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Les pensées célèbres, celles de la Vagabonde de la Poésie, les pensées Momoriciennes et les vôtres si le coeur vous en dit

Il faut savoir se laisser bercer par la vague sensuelle de l'amour sa symbiose est unique, l’hymne au bonheur encense alors un envol des sens.
 
L’écrivain doit garder le contrôle de ses idées guidées par son grand cœur, il est parfois noyé dans une sorte d’hypnose, son esprit ne réagit plus face aux sensations qui l’envahissent, et l’énergie qu’il déploie se trouve ensevelie dans le flot des images extérieures et par la matière qui l’entoure.
 
Gageons que si la présence des absents taraude notre mémoire, il y a fort à penser que cette absence trouve l’écho d’une présence dans l’esprit de nos chers disparus.

Vous voyez où je veux en venir? Il m’arrive d’avoir des absences à présent!
 
Comptons parmi les chagrins les plus redoutables de la vie, celui de perdre un parent, un ami, un camarade, sans avoir le bonheur de nous réunir autour de la grande table, quelques années encore!
 
Le Quercy avant la Révolution avait de très larges épaules!
Je vais vous parler aujourd'hui des Igues!
Non pas de mézigue ou de tézigue, ou de sesézigues, des igues tout simplement.
Si vous vous promenez un jour dans la forêt de la Braunhie, faites attention où vous posez vos pieds, les marches risquent d’être très hautes.
On a l’habitude d’entendre parler du gouffre de Padirac à juste titre, c’est le plus grand, le plus beau, et surtout le plus accessible pour les touristes.
Mais le Quercy est truffé de ce type de profondes cavités appelées Igues.
Le plus proche de Figeac se trouve dans le secteur de Montbrun.
À une encablure des source de la Diège, se trouve le trou de Gargantua, vous savez, le fameux Gargantua à l’appétit gargantuesque du poète François Rabelais.
Notre promenade commence à trois kilomètres de Villeneuve sur les chemins bucoliques où jadis le géant Gargantua rôdait.

Nous sommes donc toujours en zone quercynoise. Il y a quelques millions d’années une plage de sable fin se trouvait à Peyrusse le Roc!

Voici la légende

Cette créature à l’immense stature avait un appétit incroyable, j’allais dire d’ogre pour employer une image bien connue, mais c’était bien plus que cela ! Ah oui ! Il était gargantuesque ! Imaginez plutôt, il dévorait un troupeau de moutons pour son repas si l’on en croit la légende! Dans notre région on lui attribue un trou ou une doline à quelques centaines de mètres de Salles-Courbatiès.
Gargantua était un géant pas comme on a l’habitude d’en voir aujourd’hui à Figeac, bien sûr que non !…Gargantua était bien plus grand que cela, il était gigantesque! A l’époque de sa folle jeunesse, il se baladait à grandes foulées et, dit-on, il arpentait le sud de la France en sautant de causses en causses, par dessus les rivières et les lacs qui n’étaient pour lui que des petits ruisseaux ou de vulgaires flaques d’eau.
Dans notre région, un jour il s’arrêta au bord de la source de la Diège pour s’y désaltérer. Il était sur le point de tarir la source quand il observa d’un regard intéressé tous les moulins qui se succédaient le long de ce charmant ruisseau.
Après mûre réflexion, il se dit que la terre de ce petit secteur devait être fructueuse. Pas de doute, elle ne pouvait fournir du blé qu'en abondance, le nombre plus que conséquent de meuniers en était la preuve évidente. Les paysans d’antan comme ceux d’aujourd’hui étaient très attachés à leur arpent de terre et les géants , croyez-moi, ne faisaient pas exception à cette règle bien établie.
Gargantua s’interrogea soudain comme il avait rarement eu l’habitude de le faire et pensa qu’il serait plus que judicieux de ramener une bonne poignée de terre en échantillon à ses congénères. C'est ce qu’il fit sur-le-champ. Il creusa délicatement un coin de terre à portée de bras, puis mit la précieuse marchandise dans la poche de son pantalon. Cette idée géniale lui
arracha un sourire et sans plus attendre il se remit en route.
Mais vous avez sûrement entendu parler de l'accoutrement des jeunes à cette époque très reculée. Un peu dans le style négligé de Jésus, tête en l’air aux cheveux longs, la barbe abondante, un gros joint à la bouche, enfin, c’était l’allure du parfait géant dans sa juvénilité exacerbée et cette image lui collait à ravir à la peau ! En se baladant par monts et par vaux, comble de l’élégance il avait déchiré et troué tous ses vêtements. Aussi, dans la foulée, après quelques pas de géant, la poignée de terre se répandit en un immense tas sur le sol.
Bien entendu, il ne s’en aperçut que bien plus tard et dépourvu de GPS, il se remit sans démonter un instant remis à courir entre le Ségala et le Lévezou.
Les gens du pays, ne l’apercevant plus, sortirent timidement de leur cachette et découvrirent l’immense trou béant puis, à quelques encablures, le non moins demeuré tas de terre compacté !
Voilà pourquoi les gens du coin
appellent ce trou qui deviendra un jour une igue puis un gouffre, le trou de Gargantua. L'immense tumulus, quant à lui, est attribué à la poignée de terre échappée de la poche trouée du géant rabelaisien!
 
Poète face à sa table bancale

Résigné au jeûne, aux engelures et à l'abstinence, de la soupe le matin, à midi et le soir, penché au dessus de ma table bancale, les yeux rivés sur mon encrier, les doigts gelés, je médite en silence. Au-dessus de moi, des pas légers en équilibre sur les poutres pianotent gaiement! La porte lézardée favorise une bise aigre venue des ténèbres qui s’engouffre en silence. Ma plume d’oie agite son aile rythmée au diapason d’un son qui me glace le sang. Un moment désœuvré je m’apprête à œuvrer face au vieux bougeoir où vacille, langoureuse, une flamme fragile. Sa douce lueur éclaire d’ombres folles mes anciens élans aux airs poétiques. Un verre d’absinthe à la main, mon seul réconfort dans cet antre d’inconfort, je m’énivre. Ma muse s’approche, je l’entends, elle vient, j’en use, j’en abuse jusqu’au matin naissant je flirte avec l’art aux pleins et aux déliés encrés d’idées divines.
 
Le bateau ivre dérive…

Sous l’anse étoilée où voguent ses pensées,
Le vieux voilier louvoie près des récifs saillants.
Ô lames affûtées aux remous compensés!
Ménagez les haubans du fier gréement vaillant.

Nuages intemporels aux confins des nuées,
Vous éveillez ses sens dénués de bon sens,
Ils font flotter son cœur au-delà des buées
Où dérivent les proues vouées au contresens.

Ivre est ce bateau offensé par les vagues,
Près des écueils hurlants il livre sa coquille!
Sans se soucier des vents son esprit divague
Où les furieux brisants dévoilent les quilles.

Triste erre sa coque sous l’astre fuyant;
Il pleure sans âme les larmes aux ondes bleues,
Ô Lointaines lueurs, éclipsez ce brillant,
Ô mer, enrobe-le d’un blanc linceul sableux!
 
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