Si les pathologies associées à la mémoire se manifestent souvent par des pertes de mémoire, l’hypermnésie se caractérise en revanche par une mémoire totale. Le sujet se souvient de tout.
Sommaire
Cette capacité de mémorisation presque illimitée est une pathologie rare. On distingue trois types d’hypermnésies : l’hypermnésie autobiographique, l’hypermnésie émotionnelle, et l’hypermnésie associée au
trouble du spectre autistique. Découvrez ce qui se cache derrière cette pathologie de la mémoire, et quels sont les signes à reconnaître la concernant.
1. Définition de l’hypermnésie
L’hypermnésie a été mise en évidence pour la première fois au XIXe siècle, lors de travaux sous hypnose. Étymologiquement, le terme hypermnésie est issu du grec
Μνήμης qui signifie "mémoire" et de "huper", qui signifie "en trop". On désigne par le terme hypermnésie la capacité exceptionnelle et non volontaire de mémorisation d’un individu. Autrement dit, l’hypermnésie désigne un excès de mémoire, concernant certaines informations et une zone bien localisée du cerveau. Cette faculté à se souvenir de tout ou presque n’est pas la résultante d’un apprentissage ni d’un entraînement à mémoriser les faits et dates. Elle s’impose à l’individu.
On fait la distinction entre trois formes d’hypermnésies. L’hypermnésie autobiographique, aussi appelée hyperthymésie, désigne l’aptitude à se souvenir de chaque détail de son existence, de façon naturelle, depuis un âge donné. Une autre forme d’exaltation de la mémoire est
l’hypermnésie émotionnelle paroxystique tardive, précise l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Elle est la résultante d’un stress post-traumatique. Les personnes ont une mémoire surdimensionnée par suite d’un traumatisme, et revivent dans le moindre détail la scène traumatisante avec menace de mort imminente : agression, prise d’otage, attentat, catastrophe naturelle… Ceci a notamment été décrit par le docteur Targowla (on parle à ce titre de syndrome de Targowla) par suite de son observation des traumatismes des anciens déportés de guerre par les nazis : la résurgence de façon itérative, envahissante et paralysante, de scènes de guerre tragiques, se manifestant quelques mois après avoir été libérés des camps de concentration. Enfin, ce surdimensionnement de la mémoire peut aussi être associé au trouble de la personnalité autistique, notamment chez
les autistes asperger, capables de mémoriser une quantité phénoménale d’informations, comme le contenu de livres entiers, ou des fascicules d’horaires de bus par exemple. Il existe peu d’études sur le sujet, car les cas d’hypermnésie sur le plan mondial se limitent à une centaine de personnes seulement. Ce sont de préférence des personnes jeunes, à un âge où le cerveau est encore très plastique.
2. Symptômes de l’hypermnésie
Chez une personne hypermnésique, le symptôme principal est une exaltation de la mémoire. Sans effort de sa part et sans avoir entraîné sa mémoire avec des exercices, cette personne est capable de se souvenir surtout visuellement de chaque fait et de chaque détail relatifs à une date donnée. Elle peut énoncer avec précision, même pour une date lointaine, ce qu’elle a mangé, qui elle a vu, ce qu’elle a fait, qui elle a croisé. Sa mémoire retient tout, sans faire de tri ni de hiérarchie entre les diverses informations. Ce qui peut être perçu comme une chance ou un don de prime abord se révèle souvent épuisant pour le sujet atteint d’hypermnésie. Le cerveau est fatigué de tout stocker sans trier les informations ; et d’être contraint à revivre pendant un temps considérable de la journée et de la nuit des souvenirs, ce qui laisse peu de temps pour être attentif à l’instant présent et pour faire des projets dans le futur. Dès lors, l’hypermnésie apparaît bien plus comme une souffrance psychique que comme une chance. Elle se caractérise par une forme de rigidité mentale, une difficulté à synthétiser et à prioriser les informations, ainsi qu’à relier les informations les unes aux autres. La personne présente alors des difficultés pour raisonner, comme pour structurer sa pensée. À ce symptôme sont souvent associés
des troubles anxieux,
dépressifs, une hypervigilance, des problèmes de concentration et des névroses, particulièrement dans le cas de l’hypermnésie émotionnelle. En effet, dans le cas de l’hypermnésie émotionnelle, la personne revit sans cesse la scène traumatisante, sous la forme de flash-back, de peurs réflexes face à un bruit ou à un geste brusque, ou encore de cauchemars récurrents. Tout se passe comme si la scène se rejouait dans le réel à l’infini. Son sommeil, son humeur, son état de stress en sont affectés. Elle est alors soumise à
un stress chronique, souvent
source d’hypertension artérielle,
d’ulcères gastriques,
de céphalées, de problèmes cutanés et autres problèmes somatiques, comme le précise
l’Inserm. On observe aussi fréquemment des
troubles obsessionnels compulsifs (TOC) chez les personnes sujettes à l’hypermnésie, lesquelles ont besoin de se rassurer en ayant un relatif contrôle sur les choses et les événements par le biais de TOC.
Voilà, je suis pas un génie, loin de là. Pour être précis, je souffre de L’hypermnésie autobiographique ainsi que de l'émotionnelle. Il y a des troubles autistiques, mais pas suffisamment donc je suis pas autiste

Par contre, je sais pourquoi je suis insomniaque et pourquoi mon cerveau ne s'arrête jamais.