire pâlir de jalousie les plus fins stratèges !
Les femmes partaient dans toutes les directions de la commune avec quelques paniers tressés à vendre, suivies par une ribambelle d’enfants en guenilles qui n’étaient jamais scolarisés. Quand on naissait bohémien à cette rude époque, on avait un cursus à suivre et on n’y dérogeait pas! Ces dames écumaient le secteur méthodiquement, leurs bambins les suivaient pour faire diversion ! Je me souviens du jour où une de ces créatures en haillons est arrivée en titubant à notre porte. Le soleil d’août avait sûrement permis une deuxième fermentation du jus de raisin alcoolisé qu’elle avait absorbé goulûment pour étancher une soif infinie! Elle s’adressa à ma mère : « Je suis complètement déshydratée avec cette chaleur ! ». Suite à ces mots savants révélant une grande urgence, un verre d’eau lui a été immédiatement tendu!Dans la seconde qui a suivi, ma mère a reçu son contenu en pleine figure ! Elle balbutia ensuite cette phrase qui résonne encore en moi : « Je n’aime pas l’eau, je veux du vin et vite ! ». Mon père, qui était par chance dans les parages, a réagi spontanément, il faut dire que le choc thermique avait été violent et que ma pauvre maman n’avait pas pu s’empêcher de crier ! Le maître du port a raccompagné énergiquement l’insolente ! La descente des escaliers a été une des plus rapides que j’ai eu l’occasion d’observer dans ma jeunesse, les dernières marches se sont même dérobées sous ses pieds ! Quelques temps après, elle est revenue sans scrupule en diseuse de bonne aventure, comme quoi l’alcool favorise la voyance. Grâce au ciel, le chef de famille était encore là ! À la phrase : «Je viens vous prédire l’avenir !» Mon père lui a administré un coup de pied dans les fesses en lui disant : « Et ce futur-là, vous l’aviez prévu?». Inutile de vous dire qu’à nouveau et malgré les mots de protestation de la pouilleuse déguisée en Madame Soleil, le départ a été une fois de plus précipité.

Ces nomades avaient des chiens exceptionnels, tout ce qu’il y a de plus bâtard, mais dressés de mains de romanos ! Leur spécialité était axée sur la chasse des animaux de basse-cour.
Notre poulailler, la volière aux faisans et aux pigeons avaient été visités à plusieurs reprises quand l’heure des mesures radicales a enfin sonné. Bien sûr, au début de cette hécatombe, nous avions pensé qu’il s’agissait peut-être d’un renard, mais curieusement, aucun indice ne permettait d’affirmer que ces disparitions puissent être imputées à l’œuvre du rusé! S’il s’était agi de lui, des plumes auraient volé dans tous les sens, et surtout, nous aurions entendu un vacarme bien spécifique à une telle attaque, les poules ayant un caquetage strident dans ce cas précis. Nous disposions de pièges qui allaient nous permettre de capturer le coupable sans tarder, c’est du moins ce que le fin tacticien des lieux pensait, donc nous ne pouvions que le croire! Bien disposés à l’entrée et aux quatre coins de la cour, sans omettre son centre, ils paraissaient une stratégie infaillible, le nuisible ne pourrait pas ignorer les appétissants appâts !

La vie est jonchée d’inattendus. Figurez-vous que ce soir-là, alors que l’endroit s’était drapé d’une nuit sans lune, notre cousin est venu nous présenter sa fiancée. Afin d’ajouter un peu plus de surprise à sa démarche, il a eu l’idée géniale d’emprunter l’entrée des artistes où se trouvait notre dispositif pratiquement infranchissable ! Par miracle, car il faut appeler les choses par leur vrai nom, le couple a évité l’armada de mâchoires à pression. Impressionnant, non? Évidemment, comme on ne peut pas se fier continuellement à la chance, nous leur avons conseillé de prendre l’itinéraire normal lorsqu’ils sont repartis ! Une fois dans mon lit, je me souviens d’avoir eu le sommeil léger, je ne voulais surtout pas manquer ce rendez-vous avec le prédateur amateur de gibier domestique. Aussi j’ai été le premier à entendre des gémissements, il n’y avait plus de doute sur l’efficacité des mâchoires que nous avions tendues, l’homme pouvait y échapper, reconnaissons-le, mais un animal sauvage, non ! C’est dans un élan de satisfaction que je me suis précipité vers la chambre de mes parents pour les prévenir. Mon père a pris instinctivement son fusil, nous avons éclairé l’espace et sous nos yeux nous avons assisté à une scène incroyable. Un chien était capturé près de la volière aux faisans, alors qu’un autre, une proie entre les dents, est passé comme une balle en sortant du poulailler. A cet instant précis, nous avons entendu des sifflets de rappel ! Mon père épaula l’arme à double détente qui libéra ses plombs dans une déflagration assourdissante!
Les gémissements cessèrent et au même moment, au loin, nous avons entendu ces mots de désespoir: « Ils ont tué notre meilleur chien !». Nous avions une fois pour toutes réglé le mystère de la disparition des faisans, des poules et des pigeons!

Quelque temps après cette scène nocturne, un bohémien du campement qui avait pour habitude de surnommer mon père son cousin, sûrement en reconnaissance des nombreuses volailles qu’il avait mangées sans qu’on s’en aperçoive, lui a glissé cette phrase à l’oreille :
- Nous sommes malheureux, nous avons perdu notre meilleur chien !
- Ah bon!… et comment est-ce arrivé ?
- Il a été victime d’un accident de chasse!

Quelques mois plus tard, ma grand-mère maternelle a eu la visite, une après-midi, de vendeurs à domicile à la peau typée. Par politesse elle leur a pris quelques bricoles afin de se débarrasser d’eux au plus vite, tout en ne trouvant pas leur démarche très catholique ! Avant de la quitter, ils lui avaient demandé si les voisins étaient présents.Sans se méfier, elle leur a répondu: «Non, je vis seule ici ». Cette phrase bien entendu a été prononcé sans méfiance pour éviter que nous soyons à notre tour importunés. Dans le courant de la nuit, alors que j’étais ce soir-là avec ma mère et mon frère handicapé, nous avons été réveillés par des cris de frayeur ponctués par des «Au secours !» qui ne faisaient planer aucun doute : mon aïeule se trouvait en grand danger ! Aussitôt nous nous sommes levés pour observer, grâce à une toute petite ouverture, ce qui se passait à l’extérieur. Une faible lueur d’ampoule nous a permis d’apercevoir des formes inquiétantes qui se déplaçaient autour de sa petite maison assiégée! Il y avait urgence! N’écoutant que mon instinct protecteur, je suis sorti de la maison en pyjama avec pour seule arme mes mains. Ainsi j’allais vers l’inconnu, en me rendant bien compte du haut de mes dix ans que je m’exposais sans défense à une situation très dangereuse ! J’ai contourné la bâtisse et ne voyant personne dans l’obscurité, je me suis avancé vers la sablière, avant d’avoir la première véritable frayeur de ma jeune existence. J’ai été victime d’une volée de pierres qui ne m’atteignirent pas, fort heureusement. J’ai couru et j’ai croisé ma mère qui se trouvait à une cinquantaine de mètres derrière moi :
- Que fais-tu ? , me lança-t-elle, alors que je remontais les escaliers de la maison à toute vitesse.
- Attends-moi, rassure mémé, cache-toi, je reviens !

Je suis rentré dans la chambre de mes parents où se trouvait le fusil qui devait nous sauver, dans la cartouchière j’ai pris trois chevrotines, j’en ai glissé deux dans le fût afin d’armer les détentes. Aussi rapidement que mes jambes pouvaient le faire, je me suis à nouveau dirigé vers les assaillants nocturnes. Ma mère, surprise de me voir revenir armé jusqu’aux dents, ne m’a pas freiné dans mon élan et a juste eu le temps de me lancer au passage cette recommandation : « Sois prudent, Maurice, fais attention à toi! » J’avais à peine fait cinquante mètres quand, à nouveau, des pierres fusèrent autour de moi et là, sans hésiter, j’ai épaulé l’arme comme mon créateur m’avait appris à le faire, et j’ai fait feu à deux reprises dans la direction des bandits qui, dans un repli brutal, ont fui en criant « Vite, à la voiture!» Je n’avais plus qu’une cartouche pour défendre ma position ! Aujourd’hui, lorsque je me remémore cette terrible situation, je me dis : « Pourquoi n’as-tu pas pris la ceinture à cartouches ?» En effet je n’avais plus qu’une balle pour repousser les éventuelles attaques! Peu de temps après, j’ai entendu un moteur en furie, les phares se sont allumés et j’ai tiré face à l’ennemi. Un bruit de ferraille s’est fait entendre, et après un dérapage violent, le véhicule et ses occupants apeurés ont pris la fuite en abandonnant le combat ! Ma grand-mère et ma mère m’ont fêté en héros. Tôt dans la matinée mon père, qui revenait de son travail de garde-barrière, m’a réveillé pour me féliciter, pour la première fois je pouvais m’identifier à lui! Nous n’avons jamais eu de nouvelles de nos visiteurs ! Nos voisins, réveillés par ce tapage nocturne, nous ont posé la question : « Que s’est-il passé cette nuit chez vous ? » Notre réponse est restée évasive : « Rien de grave, rassurez-vous ! »

Je suis devenu depuis cette nuit là le sauveur de ma grand-mère, la fierté de ma mère et la gloire de mon père! Je me demande sans anxiété aujourd’hui si j’ai blessé un des agresseurs... Je ne le saurai jamais. Ils ne sont pas revenus pour s’en plaindre, et nous n’avons pas eu de leur nouvelle dans les journaux !IMG_1042.pngIMG_1043.pngIMG_1044.png
 
Il faut éviter à la plume les lourdeurs qui plombent l’envol des idées.

Le poète, comme le soleil,vit chaque jour son ultime rayon vert.

L’état propose de nous isoler pour un euro, comme si nous, au cœur du pays d’Olt, nous n’étions pas assez isolés!

L’amour sans humour est semblable à une fleur fanée sans parfum.

Mon âme prolonge en ondes lumineuses le rayon natif du soleil levant.

Combien sont tombées sous le charme de mon innocente plume aux pleins et aux déliés aujourd’hui disparus?

Les poissonneries ne fournissent plus d’emballage plastique, il est à l’intérieur des poissons que l’on nous vend.

République déguisée, je te hais, tu emprisonnes puis ensevelis tes enfants en faisant planer les faux airs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Peuple, si tu tiens un jour à retrouver ta souveraineté, fuis les écran aux images à profusions perfides.
 
L’œil pâle du cyclone voile mes vieux jours,
Encercle mes pensées de multiples torpeurs,
Sa vague houleuse encensée pour toujours
Brise ma conscience au-delà des vapeurs!

Il glisse lentement sur mes larmes versées,
Et plombe l’horizon de sombres oriflammes!
Ô, mon cœur est meurtri ! Ô, mon âme bouleversée !
Furieux crie ce géant, il affûte sa lame!

Pluie de sang, horizons ténébreux, vents mauvais,
Ma vie est cet enfer où je croise le fer,
J’esquive du revers, sans jamais me sauver
Du brasier attisé des yeux par Lucifer!
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Dernière édition:
J’ai appris depuis qu’il s’est montré héroïque lors des combats de la Pointe de Grave, ce qui lui a valu d’être nommé inspecteur de police militaire en 1945

Hommage à mon père et à travers lui à tous les résistants de France


Comme je l’ai fait pour ma mère, je tiens également à rendre hommage à mon père.
Le devoir de mémoire est, il me semble, aujourd’hui encore plus qu’hier, une exigence.
Et il me paraît important de rappeler que, si nous vivons en paix, c’est en grande partie grâce à des hommes qui n’ont pas hésité à défendre leur Patrie sans qu’on leur en ait intimé l’ordre. Ils l’ont fait avec une grosse dose de courage doublée d’une abnégation sans limites. Raymond était son prénom et son nom de code de résistant.

C’est dès la fin de l’année 1942 qu’il rejoint les rangs d’un petit groupe de maquisards dans la région de Latronquière, plus précisément à Terrou, village brûlé par les Allemands. Il devient "Chef de roulage", en d’autres termes, il est responsable du ravitaillement indispensable au maquis, vous vous en doutez. Il participe, à Capdenac-Gare, au sabotage du dépôt de la gare et des machines à vapeur afin d’empêcher l’ennemi d’utiliser ces matériels à des fins militaires à l’approche du débarquement en Normandie.Il fallait beaucoup de courage à ces jeunes- certains n’étaient âgés que de 18 ans- pour mener ce combat journalier contre l’envahisseur. En effet, on doit se souvenir, comme l’a fait fort justement l’association des réfractaires et maquisards de France qui lui décerna la médaille de la Résistance, que Raymond, je cite, « a risqué les sanctions les plus graves : amandes, emprisonnement, peine de mort, pour avoir aidé, ravitaillé, hébergé des réfractaires au STO ou personnes recherchées » .Participer à un combat et être fait prisonnier n’avait d’autres issue que d’être fusillé sur-le-champ. "Les terroristes", comme les appelaient les SS, n’avaient aucune chance d’échapper à la mort! Les nombreuses stèles qui fleurissent notre région sont là pour rappeler au passant que des enfants courageux sont tombés sous les balles de l’armée allemande.

Mon père était un ami de René Andrieu, connu dans notre région pour son rôle de responsable dans la Résistance lotoise, et plus tard, comme Directeur du journal l’Humanité.
Ils avaient pour habitude de se retrouver chaque année autour d’un bon repas, ils se remémoraient à cette occasion les moments glorieux et parfois tragiques de ces temps tourmentés. Peut-être que certaines personnes penseront qu’il est ringard de rappeler ces faits. Je suis de ceux qui pensent le contraire, au moment où dans certains milieux on remet en cause l’histoire et où la guerre rugit à nouveau à nos portes !

Les jeunes générations doivent saisir que des hommes humbles ont défendu le territoire pour une cause juste et la liberté de tous. Mon père fut de ceux-là ! Et il mérite bien ces quelques lignes ! Non ? En conclusion à ces louanges, j’ajouterai que je suis fier de lui, il m’a appris à respecter les gens. Il percevait le vieux fusil de la maison comme une arme salvatrice résolument tournée vers l’autodéfense. Ce n’est sûrement pas pour rien qu’il se plaisait à me répéter :

« Tu vois, Maurice, c’est grâce à cette arme que j’ai pu partir dans un premier temps combattre l’envahisseur en 1943 ; il te faut la voir comme une amie, elle est très importante à mes yeux, elle doit l’être aux tiens ! Elle te permettra peut-être un jour, comme je l’ai fait, d’aider à repousser des tyrans assoiffés de sang et d’orgueil hors de nos frontières ». Ne dit-on pas justement que l’histoire a la fâcheuse habitude de se répéter ? Face aux paroles du sage, j’étais très attentif ! Elles m’ont permis, rappelez-vous, de sauver ma grand-mère maternelle d’un assaut nocturne malveillant ! Que la paix élève son esprit et le vôtre vers les justes causes!

Merci, cher papa ! C’est le plus grand sur la photographie qui suit.

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Lorsque l’âme d’un enfant en son cœur est brisée, il n’y a aucune place pour le pardon.

Pour mon baptême les cloches ont sonné; à l’école, Momo la cloche aimait jouer à cloche-pieds, je rentrais et je sortais au son d’une cloche ; longtemps j’ai attendu que la cloche de la retraite sonne ; bientôt la cloche du glas tintera. Ma vie est une histoire de cloches, pas étonnant que vous me trouviez cloche !


Si les pieds de mes vers clochent, je vous en prie, évitez-moi vos sons de cloches!

L’esprit et la matière sont deux réalités irréductibles. L’âme est faite pour comprendre et dominer la matière.

Sans doute mettons-nous quelque chose de nous-mêmes dans notre regard, dans nos bras et dans notre sourire. Certains paysages semblent traduire notre état d’âme.

Quand un sujet est immoral, la vérité des détails, la beauté de l’expression n’arrivent guère à réparer les torts de l’écrivain. L’immoralité se trouve au contraire idéalisée et presque justifiée.

Quand vient l’heure tant attendue de la retraite définitive, on offre généreusement dans un dernier souffle d’amour notre corps sarmenteux à la terre.
 
Acrostiche : Hommage à notre cité Figeac

F ace à toi, mon regard dévore tes beautés,
I mages d’un reflet présent et du passé.
G rande est ton histoire, je vis à tes côtés
E nvoûtante cité tu scelles mes pensées.
A toi, Fidiacum, je veux dédier ces vers,
C hampollion j’en suis sûr déchiffrera l’envers.

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Les miaous du port de la Madeleine

Avant de clôturer cette petite série sur mes amis à quatre pattes, et parler naturellement des poids lourds de la ferme, je ne pouvais pas écarter de mes récits les animaux sûrement les plus incroyables par leur intelligence. Les petits félins naissaient la plupart du temps sans que l’on puisse les localiser. Les mères, très malines, avaient compris depuis longtemps que la discrétion absolue favorisait la reproduction de l’espèce. Aussi on pouvait difficilement approcher une portée dès sa venue au monde ! La plupart du temps, on apercevait les petites créatures alors qu’elles étaient presque sevrées. Il s’agissait de chats communs du type européen aux qualités très redoutables, vous pouvez me croire, même si je n’ai plus à vous convaincre de ma bonne foi, nous nous connaissons maintenant depuis suffisamment longtemps ! Les rats entre autres, quelle que soit leur taille, se méfiaient d’eux ! Il n’était pas rare que l’on trouve des dépouilles aussi grosses que le prédateur ronronnant qui leur avait donné la mort ! Le silo à grains fournissait aux nombreux rongeurs une abondante nourriture ainsi que les grains de blé stockés dans la maison du mendiant. Les spécimens à très forte corpulence n’étaient donc pas rares ! Les matous régnaient en vrais chasseurs, ils n’étaient pas du style à jouer avec les souris. Combien de fois les ai-je vus littéralement gober leur proie largement enfoncée dans leur gorge! La pauvre victime étouffée remuait désespérément ses petites pattes arrière, un peu comme si elle voulait écourter sa lente agonie !

L’heure de la traite pour les pattes de velours était la bienvenue, une gamelle traînait toujours dans un coin de l’étable, et mon père sacrifiait un peu du précieux liquide blanc contenu dans le seau à traire. Par dizaines, n’écoutant que leur faim, les félins à moitié sauvages se jetaient goulûment sur cet excellent breuvage ! C’est à ce moment précis qu’il n’était pas rare d’apercevoir un rongeur équilibriste en balade sur le rebord supérieur du râtelier! Le faisait-il exprès pour les narguer, je ne le pense pas, la troupe des poilus était bien trop occupée pour l’apercevoir. Nous vivions en compagnie de ces répugnantes bestioles à poil ras sans avoir la possibilité de nous en débarrasser ! Le poison était un danger pour les chats. En effet, ils pouvaient, en consommant leur proie, s’empoisonner et mourir dans d’atroces souffrances. La solution se trouvait donc dans cette proximité, qui crée finalement un équilibre naturel entre la population féline et les nuisibles. Le bord du Lot où nous avions l’habitude de jeter les déchets biologiques était également propice à cette prolifération exponentielle. Parfois, une crue soudaine pouvait éliminer une partie de ces nichées. Mais une montée progressive de la rivière, au contraire, était nocive à nouveau à notre environnement, les rats quittaient alors leur trou et se réfugiaient dans les greniers! Alors que mon frère avait invité pour quelques jours un correspondant, le lendemain matin ma mère, toujours soucieuse du confort des personnes qu’elle recevait, posa cette question : « Vous avez bien dormi ? ». « J’ai mis un moment à trouver le sommeil, j’entendais des pas au plafond ! ».
Sa réponse fut très claire : «Ah ! Je vois, il s’agit des chats qui jouent aux équilibristes sur les poutres la nuit ! ». Je ne sais pas si elle a réussi à le convaincre, mais il ne nous a plus parlé de ce phénomène à la limite du paranormal durant son séjour.

Revenons, si vous le voulez bien, à nos amis les greffiers. Alors qu’une portée venait de naître, une voisine nous a rendu visite et nous a demandé si nous pouvions lui garder un chaton, et presque au même moment, une cousine de Faycelles a formulé la même demande. Évidemment le préposé aux chats du port de la Madeleine était votre écrivaillon ! Cela ne me posait aucun problème. Après quelques échanges avec ma mère, l’affaire était en marche ! Déjà, me direz-vous ! La tâche allait être facile, la mère des petits était ma minette préférée, une magnifique et pure Isabelle à poils longs ! Elle était docile, c’était la seule que l’on autorisait à se promener à l’intérieur de la maison. Chez ma grand-mère Marceline, certains chats osaient parfois s’aventurer, la porte étant toujours ouverte, mais le grand balai en paille se trouvait à portée de sa main, et inutile de vous dire que les allers retours étaient plus que précipités. Une poule osait parfois franchir le seuil, mais il était très rare qu’elle ressorte vivante, donc l’instinct animal de survie primait sur toutes les gourmandises convoitées ! Mon ancêtre, je n’en avais aucun doute à l’époque, était à l’origine de la cocotte minute ! Chez elle, la fameuse dose de rappel n’existait pas ! Pour l’ensemble de la volaille, cette fermière était impitoyable ! J’avais baptisé l’adorable génitrice Zabelou, ce fut le cas pour toutes les Isabelle à poil long que j’ai connues par la suite. À l’exception, après réflexion, d’une qui, je dois vous l’avouer, avait une tête et un corps- jusque là rien d’anormal- mais dont l’anatomie se prolongeait par deux jambes !

Revenons à nos moutons ! Non, que me faites-vous dire ! A nos chatons ! Je dois vous dire qu’à leur vue, sur le coup j’ai été péniblement déçu, la Belle avait enfanté uniquement des petites boules noires ! Quel était donc le chat qui l’avait séduite ? Mais vous l’avez tous entendu une fois : des goûts et des couleurs on ne doit pas discuter! Après cette courte désillusion, j’ai fini par choisir deux bébés au hasard, en espérant qu’ils fassent bien l’affaire. Les semaines se succédèrent assez rapidement, et les deux rejetons passaient presque autant de temps avec moi qu’avec leur mère qui m’en laissait la garde, entre parenthèses, bien volontiers. Sachant que je devrais un jour m’en séparer, je les avais surnommés mes deux petits, semblables à deux agates noires à poils longs, leurs yeux étaient étrangement bleu ciel. L’éducation à la Maurice ne tarda pas à se mettre en place, bien plus originale et rigolote que celle de leur maman, qui ne manquait pas de les remettre à leur place quand ils l’agaçaient en leur assénant un sévère coup de patte ! J’avais décrété qu’ils seraient définitivement sevrés et éduqués à l’âge de quatre mois, et qu’il m’était impossible d’imaginer que je les donnerais à leur futur propriétaire avant cette date limite. Je les autorisais à m’accompagner quand j’allais pêcher sur la rivière, ils ont pris alors rapidement conscience que le lait maternel n’était pas la seule gourmandise qu’ils pouvaient convoiter. Ils profitaient d’une agréable promenade sur mon petit navire tout en dégustant une partie de mes plus petites prises. Leur mère, de son côté, finissait l’apprentissage en leur apportant toutes sortes de bestioles amusantes et remuantes, souvent comestibles. Lorsque nous allions lancer l’épervier à l’étang, la grande armada était alors en déplacement derrière la cheftaine, arborant en guise de drapeau son uniforme à trois couleurs. Il y avait des alevins en prévision à dévorer pour la petite troupe de soldats. Le signal en début de matinée avait été clair. Dans un grand chaudron, nous préparions de quoi appâter la petite surface d’eau que nous appelions le trou du sable où, vers minuit, le filet fermement lancé pour qu’il épouse une forme la plus ronde possible, se refermerait sur la pêche en train d’apprécier notre savant mélange. Il s’agissait d’un cocktail de pomme de terre, blé, maïs, mie de pain, menthe sauvage et d’ingrédients relevant subtilement l’ensemble. Sur le brasier la marmite dégageait des senteurs sauvages qui se répandaient sous la forme de grappe parfumée tout autour de la propriété. Vous pensiez peut-être que j’allais vous donner la recette complète du petit pêcheur d’eau douce, eh bien, non! Vous n’aurez pas son temps de cuisson ! Les félins étaient prévenus, la soirée allait être frugale et mes deux très jeunes amis allaient connaître leur premier festin. Je faisais d’eux ce que je voulais, je les mettais dans une petite bouilloire sans qu’ils bougent, sur mes épaules, mais leur plus grand plaisir, ils le trouvaient en jouant aux funambules sur la bordure à bâbord et à tribord de la barque.

Un jour, et c’est là que je voulais vous embarquer mine de rien, sans vouloir pour autant vous mener en bateau, un jour, disais-je, alors que pour une fois j’avais oublié de les prévenir et que j’étais à une centaine de mètres du rivage, je les ai entendus miauler près du quai avec insistance!
Que faire ? La solution, ils l’ont trouvée eux-mêmes et c’est là que mon histoire prend un petit air pimenté, ou du relief si vous préférez. Voyant que j’étais indifférent à leurs appels désespérés, ils se sont mis à l’eau et m’ont rejoint à la nage! Je n’en revenais pas, j’étais en train d’assister à une scène incroyable. Nous étions à la mi-août, il est vrai, mais quand même le spectacle paraissait irréel, un peu comme les apparitions qui avaient eu lieu ce jour-là partout dans le monde et depuis plusieurs siècles. Les voyant arriver sans encombre, j’ai accueilli ces créatures à la physionomie surprenante de deux avortons mouillés comme des rats ! Ils avaient préféré cette situation peu commune dans le cadre de leur espèce plutôt que de s’ennuyer…comment ?…Je vous laisse réfléchir une seconde !…Eh oui !…Comme des rats morts ! Et deux minets qui se morfondent seuls, croyez-moi, c’est vraiment pathétique à observer! Maintenant, ne m’accusez pas de vous avoir tendu ma canne à pêche pour vous faire comprendre en détail ce que j’ai vécu ce jour-là ! Les nageurs, dans cette traversée stressante, avaient perdu la moitié de leur volume, j’ai salué bien entendu leur initiative héroïque! Nous avons ensuite, comme à notre habitude, taquiné le gardon, le goujon, la perche, ou le soleil.

Il a bien fallu que l’on se sépare, les semaines passent trop vite au gré des uns, trop lentement au gré des autres, mais elles perdent toute consistance lorsqu’on est un petit bonhomme très heureux! Arriva fatalement le jour des grands au revoir et j’ai dû tenir à contrecœur mon engagement. Une boule ronde est partie sur l’autre berge à cent mètres du lieu où elle avait ouvert pour la première fois les yeux. Heureusement j’ai obtenu l’autorisation d’aller lui rendre visite quand je le souhaitais. Quand il m’apercevait, il ne manquait pas l’occasion de venir se frotter en ronronnant contre ma jambe. Il a eu une vie heureuse car très choyé, il est mort à un âge très respectable dans sa dix-septième année. Sa sœur a eu presque le même parcours chez ma cousine de Faycelles, à la différence près que nous l’avons récupérée alors qu’il venait d’avoir seize ans. Elle a fini son existence près de son ami le gentil dresseur et de sa mère à la patte agile, Baronne du port de la Madeleine. Elle nous a quittés à l’âge de dix-huit ans, avant Zabelou que j’ai aperçue très affaiblie pour la dernière fois alors qu’elle allait avoir vingt et un ans. Elle se trouvait dans la grange aux naissances et c’est là que je lui ai fait un dernier câlin. Je pense qu’elle est allée mourir dans un coin de la ferme, je n’ai jamais retrouvé son corps au pelage tricolore.

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Lorsque l’âme d’un enfant en son cœur est brisée, il n’y a aucune place pour le pardon.


Pour mon baptême les cloches ont sonné; à l’école, Momo la cloche aimait jouer à cloche-pieds, je rentrais et je sortais au son d’une cloche ; longtemps j’ai attendu que la cloche de la retraite sonne ; bientôt la cloche du glas tintera. Ma vie est une histoire de cloches, pas étonnant que vous me trouviez cloche !

Si les pieds de mes vers clochent, je vous en prie, évitez-moi vos sons de cloches!

L’esprit et la matière sont deux réalités irréductibles. L’âme est faite pour comprendre et dominer la matière.

Sans doute mettons-nous quelque chose de nous-mêmes dans notre regard, dans nos bras et dans notre sourire. Certains paysages semblent traduire notre état d’âme.

Quand un sujet est immoral, la vérité des détails, la beauté de l’expression n’arrivent guère à réparer les torts de l’écrivain. L’immoralité se trouve au contraire idéalisée et presque justifiée.

Quand vient l’heure tant attendue de la retraite définitive, on offre généreusement dans un dernier souffle d’amour notre corps sarmenteux à la terre.

L’ivresse caresse l’âme avec délicatesse devant le dieu Bacchus, je le confesse.
 
Acrostiche à Isabelle.

I mage de l’amour, ton fleuve atemporel
S erpente lentement la terre infiniment.
A noblis par l’instinct du fluide corporel
B attent les cœurs épris sur l’astre des amants.
E closent alors les fleurs des idylliques unions,
L’ instant est solennel ; encensés les prêcheurs
L yriques baptisent en saintes communions,
E t bénissent Belle, l’archange du bonheur.
 
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