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Les pensées célèbres, celles de la Vagabonde de la Poésie, les pensées Momoriciennes et les vôtres si le coeur vous en dit

Récit définitif.

Nos cousins, les gitans Mathurin, la nuit où ma grand-mère appelle au secours

Je devais absolument conclure le chapitre sur la vie au port de la Madeleine
en vous parlant des pauvres parmi les pauvres, les gitans.
Indigents certes, mais malins! Nous redoutions leur arrivée, ils avaient pour habitude d’aménager leur campement non loin de la barrière de la Madeleine dans une petite parcelle aride non exploitée.
Ils positionnaient les roulottes en cercle à la manière des cowboys dans les westerns américains. Cette méthode bien rodée leur permettait de s’abriter des regards indiscrets mais aussi du vent et du froid. Ils attachaient les chevaux à l’aide d’une longe à un piquet en bordure des fossés pour qu’ils profitent gratuitement de l’herbe tendre et abondante.
Les Mathurin vivaient essentiellement de braconnage, ils excellaient dans beaucoup de domaines comme la pêche et la chasse. Ils glanaient toutes sortes de tubercules et fruits généreusement offerts par la nature, et accessoirement ceux adroitement semés par la main de braves paysans.
Ils confectionnaient avec adresse des paniers en osier qu’ils essayaient de fourguer aux habitants de la région. Ils possédaient ancestralement l’art du rempaillage des chaises et des fauteuils.
Ma mère accueillait tout le monde, les nécessiteux de tous bords étaient les bienvenus, cependant elle éprouvait une certaine crainte à ouvrir sa porte aux manouches, qui avaient une réputation de voleurs bien affirmée!.
Ils arrivaient souvent les mains vides et repartaient les mains pleines, en nous gratifiant de quelques bestioles qui se baladaient sur nos têtes.
On se serait bien passé de cette offrande, mais comment éviter ce présent quand on a un cœur charitable ?
En tout état de cause. il était préférable de ne pas trop quitter la ferme avant qu’ils ne lèvent définitivement le camp.
Décision qu’ils n’envisageaient que lorsqu’ils avaient bien ratissé le coin!
Tous les prétextes et ruses pour approcher les habitations, ils les possédaient. Pour cela ils avaient, il faut bien le reconnaître une imagination sans limite à faire pâlir de jalousie les plus fins stratèges !
Les femmes partaient dans toutes les directions de la commune avec quelques paniers tressés à vendre, suivies par une ribambelle d’enfants en guenilles qui n’étaient jamais scolarisés. Quand on naissait bohémien à cette rude époque, on avait un cursus à suivre et on n’y dérogeait pas! Ces dames écumaient le secteur méthodiquement, leur bambins les suivaient pour faire diversion ! Je me souviens du jour où une de ces créatures en haillons est arrivée en titubant à notre porte. Le soleil d’août avait sûrement permis une deuxième fermentation du jus de raisin alcoolisé qu’elle avait absorbé goulûment pour étancher une soif infinie!
Elle s’adressa à ma mère : - Je suis complètement déshydratée avec cette chaleur !
Suite à ces mots savants révélant une grande urgence, un verre d’eau lui a été immédiatement tendu!
Dans la seconde qui a suivi ma mère a reçu son contenu en pleine figure !
Elle balbutia ensuite cette phrase qui résonne encore en moi :
-Je n’aime pas l’eau, je veux du vin et vite !
Mon père qui était par chance dans les parages a réagi spontanément, il faut dire que le choc thermique avait été violent et que ma pauvre maman n’avait pas pu s’empêcher de crier !
Le maître du port a raccompagné énergiquement l’insolente !
La descente des escaliers a été une des plus rapides que j’ai eu l’occasion d’observer dans ma jeunesse, les dernières marches se sont même dérobées sous ses pieds !
Quelques temps après, elle est revenue sans scrupule en diseuse de bonne aventure, comme quoi l’alcool favorise la voyance.
Grâce au ciel le chef de famille était encore là !
À la phrase : «Je viens vous prédire l’avenir !»
Mon père lui a administré un coup de pied dans les fesses en lui disant : « Et ce futur là vous l’aviez prévu?».
Inutile de vous dire qu’à nouveau et malgré les mots de protestation de la pouilleuse déguisée en Madame Soleil le départ a été une fois de plus précipité.
Ces nomades avaient des chiens exceptionnels, tout ce qu’il y a de plus bâtards mais dressés de mains de romanos !
Leur spécialité était axée sur la chasse des animaux des basses-cour.
Notre poulailler, la volière aux faisans et aux pigeons avaient été visités à plusieurs reprises quand l’heure des mesures radicales a enfin sonné. Bien sûr au début de cette hécatombe nous avions pensé qu’il s’agissait peut-être d’un renard, mais curieusement aucun indice ne permettait d’affirmer que ces disparitions puissent être imputées à l’œuvre du rusé!
S’il s’était agi de lui des plumes auraient volé dans tous les sens, et surtout nous aurions entendu un vacarme bien spécifique à une telle attaque, les poules ont un caquetage strident dans ce cas précis.
Nous disposions de pièges qui allaient nous permettre de capturer le coupable sans tarder, c’est du moins ce que le fin tacticien des lieux pensait, donc nous ne pouvions que le croire!
Bien disposés à l’entrée et aux quatre coins de la cour, sans omettre son centre, ils paraissaient une stratégie infaillible, le nuisible ne pourrait pas ignorer les appétissants appâts !
La vie est jonchée d’inattendus. Figurez-vous que ce soir-là, alors que l’endroit s’était drapé d’une nuit sans lune, notre cousin est venu nous présenter sa fiancée. Afin d’ajouter un peu plus de surprise à sa démarche, il a eu l’idée géniale d’emprunter l’entrée des artistes où se trouvait notre dispositif pratiquement infranchissable !
Par miracle, car il faut appeler les choses par leur vrai nom, le couple a évité l’armada de mâchoires à pression. Impressionnant non?
Évidemment, comme on ne peut pas se fier continuellement à la chance, nous leur avons conseillé de prendre l’itinéraire normal lorsqu’ils sont repartis !
Une fois dans mon lit, je me souviens d’avoir eu le sommeil léger, je ne voulais surtout pas manquer ce rendez-vous avec le prédateur amateur de gibier domestique.
Aussi j’ai été le premier à entendre des gémissements, il n’y avait plus de doute sur l’efficacité des mâchoires que nous avions tendues, l’homme pouvait y échapper reconnaissons-le, mais un animal sauvage, non !
C’est dans un élan de satisfaction que je me suis précipité vers la chambre de mes parents pour les prévenir.
Mon père a pris instinctivement son fusil, nous avons éclairé l’espace et sous nos yeux nous avons assisté à une scène incroyable.
Un chien était capturé près de la volière aux faisans, alors qu’un autre une proie entre les dents est passé comme une balle en sortant du poulailler. A cet instant précis nous avons entendu des sifflets de rappel !
Mon père épaula l’arme à double détente qui libéra ses plombs dans une déflagration assourdissante!
Les gémissements cessèrent et au même moment, au loin nous avons entendu ces mots de désespoir : « Ils ont tué notre meilleur chien !».
Nous avions une fois pour toutes réglé le mystère de la disparition des faisans, des poules et des pigeons!
Quelque temps après cette scène nocturne, un bohémien du campement qui avait pour habitude de surnommer mon père son cousin,
sûrement en reconnaissance des nombreuses volailles qu’il avait mangées sans qu’on s’en aperçoive, lui a glissé cette phrase à l’oreille : « nous sommes malheureux, nous avons perdu notre meilleur chien !».
« Ah bon!… et comment est-ce arrivé ?»
-Il a été victime d’un accident de chasse!
Quelques mois plus tard, ma grand-mère maternelle a eu la visite une après-midi de vendeurs à domicile à la peau typée.
Par politesse elle leur a pris quelques bricoles afin de se débarrasser d’eux au plus vite, tout en ne trouvant pas leur démarche très catholique !
Avant de la quitter, ils lui avaient demandé si les voisins étaient présents.Sans se méfier, elle leur a répondu : « Non, je vis seule ici » cette phrase bien entendu a été prononcé sans méfiance pour éviter que nous soyons à notre tour importunés.
Dans le courant de la nuit, alors que j’étais ce soir-là avec ma mère et mon frère handicapé, nous avons été réveillés par des cris de frayeur ponctués par des «au secours !» qui ne faisaient planer aucun doute mon aïeule se trouvait en grand danger !
Aussitôt nous nous sommes levés pour observer grâce à une toute petite ouverture ce qui se passait à l’extérieur.
Une faible lueur d’ampoule nous a permis d’apercevoir des formes inquiétantes qui se déplaçaient autour de sa petite maison assiégée!
Il y avait urgence! N’écoutant que mon instinct protecteur je suis sorti de la maison en pyjama avec pour seule arme mes mains.
Ainsi j’allais vers l’inconnu, en me rendant bien compte du haut de mes dix ans que je m’exposais sans défense à une situation très dangereuse !
J’ai contourné la bâtisse et ne voyant personne dans l’obscurité je me suis avancé vers la sablière, avant d’avoir la première véritable frayeur de ma jeune existence.
J’ai été victime d’une volée de pierres qui ne m’atteignirent pas fort heureusement.
J’ai couru et j’ai croisé ma mère qui se trouvait à une cinquantaine de mètres derrière moi :
- Que fais-tu, me lança-t’elle? alors que je remontais les escaliers de la maison à toute vitesse.
-Attends-moi, rassure mémé, cache toi,je reviens ! Je suis rentré dans la chambre de mes parents où se trouvait le fusil qui devait nous sauver, dans la cartouchière j’ai pris trois chevrotines j’en ai glissé deux dans le fût afin d’armer les détentes. Aussi rapidement que mes jambes pouvaient le faire, je me suis à nouveau dirigé vers les assaillants nocturnes. Ma mère,surprise de me voir revenir armé jusqu’aux dents ne m’a pas freiné dans mon élan et a juste eu le temps de me lancer au passage cette recommandation : « Sois prudent, Maurice, fais attention à toi! » J’avais à peine fait cinquante mètres quand à nouveau des pierres fusèrent autour de moi et là sans hésiter j’ai épaulé l’arme comme mon créateur m’avait appris à le faire, et j’ai fait feu à deux reprises dans la direction des bandits qui dans un replis brutal ont fui en criant « Vite, à la voiture!»
Je n’avais plus qu’une cartouche pour défendre ma position !
Aujourd’hui, lorsque je me remémore cette terrible situation, je me dis : « Pourquoi n’as-tu pas pris la ceinture à cartouches ?»
En effet je n’avais plus qu’une balle pour repousser les éventuelles attaques!
Peu de temps après, j’ai entendu un moteur en furie, les phares se sont allumés et j’ai tiré face à l’ennemi. Un bruit de ferraille s’est fait entendre, et après un dérapage violent, le véhicule et ses occupants apeurés ont pris la fuite en abandonnant le combat !
Ma grand-mère et ma mère m’ont fêté en héros, tôt dans la matinée mon père qui revenait de son travail de garde-barrière m’a réveillé pour me féliciter, pour la première fois je pouvais m’identifier à lui!
Nous n’avons jamais eu de nouvelles de nos visiteurs !
Nos voisins, réveillés par ce tapage nocturne, nous ont posé la question : « Que s’est-il passé cette nuit chez-vous ?
Notre réponse est restée évasive : -Rien de grave, rassurez-vous !
Je suis devenu depuis cette nuit là : le sauveur de ma grand-mère, la fierté de ma mère et la gloire de mon père!
Je me demande sans anxiété aujourd’hui si j’ai blessé un des agresseurs, je ne le saurai jamais, ils ne sont jamais,. Ils ne sont pas revenus pour s’en plaindre, et nous n’avons pas eu de leur nouvelle dans les journaux !
 
Récit définitif après correction.

Rolf un loup dans un corps de chien ou un chien dans un corps de loup ?

Je devais avoir à peine plus de cinq ans lorsqu’un matin poussé par un besoin naturel bien légitime je me dirigeais vers les latrines
quand soudain derrière le muret j’ai aperçu un loup !
Affolé, après un demi-tour d’une rapidité qui m’a sûrement permis d’approcher ?…, voire de battre au passage le record du soixante mètres des petites jambes de mon âge, j’ai ouvert la porte de la maison pour la refermer presque dans la même foulée ! -Papa !…papa!…Il y a un loup ! il y a un loup derrière la maison !…J’ai peur !».
Sans s’affoler, mon père a répondu à mon affirmation par une phrase que j’ai détestée sur le coup : -Maurice, les loups n’existent plus dans la région depuis bien longtemps !».
Je me souviens de lui avoir répondu : - Et bien tu n’as qu’à aller voir !
C’est après cette alerte non moins légitime, que quelques minutes plus tard l’incroyable se produisit !
Mon géniteur, héros de la deuxième Guerre mondiale, avait réussi l’exploit d’amadouer la bête sauvage en moins de temps que j’ai mis en forme ces quelques lignes !
J’étais fier de lui !…mais au fond de moi je calculais les progrès qu’il me restait à faire avant de lui ressembler. Décidément je n’étais qu’un tout petit bonhomme sans envergure ni courage !
En présence du fauve, les phrases rassurantes fusèrent :
-C’est sûrement un chien abandonné, il vient se donner. Il nous arrivait effectivement parfois d’adopter un orphelin à quatre pattes, pas par un manque quelconque d’animaux mais tout simplement parce que j’étais dans une famille qui avait le sens développé de l’hospitalité.
« On va le garder entonna le chef de famille !».
-Tu crois ? lui a répondu ma mère, penses-tu que nous manquons d’animaux ici ?
-De toute façon il est là, et c’est un superbe représentant de la race canine, non ?
Dans mon for intérieur la peur qui m’avait tenaillé un long moment s’estompa à la vue de ce chien-loup, qui comme par magie avait perdu les allures du tueur sanguinaire décrites dans les livres fantastiques.
Et pour montrer que j’avais quand même un peu de courage, je n’ai pas pu me retenir en lançant cette petite phrase : -Oui !….il est à nous maintenant !».
Cette phrase a t’elle été comprise par l’animal, ou bien est-ce parce qu’il m’avait aperçu en premier? Toujours est-il qu’un élément déclencheur se produisit chez lui et il se donna entièrement à moi !
Dès cet instant sacré mon aventure, notre aventure avec Rolf commença !
On ne connaissait pas son nom de baptême, on ne savait pas à quelles intonations de voix il allait réagir, il devait avoir mon âge ce beau représentant de la race canine aux oreilles droites attentives.
Après de nombreuses essais où des noms de chiens fusèrent, il a fini par redresser sa tête au nom de Rolf.
Il s’est très vite adapté au rythme de la ferme, il nous a montré en reconnaissance tout ce qu’il savait faire.
Tous les jours, fier comme un loup, il nous ramenait sa chasse. C’était une suite de hérissons, de lapins, de macreuses, enfin, tout ce que la faune avait comme représentants il le déposait à nos pieds.
Il y avait là de quoi nourrir la maison en cette période difficile d’après-guerre.
Il ne manquait jamais l’arrivée du car scolaire. Pressé de me revoir il avait toujours plusieurs longueurs d’avance !
Dans un rituel programmé il n’hésitait pas à braver le bras d’eau qui sépare le Lot de l’Aveyron pour venir m’accueillir, c’était vous allez vous en apercevoir un grand champion de natation.
Il avait remarqué que les jeux de la fratrie tournaient autour de formes ovales ou presque rondes qui nous servaient de ballons !
Ces objets de substitution étaient parfois avantageusement remplacés en période de vente de tabac par une balle rebondissante que notre brave père nous ramenait de Cahors.
Le déclic dans sa tête fut prodigieux. Sans qu’on le lui demande, il a prit l’initiative d’aller récupérer pour nous tout ce qui était rond et que la rivière charriait généreusement.
Il avait un sens de la trajectoire très évolué afin de tomber nez à nez avec l’objet convoité.
Dans un premier temps il se mettait aux aguets sur un grand monticule de sable afin de repérer l’objet convoité.
Lorsqu’il l’avait dans sa ligne de mire, il se précipitait vers l’embarcadère, sautait sans une hésitation dans l’eau, longeait la rive où les contre-courants savamment se forment, puis dans une diagonale parfaite dont il avait le secret, il continuait sa nage pour se retrouver face à son trésor !
Il le poussait alors en le dirigeant avec son museau, et ressortait de l’eau aussi vite qu’il y était rentré très satisfait de lui.
Puis dans un dernier geste de satisfaction il déposait sa trouvaille à nos pieds.
Nous étions heureux, en possession d’un nouveau ballon que nous n’avions aucune appréhension à réexpédier dans la rivière, Rolf était un formidable ramasseur de balle !
Il s’est rapidement spécialisé dans le sauvetage de tout ce qui, à ses yeux, semblait utile et il n’hésitait pas à braver les éléments même en période de crue!
Il nous ramena ainsi des gros morceaux de bois pour le chauffage, des barques en perdition enfin tout ce qui permet d’améliorer l’existence des pauvres gens.
Ces cadeaux inespérés n’étaient pas pour déplaire à ma grand-mère Marceline, qui me disait juste après la levée du campement des gitans : « Tu viens, Maurice, on va voir si les romanichels n’ont pas oublié quelque chose !».
Eh bien, croyez-moi ou non, elle trouvait toujours un objet intéressant en me disant : « Tu vois, cela n’a peut-être pas une très grande valeur, mais on ne sait jamais, cela pourra toujours nous servir en cas de guerre !».
Je prenais ces paroles comme du pain béni, ne sachant pas quoi lui répondre !
Rolf était un merveilleux chien de garde, il avait cet instinct ancré en lui ! Que dire du jour où reconnaissant un gitan alors que nous n’étions pas là, il lui a permis de gravir l’escalier jusqu’à la grande terrasse sans montrer d’agressivité, puis il se positionna face à la première marche et refusa qu’il redescende! Ce fut mon père, en rentrant de Figeac qui délivra le manouche terrorisé.
Notre chapardeur a rapporté que chaque fois
qu’il tentait de faire un pas, le chien lui montrait les crocs en grognant.
Un jour où nous étions attablés, un voisin est arrivé en faisant des grimaces derrière la porte.
Rolf sans hésiter est passé à travers un carreau, et c’est un ordre d’arrêt rapide de mon père qui stoppa net son attaque!
Les miracles existent, il n’y eut aucun blessé ce jour-là !
Mon brave chien loup m’avait prouvé que je pouvais rester avec lui à l’intérieur de la maison sans craindre personne lorsque mes parents étaient absents.
Rolf était aussi un redoutable chasseur de rats, sa réserve se trouvait dans le talus où nous jetions les déchets ménagers!
Rassurez-vous en ces temps anciens ils étaient non polluants !
Il s’agissait essentiellement des restes d’épluchures de légumes et autres résidus consommables que les rongeurs éliminaient écologiquement !
Rolf se chargeait donc de la régulation de ces mammifères, utiles finalement !
Il avait une technique infaillible pour les tuer.
Il prenait sa proie dans la gueule et à la manière d’un tennisman quand il frappe sa balle à l’engagement, d’un mouvement de tête puissant, il l’envoyait à une hauteur d’environ deux mètres et il lui cassait la colonne vertébrale quand elle se retrouvait face à son museau !
Cette action de jeu était très rapide, efficace et radicale !
C’était sa façon à lui de donner un coup de patte aux très nombreux chats de la ferme.
Ils feront partie, d’une prochaine histoire.
La vie de Rolf, fut, hélas relativement courte, il se paralysa lentement du train arrière.
La veille de sa mort mon père m’a prévenu que le vétérinaire allait venir le piquer, qu’il était inutile de le laisser souffrir ainsi plus longtemps !
Mon âme d’enfant fut profondément blessée face à cette phrase à l’irrémédiable sentence !
J’allais devoir m’habituer à l’absence de mon meilleur compagnon de vie.
Les larmes aux yeux j’ai fermé la porte de ma chambre pour que Rolf ne puisse pas en ce dernier soir d’existence se coucher au pied de mon lit comme il avait l’habitude de faire tous les soirs.
Ce ne fut pas une bonne idée. Dans un dernier élan d’amour il a réussi à tourner la poignée, et s’est allongé en gémissant une dernière fois près de moi !
J’ai eu, pour la première fois de ma jeune existence, beaucoup de mal à m’endormir !
J’ai pris soudain conscience qu’il allait falloir que je m’habitue à voir partir mes meilleurs amis !
Après une dernière caresse d’adieu ce matin maudit, j’ai repris le chemin de l’école le cœur et la gorge serrés!
Je savais que mon fidèle ami dans la journée allait cesser de vivre, et que son corps allait rejoindre le coin de terre dédié aux nombreux chiens du port de la Madeleine.
Rolf le loup avait un caractère à l’opposé d’Obelix qui allait bientôt naître, son bonheur il le cherchait et le trouvait dans un seul but, celui du bonheur de ses maîtres!
 
La guérite de mon enfance. Récit définitif

Mon père a exercé un temps le dur métier de garde-barrière qu’il jumelait avec le travail à la ferme.
Je l’accompagnais souvent pour lui tenir compagnie et j’ai connu les passages à niveau de la voie ferrée entre la Madeleine et Cajarc.
La nuit de ce récit nous avions posé notre sac à la barrière de Montbrun.
Le métier n’était pas reposant, même si, à la fin des années cinquante les voitures ne roulaient pas pare-chocs contre pare-chocs dans ce secteur rocailleux de la vallée du Lot !
Munis d’une gamelle bien remplie pour l’occasion, réveillon oblige, on passait la nuit dans un minuscule abri très sobre, équipé d’un bureau, d’une chaise et d’un petit poêle à charbon qui n’avait aucun mal à réchauffer l’atmosphère et à la rendre rapidement très agréable.
Il faut savoir que le froid dans nos régions prenait des allures disproportionnées à cette époque en paralysant une grande partie du pays.
Lors du mois de février 1956 les températures ont oscillé entre moins seize et moins vingt huit degrés.
Les plus anciens rapportent que ce phénomène exceptionnel a duré toute la lune du mois!
On vivait dans un monde où l’espace et le temps semblaient s’être définitivement figés.
Le froid glacial dans ce contexte favorisait le passage de quelques bêtes sauvages affamées qui venaient déranger parfois cette apparente quiétude. Ce fut le cas ce soir-là.
S’est fait alors entendre un grand fracas de branches piétinées, de bambous éclatés qui me sortirent rapidement d’une courte mais agréable léthargie.
Mon père toujours en éveil se précipita vers une cachette où se trouvait son vieux fusil pour tenter d’éliminer un de ces inconscients pachydermes !
Les hordes de sangliers de pures souches quercynoise ne manquaient pas dans ce secteur, au point que l’on aurait pu se demander si elles n’appartenaient pas à la compagnie des chemins de fer français !
A ma question : -pourquoi veux-tu tuer ces animaux, papa ? »
Il me répondit :
« Ils risquent de faire dérailler un train, et cela va nous permettre de manger pendant un bon bout de temps ! ».
Cependant ces phacochères gris qui se fondaient dans l’obscurité s’en sortirent sans une seule égratignure !
Les cartouches utilisées pour les empêcher de nuire étaient ce soir-là inappropriées à ce type de gibier!
- Sans chevrotines je ne pouvais rien faire !
Enfin, ce furent les paroles peu convaincantes du médaillé de la Résistance , qui souhaitait sortir la tête haute d’une situation pas très glorieuse pour lui vous en conviendrez avec moi !
Revenons à notre petite guérite et parlons du travail de nuit du veilleur.
Le mot d’ordre pour ces noctambules était de ne jamais s’endormir !
L’exercice était presque surhumain et quelques-uns d’entre eux s’assoupissaient, m’a rapporté un ancien forçat du rail qui alimentait en permanence en boulets
grisâtres les entrailles surchauffées des bêtes noires.
Il n’avait m’a t’il dit, jamais constaté cet état de faiblesse chez mon géniteur!
Ce détail m’est apparu important quand on connaît les conséquences dramatiques qu’une telle faiblesse peut occasionner !
Décidément, mon idole avait des capacités physiques exceptionnelles doublées d’un esprit professionnel exemplaire.
Les horaires des trains de marchandises étaient inscrits sur un petit carnet, et les grands bras à manivelles n’étaient levés que lorsqu’un véhicule se présentait en klaxonnant.
La nuit était donc relativement calme côté route en semaine, et à l’inverse les trains de marchandises tractant des wagons lourdement chargés d’anthracite se succédaient à un rythme infernal.
Les plus imposants convois qui circulaient sur la ligne Translotoise étaient tirés par deux machines à vapeur 141 R !
La longueur des reptiles noirs faits de wagons au-dessus des méandres de la rivière pouvait atteindre 800 mètres pour un poids total roulant supérieur à deux mille deux cents tonnes.
Essayez de vous représenter la force de traction d’une de ces puissantes motrices d’une longueur de 25 mètres avec leur tender, d’un poids de 190 tonnes !
Elle développait une puissance de 2500 kilowatts et sa consommation énergétique moyenne au kilomètre était de 12 kg de charbon enfourné à la pelle par le chauffeur!
Une cuve de 30000 litres d’eau fournissait la vapeur nécessaire à leur avancée!
Ce gigantesque amas déboulait à 80 km à heure face à nous!
Eh bien,vous aurez peut-être du mal à me croire mais mon père muni d’un énorme pétard qu’il fixait sur un rail, était en mesure de stopper cette course effrénée !
Il n’était pas rare en effet qu’un énorme bloc rocheux dans la traversée de Toirac à Cajarc dans un bruit de tonnerre, se détache de la falaise abrupte et vienne finir sa course au milieu des rails.
Grâce à un système ingénieux par câbles reliant toutes les guérites, les veilleurs de nuit engagés dans une épreuve contre le temps se prévenaient et installaient ce dispositif d’arrêt avant que la rame ne se présente toute vapeur dehors.
Parfois les essieux chauffaient au point de devenir rouge écarlate, le garde téléphonait alors au chef de gare de Cajarc ou de Capdenac pour signaler le grave problème.
Cela permettait au passage au veilleur de nuit si vous me permettez l’expression, d’arrondir un peu ses fins de mois.
Une prime était en effet versée par les chemins de fer français pour récompenser cet acte de conscience à la valeur hautement professionnelle.
La nuit me paraissait interminable!
Chaque arrivée d’un train dans un grondement assourdissant provoquait un tremblement de terre de magnitude huit à neuf qui me faisait craindre le pire, mon lit de fortune se trouvait à peine à trois mètres des voies.
Heureusement l’événement cyclique était précédé par le bruit retentissant de l’énorme cloche au pied d’un support de la barrière.
Ripette, le mécanicien à bord de la motrice, ajoutait à cette harmonieuse ambiance un long coup de sifflet strident à la sortie du tunnel.
C’était sa façon à lui de faire savoir à son ami Raymond qu’il était cette nuit-là le chauffeur de la locomotive.
Je rends grâce à Morphée qui me permettait de me rendormir par moment sur le bureau qui faisait office de couche douillette.
J’étais à nouveau lentement bercé par le calme qui revenait et qui contrastait avec le grincement sinistre de cette énorme masse de ferraille que rien ne semblait pouvoir arrêter!
Je me souviens d’avoir aidé mon père à relever les immenses bras qui rendaient la route infranchissable.
Ils étaient munis de manivelles qui me paraissaient tout simplement démesurées.
Inutile de vous dire que j’étais fier de ce formidable exploit !
Ainsi pointait tranquillement le jour, je ne vous cache pas qu’il me tardait de rentrer à la maison pour retrouver enfin mon lit.
J’avais quand même quelques heures de sommeil à rattraper !
Je me suis par contre toujours demandé par rapport à ce métier à la haute responsabilité, si le garde-barrière de Capdenac avait le même salaire que celui de la vallée de la Diège après la mine sur le chemin empierré qui mène à Lieucamp ?
Le premier avait un travail considérable par rapport à l’affluence intense du rail et de la route en direction du centre ville.
L’autre ne voyait passer qu’un tombereau tiré par des bœufs une fois dans un sens, une autre fois dans l’autre, les jours de grand trafic !
 
Version définitive.

Anselme le fossoyeur croque-mort bien connu des gens du pays, et Cyprien notre voisin le mendiant vers la fin des années cinquante.

Ce brave Anselme le fossoyeur fait partie des personnages qui ont marqué de leur empreinte la région qui les a vus naître. Qui ne connaissait pas Anselme? Aussi blanc que la farine du meunier, ou les fidèles clients qu’il transportait jusqu’à leur dernière demeure. Il était d’une maigreur qui ferait pâlir de jalousie tous les mannequins d’aujourd’hui !
Il faut dire qu’il travaillait beaucoup, l’époque que l’on traversait n’était pas avare avec lui, le glas sonnait souvent, un coup signifiait qu’une femme nous avait quitté, deux coups qu’il s’agissait d’un homme.
Notre terrassier muni d’une pelle a passé sa rude vie à faire des trous de toutes les dimensions, contrairement au poinçonneur de la Porte des Lilas.
C’était un brave, comme l’on en rencontre peu, fort en répartie ; d’ailleurs, pour asseoir son statut, il ne manquait pas de mentionner son passage à l’école primaire.
Il se plaisait lorsque mon père croisait sa route funèbre, de lui rappeler qu’il avait bien connu son frère le professeur de lettres et lâchait alors cette phrase forte et sans compromis : «Je suis été à l’école avec ton frère Roger !»
Il ne manquait jamais une occasion de discuter un moment avec le curé du village en le harcelant de : « Putain de moine monsieur le curé!».
Un soir d’été il s’était rendu à Capdenac récupérer un cercueil sur mesure chez le menuisier en prévision de la mort de la pauvre mère Couderc qui avait disait-on dans le coin "perdu la tête!".
Il se doutait bien par rapport à sa grande expérience que le fameux bouillon d’onze heures allait lui être servi prochainement.
C’était un fossoyeur très prévoyant et comme on le dit souvent actuellement, mieux vaut avoir un coup d’avance !
Là, il en avait deux! La dame étant de forte corpulence il avait pris soin de creuser une grande fosse au cimetière !
Elle était fin prête à accueillir la future défunte !
C’était une après-midi où la lourdeur atmosphérique laissait présager une soirée électrique.
Vous savez celle qui vous oblige à marquer un arrêt à tous les troquets que vous trouvez sur votre parcours pour vous désaltérer !
Ce qui devait arriver se arriva ! Alors qu’il était à mi-chemin sur le retour vers le clocher de l’église, il fut confronté à un violent orage qui le plongea en un instant dans un milieu sombre aux ombres lugubres !
Sa vieille jument grise Coquette connaissait la côte de Roquefort sur le bout de ses sabots, des déluges elle en avait essuyés bien d’autres et sûrement des pires!
Au fil des années, elle avait fini par enregistrer les habitudes d’Anselme et, rapporte t-on au pays, elle s’arrêtait en face de tous les bistrots de la région sans que son maître éprouve l’utilité de lui en donner l’ordre.
Patiente comme les morts qu’elle transportait elle attendait que son cocher se soit bien désaltéré.
Brave dans l’âme, notre croque-mort avait toujours dans la réserve de la charrette un seau d’eau pour sa Coquette monture.
Il n’y avait pas à se préoccuper du taux d’alcoolémie à l’époque ni de la vitesse excessive, l’attelage pouvait ainsi lanterner sereinement, même si son conducteur était ivre mort.
Mais revenons là où nous avions laissé Anselme ! Quand on fait face aux éléments qui se déchaînent, il faut réagir vite, surtout sous une pluie battante éclairée seulement par les flèches que lançait le diable !
Il décida de profiter d’un abri providentiel et se glissa dans le cercueil.
Il ne tarda pas à s’endormir la journée avait été arrosée elle aussi, comme je viens de vous l’expliquer !
Ce convoi exceptionnel s’il en est continuait sa route sereinement malgré les éléments quand soudain une salve de coups de klaxons à réveiller un mort couvrit le grondement du tonnerre !
Notre homme sursauta dans la boîte se cognant au passage au couvercle qu’il soulevait d’une main tout en se frottant la tête de l’autre, hurlant sa douleur au grand air, blanc comme un linceul !
Nos automobilistes voyant ce cadavre fantomatique ébloui par les phares de leur voiture se ranimer sous leurs yeux, furent pris d’une frayeur soudaine et après un demi-tour digne des meilleurs films d’action hollywoodiens prirent la fuite !
Anselme, lui, n’a jamais su expliquer le comportement bizarre et surtout indigne de ces personnes étrangères à la région en manque total d’éducation.
Ce brave courageux est mort au cimetière du Mas du Noyer occupé à creuser une fosse pour son prochain client.
Le jour de son enterrement tout le village suivit le corbillard tiré par la brave Coquette , et rien ne semblait avoir changé !
Anselme était derrière et elle, devant !
Un deuxième pauvre gravitait dans la région il connaissait les lieux comme sa poche trouée, couvert de haillons. Je ne lui ai jamais connu une autre tenue, il la portait même pour les obsèques de sa pauvre femme "la Virgile".
Il vivait de misère avec son amour dans une vielle bâtisse au fond d’une grange, où seul un morceau de toit qu’il entretenait annuellement les abritait des intempéries.
Cyprien passait régulièrement nous proposer des escargots, des châtaignes, et un tubercule prisé par les riches aujourd’hui, que l’on nomme la truffe.
Bien que presque aveugle, Il n’avait pas son pareil pour trouver l’or noir du Quercy ce pauvre hère!
Nous étions ses amis il venait à la maison pour troquer sa marchandise, et il repartait avec quelques sous après avoir partagé une bonne soupe campagnarde.
Ma grand-mère mère qui était une excellente cuisinière l’invitait souvent à déguster des mets dont elle avait le secret. Au menu elle servait des plats régionaux, escargots à l’oseille, truffes fraîchement cueillies.
Tiens, à ce propos voici une recette très facile à réaliser je vous en dévoile aujourd’hui les ingrédients. Elle était d’ailleurs mentionnée dans un ancien livre de cuisine du début du siècle dernier !
Vous prenez un kilogramme de truffes du Quercy, vous les coupez en très fines tranches, vous assaisonnez légèrement avec de l’huile du vinaigre et une pincée de poivre, vous dégustez, c’est excellent !
Ainsi les pauvres d’avant pouvaient-ils se régaler avec des assiettes aujourd’hui réservées aux riches. Un kilogramme de truffes se négocie actuellement sur le marcher de Lalbenque entre huit cents et mille deux cents euros.
Revenons à notre brave homme. Un jour les pompiers sont venus le prévenir d’un drame qui venait de se produire au passage à niveau de la Madeleine.
Sa pauvre aimée la Virgile sourde comme un pot avait été la malheureuse victime d’une satanée bête noire et ce jour-là pourtant un train n’en cachait pas un autre !
Notre brave Cyprien en devinant les restes éparpillés de sa chère épouse a eu cette phrase mémorable qui en disait long sur leur vie amoureuse !…En patois traduit....
« Milladiou…Aqueste cop ela comprès »!.
« Ce coup ci elle a compris !»
 
Version définitive.

Elle sera en bonne place dans le livre !
Une héroïne de la résistance, ma maman.

12 mai 1944 elle sauve deux enfants de la rafle SS à Figeac.

Hommage à une femme au courage et au dévouement exceptionnels, ma mère et à travers elle, à toutes les malheureuses victimes de la terrible rafle du 12 mai 1944 à Figeac.
Ils ont quitté notre ville le cœur lacéré par la douleur, laissant derrière eux une partie de leur famille. La plupart de ces braves gens innocents ne reviendront jamais des camps de la mort !
J’ai déjà eu l’occasion de vous parler d’une personne exceptionnelle, mais je tenais à vous la présenter dans un hommage poignant, celui qui est animé par le cœur d’un fils à la reconnaissance éternelle.
Vous savez à quel point un enfant peut éprouver de la fierté quand il parle de celle qui est à l’origine de sa vie.
Nous savons tous que ce lien est indéfectible. Au-delà de sa propre existence elle restera le symbole de notre vie, celui qui nous obligera à une montée de larmes chaque fois que nous penserons à elle.
Son mérite a toujours été grand n’est-ce pas ?
Il a débuté lors de sa souffrance lorsqu’elle nous a mis au monde, cette délivrance amoureuse à elle seule doit nous combler d’admiration.
Ont suivi les nuits d’insomnie de cette merveilleuse femme sensible à tous nos gestes et maux nocturnes, tous ses sens étaient alors en éveil, et cela à l’heure où le silence enveloppe de son aile duveteuse naturellement la nuit.
Ma maman était comme la vôtre sûrement, à un point que l’on peut se demander si l’on n’a pas tous eu la même !
Des biberons aux changes, du lavage du linge
aux succulents gâteaux, en passant par l’attente obligée au pied du portail à la sortie des écoles elle a toujours été présente !
Une patience infinie habite nos mamans d’une abnégation surprenante.
Les mères naviguent dans un univers qui peut à nos yeux paraître étrange, voire surprenant.
On peut à tout instant se poser une question : mais comment font-elles pour arriver à gérer des journées aussi prenantes, pour ne pas dire surprenantes ?
Épuisées elles le sont très certainement , mais elles n’en laissent rien paraître ; de l’aube au crépuscule, elles restent identiques à leur image pour notre plus grand bonheur !
Par amour, elles se vouent avec toute la force de leur tendresse à leur mission sur terre, elles sont là pour nous donner l’exemple, en chef de famille elles s’imposent. N’en déplaise aux pères, les reines de la maison sont bien nos mères !
La mienne a été grandiose dans une destinée rendue très pénible. Née en 1919 juste après la terrible guerre de 14-18 elle a eu à souffrir de l’après-guerre où la vie reprend péniblement son souffle, où tout a un air de misère.
Comme les malheurs succèdent aux malheurs sur notre étrange planète, une deuxième folie secoua l’humanité à peine vingt ans plus tard !
Quelle ironie du sort pousse à souffler sur des bougies le jour de ses vingt ans, alors que le monde s’embrase à nouveau pour six ans.
C’est durant cette période que l’infirmière de la Croix-Rouge Simone, de l’hôpital de Figeac, allait devenir un des phares de notre région en faisant preuve d’un grand dévouement doublé d’un courage exceptionnel !
Elle aurait refusé toute distinction, on ne lui en a jamais proposé une !
Dans la région de Figeac la résistance féminine était bien présente, croyez-moi, en ce tragique jour du 12 mai 1944.
Cette date est profondément ancrée dans ma mémoire, comme dans celle de tous les habitants de mon pays !
Ma mère, depuis une fenêtre de l’hôpital, assistait impuissante au rassemblement des futurs déportés, vous savez, ces braves innocents que les SS de la Das Reich appelaient "les Terroristes !" pour justifier leur mission sordide !
C’est à cet instant précis qu’elle a reconnu deux enfants âgés de dix-huit ans.
N’écoutant que son courage, dans un élan qu’elle-même a toujours eu du mal à expliquer, elle a quitté son poste pour voler à leur secours.
Dans la cour de l’école où les malheureux avaient été conduits mains sur la tête, elle a désigné les deux collégiens en s’adressant à un soldat de la division SS, et lui a dit : «ces deux enfants n’ont pas à être là, ils n’ont pas seize ans ».
La réponse du militaire a été immédiate, il lui a asséné deux coups de crosse en pleine poitrine.
Un officier a entendu ses cris de douleur, il s’est approché d’elle et dans un français parfait lui a posé cette question : « Que voulez-vous ?»
Elle lui a simplement répété qu’elle connaissait bien ces jeunes écoliers, qu’ils étaient en classe de troisième et qu’ils n’avaient absolument pas à être dans cette cour.
L’officier ordonna sur-le-champ sans autres explication qu’on les libère.
L’a t-il fait pour bien montrer à ses hommes qu’il s’imposait en chef ?
Ma mère était coiffée de sa toque aux couleurs de la Croix-Rouge, ce qui peut-être a joué un rôle déterminant dans l’ordre du gradé.
Toutefois, il aurait demandé une vérification d’ identité, il y a fort à penser que la sanction pour mensonge lui aurait été fatale !
Une balle dans la tête l’attendait !...Cette division n’avait pas pour habitude de faire dans le sentiment !
L’histoire nous l’apprend !...Les 99 pendus de la ville de Tulle, et la tragédie d’Oradour-sur-Glane qui a suivi, en sont l'horrible et sanglante preuve !
Alors, je sais bien que j’ai pour habitude de raconter ce fait élogieux mais peut-on me reprocher d’être fier de ma mère, elle qui à plusieurs reprises s’est exposée aux balles SS pendant cet horrible conflit ?
Il lui en a fallu aussi du sang-froid, le jour où, alors qu’elle se rendait à son travail à l’hôpital depuis sa maison à Bagnac, elle entendit au loin mûrir des tirs soutenus !
Il s’agissait de la division du colonel De Wilde, célèbre pour ses exactions en Russie.
Au vert à Montauban elle s’était spécialisée dans la recherche et l’extermination des maquisards.
Leur emblème était une faux mise en évidence à l’avant de leurs terribles engins de guerre !
Ce corps d’élite allemand fut à l’origine de la tuerie de Gelles bien connue des habitants du pays.
Ils avançaient vers elle et tiraient sans distinction sur toutes les personnes qui essayaient de fuir !
Imaginez un peu un défilé d’engins blindés ennemis de plus d’un kilomètre venant à votre rencontre !
Elle aurait sûrement eu le temps de se cacher, eh bien non, droite sur sa bicyclette, elle croisa cette immense colonne !
Les guerriers SS surpris par son audace, la saluèrent bras tendus en la gratifiant de larges sourires.
Elle était pourtant apeurée, m’a-t’elle raconté attendant à tout moment le coup de feu qui lui aurait été fatal !
Il en faut croyez-moi du cran pour résister à la peur, pour oser ne pas fuir !
Évidemment on peut tous ici être fiers de nos mères. Si j’ai pris la plume pour glorifier la mienne, c’est aussi pour vous dire qu’elle est partie comme elle a toujours vécue, modeste dans ses pantoufles fourrées souvent trouées, sans avoir jamais rien demandé pour elle,
en ayant pour seule pensée le bien des autres.
Quand je vois des sportifs aujourd’hui recevoir des mains du Président de la République la légion d’honneur, je me dis que toutes nos mamans mériteraient pour leur courage et leur sacrifice journalier d’arborer fièrement cette reconnaissance de la nation.
D’ailleurs je ne peux pas en croiser une, sans avoir cette pensée admirative en tête !
La patrie a reconnu l’engagement sans limite de quelques unes d’entre-elles, malheureusement, elles sont légion celles qui n’ont pas eu droit à ce vibrant hommage, mais peu importe, elles sont restées ainsi fidèles à l’image de femmes brillantes dans l’ombre des hommes.
 
Version définitive.

Elle sera en bonne place dans le livre !
Une héroïne de la résistance, ma maman.

12 mai 1944 elle sauve deux enfants de la rafle SS à Figeac.

Hommage à une femme au courage et au dévouement exceptionnels, ma mère et à travers elle, à toutes les malheureuses victimes de la terrible rafle du 12 mai 1944 à Figeac.
Ils ont quitté notre ville le cœur lacéré par la douleur, laissant derrière eux une partie de leur famille. La plupart de ces braves gens innocents ne reviendront jamais des camps de la mort !
J’ai déjà eu l’occasion de vous parler d’une personne exceptionnelle, mais je tenais à vous la présenter dans un hommage poignant, celui qui est animé par le cœur d’un fils à la reconnaissance éternelle.
Vous savez à quel point un enfant peut éprouver de la fierté quand il parle de celle qui est à l’origine de sa vie.
Nous savons tous que ce lien est indéfectible. Au-delà de sa propre existence elle restera le symbole de notre vie, celui qui nous obligera à une montée de larmes chaque fois que nous penserons à elle.
Son mérite a toujours été grand n’est-ce pas ?
Il a débuté lors de sa souffrance lorsqu’elle nous a mis au monde, cette délivrance amoureuse à elle seule doit nous combler d’admiration.
Ont suivi les nuits d’insomnie de cette merveilleuse femme sensible à tous nos gestes et maux nocturnes, tous ses sens étaient alors en éveil, et cela à l’heure où le silence enveloppe de son aile duveteuse naturellement la nuit.
Ma maman était comme la vôtre sûrement, à un point que l’on peut se demander si l’on n’a pas tous eu la même !
Des biberons aux changes, du lavage du linge
aux succulents gâteaux, en passant par l’attente obligée au pied du portail à la sortie des écoles elle a toujours été présente !
Une patience infinie habite nos mamans d’une abnégation surprenante.
Les mères naviguent dans un univers qui peut à nos yeux paraître étrange, voire surprenant.
On peut à tout instant se poser une question : mais comment font-elles pour arriver à gérer des journées aussi prenantes, pour ne pas dire surprenantes ?
Épuisées elles le sont très certainement , mais elles n’en laissent rien paraître ; de l’aube au crépuscule, elles restent identiques à leur image pour notre plus grand bonheur !
Par amour, elles se vouent avec toute la force de leur tendresse à leur mission sur terre, elles sont là pour nous donner l’exemple, en chef de famille elles s’imposent. N’en déplaise aux pères, les reines de la maison sont bien nos mères !
La mienne a été grandiose dans une destinée rendue très pénible. Née en 1919 juste après la terrible guerre de 14-18 elle a eu à souffrir de l’après-guerre où la vie reprend péniblement son souffle, où tout a un air de misère.
Comme les malheurs succèdent aux malheurs sur notre étrange planète, une deuxième folie secoua l’humanité à peine vingt ans plus tard !
Quelle ironie du sort pousse à souffler sur des bougies le jour de ses vingt ans, alors que le monde s’embrase à nouveau pour six ans.
C’est durant cette période que l’infirmière de la Croix-Rouge Simone, de l’hôpital de Figeac, allait devenir un des phares de notre région en faisant preuve d’un grand dévouement doublé d’un courage exceptionnel !
Elle aurait refusé toute distinction, on ne lui en a jamais proposé une !
Dans la région de Figeac la résistance féminine était bien présente, croyez-moi, en ce tragique jour du 12 mai 1944.
Cette date est profondément ancrée dans ma mémoire, comme dans celle de tous les habitants de mon pays !
Ma mère, depuis une fenêtre de l’hôpital, assistait impuissante au rassemblement des futurs déportés, vous savez, ces braves innocents que les SS de la Das Reich appelaient "les Terroristes !" pour justifier leur mission sordide !
C’est à cet instant précis qu’elle a reconnu deux enfants âgés de dix-huit ans.
N’écoutant que son courage, dans un élan qu’elle-même a toujours eu du mal à expliquer, elle a quitté son poste pour voler à leur secours.
Dans la cour de l’école où les malheureux avaient été conduits mains sur la tête, elle a désigné les deux collégiens en s’adressant à un soldat de la division SS, et lui a dit : «ces deux enfants n’ont pas à être là, ils n’ont pas seize ans ».
La réponse du militaire a été immédiate, il lui a asséné deux coups de crosse en pleine poitrine.
Un officier a entendu ses cris de douleur, il s’est approché d’elle et dans un français parfait lui a posé cette question : « Que voulez-vous ?»
Elle lui a simplement répété qu’elle connaissait bien ces jeunes écoliers, qu’ils étaient en classe de troisième et qu’ils n’avaient absolument pas à être dans cette cour.
L’officier ordonna sur-le-champ sans autres explication qu’on les libère.
L’a t-il fait pour bien montrer à ses hommes qu’il s’imposait en chef ?
Ma mère était coiffée de sa toque aux couleurs de la Croix-Rouge, ce qui peut-être a joué un rôle déterminant dans l’ordre du gradé.
Toutefois, il aurait demandé une vérification d’ identité, il y a fort à penser que la sanction pour mensonge lui aurait été fatale !
Une balle dans la tête l’attendait !...Cette division n’avait pas pour habitude de faire dans le sentiment !
L’histoire nous l’apprend !...Les 99 pendus de la ville de Tulle, et la tragédie d’Oradour-sur-Glane qui a suivi, en sont l'horrible et sanglante preuve !
Alors, je sais bien que j’ai pour habitude de raconter ce fait élogieux mais peut-on me reprocher d’être fier de ma mère, elle qui à plusieurs reprises s’est exposée aux balles SS pendant cet horrible conflit ?
Il lui en a fallu aussi du sang-froid, le jour où, alors qu’elle se rendait à son travail à l’hôpital depuis sa maison à Bagnac, elle entendit au loin mûrir des tirs soutenus !
Il s’agissait de la division du colonel De Wilde, célèbre pour ses exactions en Russie.
Au vert à Montauban elle s’était spécialisée dans la recherche et l’extermination des maquisards.
Leur emblème était une faux mise en évidence à l’avant de leurs terribles engins de guerre !
Ce corps d’élite allemand fut à l’origine de la tuerie de Gelles bien connue des habitants du pays.
Ils avançaient vers elle et tiraient sans distinction sur toutes les personnes qui essayaient de fuir !
Imaginez un peu un défilé d’engins blindés ennemis de plus d’un kilomètre venant à votre rencontre !
Elle aurait sûrement eu le temps de se cacher, eh bien non, droite sur sa bicyclette, elle croisa cette immense colonne !
Les guerriers SS surpris par son audace, la saluèrent bras tendus en la gratifiant de larges sourires.
Elle était pourtant apeurée, m’a-t’elle raconté attendant à tout moment le coup de feu qui lui aurait été fatal !
Il en faut croyez-moi du cran pour résister à la peur, pour oser ne pas fuir !
Évidemment on peut tous ici être fiers de nos mères. Si j’ai pris la plume pour glorifier la mienne, c’est aussi pour vous dire qu’elle est partie comme elle a toujours vécue, modeste dans ses pantoufles fourrées souvent trouées, sans avoir jamais rien demandé pour elle,
en ayant pour seule pensée le bien des autres.
Quand je vois des sportifs aujourd’hui recevoir des mains du Président de la République la légion d’honneur, je me dis que toutes nos mamans mériteraient pour leur courage et leur sacrifice journalier d’arborer fièrement cette reconnaissance de la nation.
D’ailleurs je ne peux pas en croiser une, sans avoir cette pensée admirative en tête !
La patrie a reconnu l’engagement sans limite de quelques unes d’entre-elles, malheureusement, elles sont légion celles qui n’ont pas eu droit à ce vibrant hommage, mais peu importe, elles sont restées ainsi fidèles à l’image de femmes brillantes dans l’ombre des hommes.
 
Louise Boyer, fut un long moment ma grand-mère adoptive.

J’ai bien connu la mère de l’illustre acteur figeacois Charles Boyer, au début des années soixante, elle occupait la chambre numéro 23 de la clinique Font Redonde. J’allais régulièrement lui rendre visite, et j’ai eu la chance de voir de nombreux films à ses côtés où son fils Charles bien entendu tenait le rôle principal. Je l’entends encore me dire de sa voix douce : «Maurice c’est Charles mon enfant, tu vois comme il est beau?»
Je lui répondais par l’affirmative, mais je remarquais surtout les belles actrices qui gravitaient autour de lui!
Elle commentait les images, et semblait connaître tous les scénarios par cœur!
Le carré blanc, était à cette époque de rigueur mais j’étais sous sa tutelle, et les sœurs n’avaient aucun reproche à me faire!
Avec ces dernières, je n’avais pas tout à fait les mêmes goûts cinématographiques.
Mon héros était un chien du nom de Rintintin, Louise n’avait d’yeux que pour les productions
romantiques où son enfant captait tous les regards.
Elle ne m’en voulait pas pour autant, je frappais souvent à sa porte, elle avait toujours un bonbon ou un gâteau à m’offrir, et elle me disait en partant : «Maurice promets-moi de revenir me voir demain!»
Combien de fois, pour me montrer digne de sa gentillesse, j’ai entonné une chanson yéyé de Sylvie Vartan, Sheila, ou encore de Johnny Hallyday! J’étais sans aucun doute à ses yeux, moi aussi un acteur!
Elle me souriait, et les jours de grand spectacle je lui récitais quelques vers de la Fontaine.
Elle paraissait très âgée, mais avait une fraîcheur d’âme surprenante, elle est morte si je me souviens bien en 1966.
Son fils Charles lui avait trouvé cette maison de retraite à Figeac où elle a eu une fin d’existence heureuse, du moins c’était l’impression qu’elle me donnait.
Une vraie grande dame, qui m’avait en quelque sorte adopté, et aimé j’en suis convaincu comme son petit fils, l’espace d’un long moment.
 
Que dire du père temps?

Le père temps.

Jeunes gens, las de tromper les heures, votre imagination qui ne chôme pas dévore les plaisirs et votre cœur maudit tous les délais.

Peignons le dieu, qui retarde les vacances, sous une triste figure, par sa faute la joie s’envole aussi vite qu’elle fut longue à naitre.

Nos lointains aïeux ont réussi ce farouche portrait avec un sens moral très délié joint au pittoresque le plus dramatique.

Une divinité solaire de la Gaule chevelue portait barbe d’azur, couleur du ciel qu’elle parcourait ; tous les matins en se levant elle mettait fin à l’aurore.

Mais le père temps allait trop vite au gré des uns ; trop lentement au gré des autres. Pour beaucoup de malheureux, Il ajournait toujours le bonheur ou le refusait.

Cet auguste vieillard ne gardera plus qu’un attribut d’autrefois qui est dans le monde des légendes familières aux petits garçons et aux petites filles la Barbe-bleue de l’ogre.

Il nous tient maintenant, il nous rappellera en octobre, après avoir tué un à un tous les beaux jours.
 
Hommage à mon père et à travers lui à tous les résistants de France

Comme je l’ai fait pour ma mère, je tiens également à rendre hommage à mon père.
Le devoir de mémoire est, il me semble, aujourd’hui encore plus qu’hier, une exigence.
Et il me paraît important de rappeler que, si nous vivons en paix, c’est en grande partie grâce à des hommes qui n’ont pas hésité à défendre leur Patrie sans qu’on leur en ait intimé l’ordre. Ils l’ont fait avec une grosse dose de courage doublée d’une abnégation sans limites.
Raymond était son prénom et son nom de code de résistant.
C’est dès la fin de l’année 1942 qu’il rejoint les rangs d’un petit groupe de maquisards dans la région de Latronquière, plus précisément à Terrou, village brûlé par les Allemands. Il devient "Chef de Roulage" en d’autres termes il est responsable du ravitaillement indispensable au maquis, vous vous en doutez.
Il participe, à Capdenac-Gare, au sabotage du dépôt de la gare et des machines à vapeur, afin d’empêcher l’ennemi d’utiliser ces matériels à des fins militaires à l’approche du débarquement en Normandie.
Il fallait beaucoup de courage à ces jeunes, certains n’étaient âgés que de 18 ans pour mener ce combat journalier contre l’envahisseur.
En effet, on doit se souvenir, comme l’a fait fort justement l’association des réfractaires et maquisards de France qui lui décerna la médaille de la Résistance que Raymond, je cite, « a risqué les sanctions les plus graves : amandes, emprisonnement, peine de mort, pour avoir aidé, ravitaillé, hébergé des réfractaires au STO ou personnes recherchées»
Participer à un combat et être fait prisonnier n’avait d’autres issue que d’être fusillé sur le champ.
"Les terroristes" comme les appelaient les SS , n’avaient aucune chance d’échapper à la mort!
Les nombreuses stèles qui fleurissent notre région sont là pour rappeler au passant que des enfants courageux sont tombés sous les balles de l’armée allemande.
Mon père était un ami de René Andrieu, connu dans notre région pour son rôle de responsable dans la Résistance Lotoise, et plus tard, comme Directeur du journal l’humanité.
Ils avaient pour habitude de se retrouver chaque année autour d’un bon repas, ils se remémoraient à cette occasion les moments glorieux et parfois tragiques de ces temps tourmentés.
Peut-être que certaines personnes penseront qu’il est ringard de rappeler ces faits. Je suis de ceux qui pensent le contraire, au moment où dans certains milieux on remet en cause l’histoire et où la guerre rugit à nouveau à nos portes !
Les jeunes générations doivent saisir que des hommes humbles ont défendu le territoire pour une cause juste et la liberté de tous.
Mon père fut de ceux là ! Et il mérite bien ces quelques lignes ! non ?
En conclusion à ces louanges, j’ajouterai que je suis fier de lui, il m’a appris à respecter les gens. Il percevait le vieux fusil de la maison comme une arme salvatrice résolument tournée vers l’autodéfense.
Ce n’est sûrement pas pour rien qu’il se plaisait à me répéter : « Tu vois, Maurice, c’est grâce à cette arme que j’ai pu partir dans un premier temps combattre l’envahisseur en 1943 ; il te faut la voir comme une amie, elle est très importante à mes yeux, elle doit l’être aux tiens ! Elle te permettra peut-être un jour, comme je l’ai fait, d’aider à repousser des tyrans assoiffés de sang et d’orgueil hors de nos frontières »
Ne dit-on pas justement que l’histoire a la fâcheuse habitude de se répéter ?
Face aux paroles du sage, j’étais très attentif ! Elles m’ont permis rappelez-vous, de sauver ma grand-mère maternelle d’un assaut nocturne malveillant !
Que la paix élève son esprit et le votre vers les justes causes!
Merci, cher papa !
 
A travailler!

Une histoire vraie, bien de chez nous, racontée des milliers de fois dans nos vieilles demeures autour de la cheminée.

Il s’agit de celle de Bergon, sa pauvre mère était née comme lui, dans la maison troglodyte de la Châtaigneraie, vous savez celle qui surplombe gracieusement la plaine de la vallée du Lot, un abri providentiel doté d’une vue imprenable, creusé par l’érosion dans la roche dure au fil des millénaires. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas cet endroit providentiel je mettrai quelques vues de ce lieu magique qui, il y a quelques années a été restauré pour le rendre encore beaucoup plus confortable !

Les très pauvres du pays avaient pris l’habitude de s’installer à l’abri des quatre vents sous ce rocher, enfin je devrais vous dire des deux vents, celui du nord et de l’Est que leur avait offert gracieusement la main du seigneur , et lorsque l’on arrive au monde fauché comme les blés de la plaine, on ne refuse jamais l’aubaine, surtout si par miracle elle devient divine!

Inculte de mère en enfant, notre brave bougre eut l’idée d’entreprendre une carrière de maquignon, c’était un honnête homme en haillons, il avait toujours eu une passion incroyable pour cette espèce à quatre pattes aux grandes oreilles, il prit tout son temps pour acheter son premier "Carreton" puis il arpenta tous les chemins carrossables pour se rendre aux foires de notre belle région! Il ne fit pas fortune pour autant car force était de constater qu’il enterrait plus d’ânes qu’il n’en vendait, quand on commence une activité aussi délicate avec ce type de marchandise à quatre pattes sans un sous ou presque, on nous voit arriver de loin vous en doutez, les plus vieilles carnes aux grandes oreilles celles qui coûtent le moins cher finissent entre nos bras, et on finit inévitablement par se ruiner, ah!…ah!…quand la pauvreté vous colle à la peau! Cela vous en conviendrez avec moi après réflexion, n’a rien à voir dans le fait que les maquignons vous ont pris pour un âne, et cela même s’ils vous ont vu arrivé de très loin!

Tiens, à ce sujet je vais vous raconter une petite histoire rapportée dans sa version intégrale et originale par les gens de notre pays, et répétée comme un sacerdoce lors des longues soirées d’hiver près de la cheminée un récit bien mijoté dans l’âtre qui campe bien ce personnage hors du commun fort en répartie, loin d’être stupide, enfin pas à l’image de l’animal qu’il adorait!
Quoique d’après une étude récente l’âne ferait parti des cinq animaux les plus intelligents, ce n’est pas pour rien qu’il ne veut pas avancer quand on lui demande de travailler!
Et entre nous cela me permet de vous dire que pour moi qui ai eu le privilège de porter un bonnet d’âne le jour de la fête des écoles au Mas du Noyer , cette nouvelle m’a quand même quelques peu rassuré!
Mais, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos ânes, ce grand jour de la foire de Figeac du 15 novembre 195?.
Un soir qu’il rentrait de cette immense rassemblement d’ânons, et qu’il avait acheté sûrement le plus vieil âne à un prix à couper le souffle, voilà qu’au beau milieu de la côte de Faycelles à hauteur de la propriété de la famille Gary qu’il s’aperçoit que la pauvre bête est à court de respiration et n’est plus du tout en état de tirer la charrette , n’écoutant que son cœur grand comme la colline qui l’a vu naître, il décide sur le champ de prendre sa place au milieu des brancards, et attache l’animal à l’arrière de ce drôle et déroutant attelage.
Après tout n’avait-il pas fait l’aller dès l’aube jusqu’à la foire?…Ne me demandez pas comment il avait réussi à hisser la charrette jusqu’à la place du foirail.
Vous avez sûrement remarqué que lorsque l’on se trouve dans une position souvent aussi périlleuse que délicate, surgissent comme par miracle des personnages que l’on ne souhaite pas forcément rencontrer, en l’occurrence ce fut les tant redoutés gendarmes du tour de ville de Cajarc !
C’était les bêtes noires du secteur, en dehors bien sur des locomotives à vapeur, des gens de la commune, réputés pour la dureté de leurs contreventions, beaucoup plus intransigeants que ceux de Figeac, qui par pitié n’ont absolument pas l’habitude de verbaliser les pauvres gens de leur propre canton, eh oui, à cette belle époque il régnait au pays une certaine morale, qui de nos jours vous en conviendrez à nouveau avec moi, a totalement disparu!
Bien entendu, cette tradition ancestrale, paraissait logique à tous, et ces règles déontologiques s’appliquaient partout en France. Punaise, il n’aurait plus manqué que cela! Quoi ? Que les agents qui font régner l’ordre nous alignent sans état d’âne, non d’âme près de chez nous, l’inacceptable n’avait donc aucune raison d’être!
Mais reprenons notre vraie histoire où nous l’avions laissée.
Les pandores, s’approchent de l’étrange et surprenant attelage démuni de sa lanterne obligatoire, il n’y a sans aucun doute effraction au code de la route, il faudrait être un âne pour ne pas s’en apercevoir!
D’une voix bien particulière, propre à leur corporation dans le sud ouest, ils interpellent notre sonneur de cloche. ah oui! J’ai oublié de vous dire que Bergon a plusieurs métiers de pauvre, IMG_3514.png qu’il cumule intelligemment, et pour l’occasion c’est lui qui se les fait sonner, on lui rappelle le règlement en long en large et en travers si je peux m’exprimer ainsi, pour avoir une bonne conduite, et sans se décontenancer le moins du monde, notre marchand d’ânes leur réplique aussitôt :
«Au lieu de vous acharner sur moi, demandez donc des explications au propriétaire de cet inquiétant attelage attaché derrière au bout d’une corde! Ne voyez-vous pas, que je suis l’âne entre les brancards qui tire ce carreton!»
Et les gendarmes s’esclaffèrent et rentrèrent dans leur poche le carnet des procès-verbaux.IMG_3514.png
 
Dernière édition:
Nudisme à Figeac l’actrice Pat Patterson s’expose!

Voici une petite anecdote que je tiens de mon cousin de Figeac, aujourd’hui âgé de 93 ans.
Lorsque Charles Boyer et Pat venaient en vacances à au pays pour saluer la famille, tous les habitants du grand Figeac étaient avertis longtemps en avance de l’événement.
La famille Boyer avait un jardin attenant à la maison, où se trouve aujourd’hui la banque Populaire.
Un très haut mur d’enceinte presque infranchissable l’entourait.
C’est donc l’esprit tranquille, que la belle épouse de Charles, allongée sur une chaise longue face au soleil prenait son bain de soleil quotidien.
Cela pourrait paraître très naturel de nos jours, mais cette grande dame faisait parfois du nu intégral.
Évidemment, elle pensait être à l’abri des regards indiscrets!
Il n’en était rien, une maison près de la poste actuelle, avait une ouverture suffisamment dégagée pour permettre de lorgner vers la ravissante créature.
Je peux dire sans me tromper, que Pat Patterson, fut la première figeacoise à s’être adonnée au nudisme dans notre chère ville.
Bien sûr cette courte anecdote est véridique, sinon elle n’aurait aucun intérêt.
Évidemment, je tairai les noms des personnes qui à l’époque ont vécu cet enchantement passager…sourires
Comme dans la chanson de Brassens : quand Maugaux dégrafait son corsage, pour donner la gougoutte à son chat, tous les gars du village étaient là…La!…là…là…là…là…là…

Je joins une photographie de l’actrice Pat habillée!...
…non, mais!
Bon, pardonnez-moi cette indiscrétion , mais aujourd’hui il y a prescription, et j’ai bien connu Louise la belle mère de IMG_3517.pngIMG_3516.pngPat!

 
Je me rappelai que dans ton pays les gendarmes s'esclaffent et rentrent dans leur poche à verbaliser le carnet de PV, mais pas la châtaigneraie
j'attends les photos

Tendre soirée mon Arthur
merci chère Paule, oui! Il ne manquait pas de châtaigneraies dans ma région.
Bonne soirée, aujourd’hui j’ai récupéré vu mon grand âge, les sorties de plus de quatre heures en VTT me fatiguent maintenant!
Je t’embrasse
Momo
 
Momo est revenu UH ! HU ! Sans se presser HÉ HÉ..,,

Il y a un petit air de Paul Newman et de Robert Redford…..un mélange des deux …..j’en entends qui disent…il y a aussi du Dalida…..n’importe quoi….IMG_3545.jpegIMG_3547.png
 
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Poète face à sa table bancale

Résigné au jeûne, aux engelures et à l'abstinence, de la soupe le matin, à midi et le soir, penché au-dessus de ma table bancale, les yeux rivés sur mon encrier, les doigts gelés, je médite en silence. Au-dessus de moi, des pas légers en équilibre sur les poutres pianotent gaiement! La porte lézardée favorise une bise aigre venue des ténèbres qui s’engouffre en silence. Ma plume d’oie agite son aile rythmée au diapason d’un son qui me glace le sang. Un moment désœuvré, je m’apprête à œuvrer face au vieux bougeoir où vacille, langoureuse, une flamme fragile. Sa douce lueur éclaire d’ombres folles mes anciens élans aux airs poétiques. Un verre d’absinthe à la main, mon seul réconfort dans cet antre d’inconfort, je m’enivre. Ma muse s’approche, je l’entends, elle vient, j’en use, j’en abuse jusqu’au matin naissant, je flirte avec l’art aux pleins et aux déliés encrés d’idées divines.

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21 ans vainqueur des boucles de la Cère distance 169 km moyenne 38,7 km/heure dénivelé 3300 mètres positif…poids du vélo
10kg 300
Surnom dans le peloton : le playboy! Hi…non je ne plaisante pas pour une fois!IMG_3593.png
 
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Rencontre du troisième type!

Aux premiers souffles de l’aube, à l’heure où la faune fuit vers les sous-bois, sur le chemin caillouteux de la promenade où l’air s’est chargé d’élans aux odeurs pastorales et où le ciel s’étend en reflets envoûtants, je marchais quand, subitement, ma fidèle chienne, au détour d’un sentier, marqua un temps d’arrêt: face à nous, droite comme le mât d’un navire échoué, une silhouette, cheveux tendus sous une voile aux quatre vents, me lança... « Ici, le temps a suspendu son vol, il n’y a plus d’heures propices !» Puis, aussi rapidement qu’elle nous était apparue, pareille à un mirage, son image fuyante quitta ce lieu aux effluves magiques. Non loin de là, alors que je m’interrogeais encore sur cet étrange rêve éveillé et que je foulais sans m’en rendre compte des vers égrenés récemment, sous l’arche d’un vieux pont, deux créatures figées comme des pictogrammes sortis d’un monde imaginaire m’interpellèrent : - Ne nous reconnais-tu pas, l’ami ?… Le premier me lança : - Faut-il pour cela que je me couche sur le frais cresson vert et que le ruisseau desséché à mes pieds chante en accrochant follement aux herbes des rayons d’argent ? - Et moi, reprit son compagnon en arborant une physionomie spectrale plus que pittoresque, dois-je m’immaculer d’un interminable ennui au pied de cette plaine pour que tu puisses apercevoir un ciel de cuivre sans lueur aucune? Ainsi, l’artifice qui apparaît à tes yeux sûrement irréel te permettra-t-il de voir

vivre et mourir la lune ? Pas de doute, il s’agissait bien du couple infernal ! Profitant d’un moment de lucidité, j’eus tout juste le temps de leur poser cette question : - Que faites-vous dans cet espace? Alors, les deux amants, en chœur, dans un écho perçant qui me glaça le sang, eurent ces mots grisants : - Que crois-tu ? Nous t’attendons !
 
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