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Je trépidais, tu mourais

Marg011

Nouveau poète
#1
Ce soir là tu m’as embrasée et tu es partie. Tu as certainement passé une belle soirée, tu as profité de ta dernière nuit, et tu n’es plus jamais rentrée. Tu as laissé la vaisselle dans l’évier et le linge dans la machine. Tu as laissé les choses intactes là où la vie existait.
Parce que nos vies ont continué de filer alors que la tienne s’est brusquement arrêtée. Qui pouvait prédire que tes beaux yeux allaient se fermer si tôt, trop tôt ?
J’aurais aimé que le temps s’arrête avec toi, qu’on ait le temps de se retrouver quelques instants, de se dire tout ce qu’on ne se dira plus jamais, mais les grands esprits ne nous laisse jamais ce privilège.
Ce matin là, j’avais 4 ans. Depuis combien de jours l’attendais-je ? Si j’avais su. Si j’avais su que ce ciel gris d’automne était un mauvais présage. Si j’avais su, cette nuit là dans mon lit de princesse, les larmes de sang qui coulaient sur ton beau visage. Si j’avais su tout ça, je me serais battue de toutes mes forces contre la puissance du monde, j’aurais donné ma vie entière pour que tu ne partes pas. Mais je ne savais pas, je n’ai jamais su.
J’ai beaucoup grandi, mais je n’ai jamais accepté, je pleure, parfois beaucoup. Tout ce que j’entreprends je le fais pour toi, pour ton anniversaire, ton noël, ta fête, c’est tout ce que je suis encore capable de t’offrir, c’est ma vie.
Maman, seras-tu là pour m’applaudir quand je serai diplômée ? Tiendras-tu ma main lorsque je dirai un grand oui à l’homme que j’aime ? Me donneras-tu tout ton courage quand je donnerai la vie à ton petit-enfant ?
Maman, est-ce que tu seras là près de moi si un jour ça ne va pas ?
Je te veux toi parce que rien ne pourra jamais te remplacer, rien ne pourra réparer les fissures de mon coeur. J’ai perdu une partie de moi il y a des années, elle s’est envolée une nuit d’automne vers un monde plus beau, alors que mon petit corps est resté accroché dans ce monde cruel. Il y a eu des cris de détresse, des larmes jusqu’à en être noyé, des douleurs poignantes dans l’estomac, et il y en aura toujours. La vie les apaise mais ne les guérit pas.
Cette nuit là c’était la nuit de mes 4 petites années, cette nuit là je trépidais, toi tu mourais.
Mon ange, je regarde vers ton paradis chaque soir et je t’envoie tout mon amour, je n’oublie pas ta voix ni ton visage. Je t’aime à jamais, à la vie, à la mort.