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Un matin de jeunesse

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Grand poète
C’est la rencontre de deux amies et de deux soeurs, quatre étrangères dont le destin était de fonder une famille. De construire une fontaine où les mouvements de l’eau seraient désormais paisibles et harmonieux.

Sandrine, Sarine et Saline étaient trois adolescentes liées par une grande amitié. L’harmonie de la nature les unissait dans un amour fraternel. Flashées par la vie de bohême au sein de laquelle elles avaient grandi, elles prirent la décision de suivre une voie artistique. C’est ainsi qu’à la fin de chaque journée, elles partaient en promenade en direction des vastes prairies. Au milieu de la fraîcheur de toute cette nature, elles laissaient libre cours à leur travail musical et théâtral. Dans la composition de leurs pièces, le ridicule était prioritaire.
Cependant, parmi ces liens empreints de beauté, une énigme s’est cachée. La réponse à cette interrogation aurait pu rompre à jamais l’union des trois. Pourtant, ceci ne fera que rendre plus fort leur amour.

Sandrine
Sa chevelure était d’une couleur rouge intense. La splendeur de ses yeux mettait mal à l’aise et, souvent, faisait pleurer ceux qui osaient les fixer. Ses yeux avaient une touche énigmatique car chacun était d’une teinte différente : l’un bleu comme les cieux et l’autre vert tel la nature. Ses gambettes possédaient l’élégance et la tournure exquise des anciennes colonnes grecques. Le tatouage d’une fleur pourpre aux épines mortelles ornait son épaule gauche. Cette adolescente dotée d’une beauté intense jouait du violoncelle, du violon et de la harpe avec virtuosité et dextérité. Sa passion pour la nature prenait une grande place quant aux fondements de ses moments d’inspiration. Son caractère était la source de sa force. Sandrine était aveugle. Mais le développement de sa sensibilité lui permettait de ressentir absolument tout ce qui pouvait à tout moment se passer, se trouver devant elle. Grâce à ses efforts, elle avait réussi à devenir indépendante. A trente ans, elle suivait des cours de musique et d’art dramatique.

Sarine
Elle paraissait plus que son âge et était de nature timide. Blottie dans son monde, elle fuyait ses responsabilités ainsi que la foule quotidienne. Suite au mauvais déroulement de certaines expériences, elle passait des soirées entières à pleurer. A maudire le jour où elle était née.
Dans sa tête, elle était seule au monde. Pour Sarine, le fait de se lancer dans une kyrielle d’événements sans réfléchir lui permettait d’avoir le sentiment d’être en vie au centre des ses souffrances. Elle écrivait un journal intime, une démarche qui lui était précieuse. Le fait de pouvoir raconter sa petite vie la rendait fière. Les autres facettes de la personnalité de Sarine ? La vanité, l’envie et une tendance libertine.

Saline
Elle était une étudiante brillante dans tous les domaines de la science. Nullement une personne aux pensées carrées. Une élève dont la personnalité était sensible, un esprit ouvert, et dotée d’un sens visuel dynamique. Même si cette fille était la moins âgée des trois partenaires, son comportement cohérent dépassait la sagesse et la force de caractère de ses amies.

Destinée ou hasard ?
Satrine, une étrangère aux yeux des trois, fit brusquement son apparition. Elle avait arpenté le vaste monde à la recherche d’une soeur qu’elle n’avait pas vue depuis vingt ans. Elle était la soeur cadette d’une famille dont Sandrine ignorait l’existence. Satrine, à force de poser partout des questions sans jamais perdre espoir, rencontra un jour un monsieur à la grande barbe violette qui l’appela par son nom. Satrine, surprise de ce geste un peu déplacé, hésita quelques secondes avant de s’approcher de l’homme à demi assoupi.
« Qu’est-ce que vous voulez, monsieur le vieillard ? » Comme réponse, elle n’obtint que quelques mots avant que le bonhomme se rendorme : « Ce que tu cherches est devant toi ! Vis le présent et ne pense plus au passé. Quelques pas encore et tu retrouveras ton autre moitié… » Saline et Satrine étaient d’authentiques jumelles.

Longtemps avant…
Sandrine a toujours été une personne hors du commun. L’équilibre qu’elle avait développé depuis toute petite entre la réalité et la fiction était difficile à concevoir pour ceux qui l’entouraient. L’ouverture qui caractérise ces êtres humains les amène souvent à réaliser l’existence d’un monde que d’autres ne pourront jamais apercevoir.
La sensibilité de Sandrine était si grande qu’elle était capable de sentir au-delà des odeurs et d’écouter l’invisible.
A l’âge de dix ans, lors d’un soir de lune, elle perdit l’équilibre et tomba de la fenêtre. Allongée sur le sol, étourdie par sa chute, elle demeura inconsciente. Coïncidence ou coup du destin ? Le fait est qu’une caravane de gitans apparut à ce momentprécis. Saline et Sarine faisaient partie de ce groupe de voyageurs. A cette époque, elles avaient presque le même âge que Sandrine. Sarine vit l’enfant inerte sur le pavé. Prenant la main de Saline, elle s’éloigna de la caravane pour la rejoindre après. Les deux filles se sont approchées de Sandrine. Accroupies à ses côtés, elles la secouaient doucement. Face à l’absence de réponses, elles entreprirent de retourner le corps inanimé. Saline caressa son visage et quelques larmes coulèrent de ses yeux.
Sarine, saisie d’un moment de frayeur, commença à fredonner une chanson. La nuit passa et elles étaient restées près de Sandrine jusqu’au lever du nouveau jour. Aux premiers rayons de soleil, Sandrine ouvrit doucement les yeux et avec un air confus, regarda les deux petites filles à ses côtés qui lui souriaient. Elles allaient l’aider à se relever et toutes les trois eurent tôt fait de rejoindre la caravane qui reprenait la route. Sandrine ne pensa plus à son passé, et cette nouvelle vie devint désormais la sienne. Les trois jeunes filles allaient grandir ensemble au coeur de venelles libertines. Saline avait perdu la mémoire et celles qui étaient devenues ses soeurs n’allaient jamais rien lui raconter quoi que ce soit de peur de la perdre.

Famille
Il arrive, quand nous grandissons dans un petit village, que pour certaines personnes, la surface de notre territoire ait tendance à se rétrécir. Nos connaissances deviennent limitées, c’est la routine qui s’installe. Pour d’autres, les liens et les relations humaines deviennent très forts. Tous les habitants se connaissent, et leur communication est toujours présente.
C’est dans ce village que les trois soeurs mènent une vie ordinaire et tranquille. Chacune suit une voie différente en ce qui concerne ses études. Pourtant, leurs intérêts artistiques et libertins les font se regrouper dans la perspective d’un seul objectif : vivre maintenant leurs moments de tristesse et d’allégresse. Leurs capacités pour le théâtre sont connues dans toute la contrée. Elles se produisent chaque fin de semaine au cabaret « Les flammes des coeurs perdus ». C’est un endroit où tous les artistes et voyageurs de passage se réunissent. Le travail de ces jeunes filles étonne par l’équilibre presque parfait du résultat de leur création. Comédie, drame et épouvante font partie de chacune de leurs pièces, ceci étant l’aboutissement du travail de trois personnalités tellement extraverties et distinctes.
Un événement inattendu va bientôt donner la touche finale qui va permettre à Sandrine de s’épanouir et amener cette troupe au succès et au bonheur véritable.

La bande des quatre
C’était pendant un matin d’automne. Les trois étaient au bord de la rivière. Couchées sur l’herbe fraîche, elles réfléchissaient à leur nouvelle pièce. Subitement, Satrine fit sa sortie des eaux et gagna le rivage. Saline et Sarine restèrent bouche bée. Cette donzelle était la réplique parfaite de Sandrine. Désormais, les quatre formeront le cercle parfait d’une vie de bonheur et récolteront un succès véritable de par leur travail.

Une séparation brusque nous fait toujours nous poser des questions. Le fait d’abandonner l’environnement où nous étions né, réveille parfois un conflit au sein de nous. Mais comment expliquer le mystère de la vie ? Un jour, nous retrouvons ce que nous croyions avoir perdu et nous réalisons que, pendant cette période d’absence, nous avons appris à mieux valoriser les moments de notre vie. Que ce soit volontaire ou non, quand nous nous éloignons, c’est parce qu’il y a d’autres personnes qui nous attendent.
Peut-être pourrions-nous traduire le cheminement de notre vie comme celui d’un carrousel. Nous montons sur un beau cheval et, soudain, sans nous en apercevoir, nous sommes sur un autre. A un moment donné, notre tour de descendre de notre cher carrousel arrive et il nous faudra alors attendre pour y retourner.
 
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