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Grand poète
C'est arrivé au début d'un printemps dont l'année m'échappe encore aujourd'hui. A cette époque, j'étais un voyageur solitaire. J'avais déjà parcouru la moitié du monde par la pensée et, pourtant, je n'avais trouvé aucune patrie, aucun lieu où me sentir en harmonie avec moi.
Tous les paysages que j'avais traversés lors de mes interminables pérégrinations dans de vastes et indomptables contrées étaient d'une beauté et d'une sauvagerie indescriptibles.
Cependant, aussi bizarre qu'il puisse y paraître, cette grâce était loin de toucher mon coeur et de permettre à mon être de ressentir la richesse et la prodigalité de cette nature luxuriante.
Anonyme parmi les anonymes, sans religion et sans origine, j'avais erré pendant une décennie jusqu'à ce que... lors d'une nuit au ciel d'un bleu d'encre sans fin et à la lune veloutée, apaisante, pleine et séduisante, la vue d'une plage d'Orient se dévoile devant mes yeux fatigués d'avoir trop cherché. J'arrêtai ma démarche et je laissai mon enveloppe charnelle démolie recouvrer force et énergie. Je me suis assis sur un grand rocher en attendant le salutaire repos de l'éternel migrateur.
Saisons de tristesse
Je me suis soudain retrouvé devant l'immensité de la mer, face à une plage aussi vieille que le paradis et l'enfer. J'étais le témoin de la façon dont les frasques du courant arrosent les sables vierges des âmes pures. Je contemplais avec admiration et une certaine incrédulité chacune des images proposées par le vaste océan. Baigné par ce spectacle hétéroclite et pour le moins inhabituel, je suis resté spectateur dans ce mystérieux cercle deux jours entiers.
Plongé dans l'énigmatique brise du matin autant que dans les myriades de couleurs du crépuscule, noyé par les senteurs poivrées qu'exhalaient les fleurs avoisinantes, je me suis senti désorienté. Mais, malgré un sentiment de déséquilibre et d'instabilité, la fatigue avait disparu au terme de la seconde nuit.
J'ai porté mon regard vers les cieux verdâtres et j'ai crié : « Bon Dieu, fais-le moi savoir, qu'est-ce que cette présence ? Veux-tu peut-être m'enseigner le prochain virage de ma route existentielle avec cette apparition ? » De réponse, je n'en eus point.
L'aube du troisième jour commençait enfin à s'installer délicatement. Sur l'infini des ondes cristallines, à peine frémissantes, le soleil fit son apparition. La lune, là-haut dans son berceau roulant, bordée par la nuit et au centre du firmament, commençait déjà à se dissiper timidement... et derrière elle, les astres lumineux, mais nullement immortels, l'avaient suivie.
Ô merveille, un fastueux arc-en-ciel illumine à nouveau mon âme !
Saisons d'une joie sincère
Du miroir des lames aquatiques, une énorme étoile lumineuse a surgi. Au fur et à mesure qu'il s'approchait de la rive, l'astre naissant, issu des abysses insondables, accomplissait une transformation insolite : grand, fragile, élastique et puissant à la fois, jusqu'à prendre la forme d'une bulle de soie verdâtre. Sans pouvoir l'expliquer de prime abord, j'ai cru que ce n'était qu'une illusion. Cependant, peu à peu, les images féeriques sont devenues si réelles que j'ai cru devenir fou. Une peur panique et un insondable malaise s'étaient approprié l'intégralité de ma personne.
Cependant, après quelques minutes, l'anxiété, telles les volutes d'une fumée a priori âcre, s'était dissipée, avait délaissé mon esprit.Finalement, avec toute sa puissance, la sphère étrange éclata sur la plage. Il fallut plusieurs secondes pour que je retrouve la vision, aveuglé par les luminescences que dégageait cet hôte insolite.
Retrouvailles
En recouvrant la vue, j'ai constaté qu'une femme se trouvait là. Elle ramassait des coquillages nacrés, des carapaces colorées d'escargots et de petites pierres scintillantes et mordorées pour en faire des colliers. Ses cheveux étaient noirs et longs, suaves comme une robe du soir qui tombe sur le corps éblouissant des filles du printemps. Sa peau cuivrée et douce rappelait la fraîcheur du nectar des fruits exotiques. La jeunesse illuminait son regard et les traits de son visage portaient la grâce des cieux... Et de son ventre émanait une lumière ténue, mais éblouissante. Soudain, elle m'a adressé la parole : « Où étais-tu cher ami ? Il y a très longtemps déjà que je t'attendais ! »
Je fus étonné face à ce fleuve de mots qui venait caresser mes oreilles. Mais quel était le propos de cette humble créature ? Quelques secondes s'égrainèrent et, devant mon visage incrédule, elle m'a dit : « Tu es surpris de ma rencontre, je le vois au fond de ton regard... Cependant, durant toutes ces années, tu n'as fait que penser à moi, à chaque jour de ton existence »
Tous les paysages que j'avais traversés lors de mes interminables pérégrinations dans de vastes et indomptables contrées étaient d'une beauté et d'une sauvagerie indescriptibles.
Cependant, aussi bizarre qu'il puisse y paraître, cette grâce était loin de toucher mon coeur et de permettre à mon être de ressentir la richesse et la prodigalité de cette nature luxuriante.
Anonyme parmi les anonymes, sans religion et sans origine, j'avais erré pendant une décennie jusqu'à ce que... lors d'une nuit au ciel d'un bleu d'encre sans fin et à la lune veloutée, apaisante, pleine et séduisante, la vue d'une plage d'Orient se dévoile devant mes yeux fatigués d'avoir trop cherché. J'arrêtai ma démarche et je laissai mon enveloppe charnelle démolie recouvrer force et énergie. Je me suis assis sur un grand rocher en attendant le salutaire repos de l'éternel migrateur.
Saisons de tristesse
Je me suis soudain retrouvé devant l'immensité de la mer, face à une plage aussi vieille que le paradis et l'enfer. J'étais le témoin de la façon dont les frasques du courant arrosent les sables vierges des âmes pures. Je contemplais avec admiration et une certaine incrédulité chacune des images proposées par le vaste océan. Baigné par ce spectacle hétéroclite et pour le moins inhabituel, je suis resté spectateur dans ce mystérieux cercle deux jours entiers.
Plongé dans l'énigmatique brise du matin autant que dans les myriades de couleurs du crépuscule, noyé par les senteurs poivrées qu'exhalaient les fleurs avoisinantes, je me suis senti désorienté. Mais, malgré un sentiment de déséquilibre et d'instabilité, la fatigue avait disparu au terme de la seconde nuit.
J'ai porté mon regard vers les cieux verdâtres et j'ai crié : « Bon Dieu, fais-le moi savoir, qu'est-ce que cette présence ? Veux-tu peut-être m'enseigner le prochain virage de ma route existentielle avec cette apparition ? » De réponse, je n'en eus point.
L'aube du troisième jour commençait enfin à s'installer délicatement. Sur l'infini des ondes cristallines, à peine frémissantes, le soleil fit son apparition. La lune, là-haut dans son berceau roulant, bordée par la nuit et au centre du firmament, commençait déjà à se dissiper timidement... et derrière elle, les astres lumineux, mais nullement immortels, l'avaient suivie.
Ô merveille, un fastueux arc-en-ciel illumine à nouveau mon âme !
Saisons d'une joie sincère
Du miroir des lames aquatiques, une énorme étoile lumineuse a surgi. Au fur et à mesure qu'il s'approchait de la rive, l'astre naissant, issu des abysses insondables, accomplissait une transformation insolite : grand, fragile, élastique et puissant à la fois, jusqu'à prendre la forme d'une bulle de soie verdâtre. Sans pouvoir l'expliquer de prime abord, j'ai cru que ce n'était qu'une illusion. Cependant, peu à peu, les images féeriques sont devenues si réelles que j'ai cru devenir fou. Une peur panique et un insondable malaise s'étaient approprié l'intégralité de ma personne.
Cependant, après quelques minutes, l'anxiété, telles les volutes d'une fumée a priori âcre, s'était dissipée, avait délaissé mon esprit.Finalement, avec toute sa puissance, la sphère étrange éclata sur la plage. Il fallut plusieurs secondes pour que je retrouve la vision, aveuglé par les luminescences que dégageait cet hôte insolite.
Retrouvailles
En recouvrant la vue, j'ai constaté qu'une femme se trouvait là. Elle ramassait des coquillages nacrés, des carapaces colorées d'escargots et de petites pierres scintillantes et mordorées pour en faire des colliers. Ses cheveux étaient noirs et longs, suaves comme une robe du soir qui tombe sur le corps éblouissant des filles du printemps. Sa peau cuivrée et douce rappelait la fraîcheur du nectar des fruits exotiques. La jeunesse illuminait son regard et les traits de son visage portaient la grâce des cieux... Et de son ventre émanait une lumière ténue, mais éblouissante. Soudain, elle m'a adressé la parole : « Où étais-tu cher ami ? Il y a très longtemps déjà que je t'attendais ! »
Je fus étonné face à ce fleuve de mots qui venait caresser mes oreilles. Mais quel était le propos de cette humble créature ? Quelques secondes s'égrainèrent et, devant mon visage incrédule, elle m'a dit : « Tu es surpris de ma rencontre, je le vois au fond de ton regard... Cependant, durant toutes ces années, tu n'as fait que penser à moi, à chaque jour de ton existence »