rivière
Maître Poète
Tu marchais adossée contre les vitraux de l’azur
La bruine ruisselle dessus notre borde,
tandis que les nuages, au loin,
s’assemblent, ô ma Divine,
tandis que les nuages, au loin,
s’assemblent, ô ma Divine,
peu m’importe, cependant,
car je plonge
dans le firmament de ton regard,
car je plonge
dans le firmament de ton regard,
prends ces lys que je t’ai cueillis,
humble et tremblante,
moi qui ne suis que ta servante,
humble et tremblante,
moi qui ne suis que ta servante,
et ta poétesse qui loue à chaque instant
l’hymne de ta beauté.
Dès qu’ils t’aperçoivent,
l’hymne de ta beauté.
Dès qu’ils t’aperçoivent,
les animaux te révèrent,
les sources s’arrêtent de couler, et te saluent.
Je fis ta connaissance un matin d’été,
les sources s’arrêtent de couler, et te saluent.
Je fis ta connaissance un matin d’été,
alors que j’allais à la fête paroissiale,
je t’aperçus soudain sur une sente,
tu marchais, hiératique, non loin de moi,
je t’aperçus soudain sur une sente,
tu marchais, hiératique, non loin de moi,
adossée contre les vitraux de l’azur,
ta robe de lin, tes escarpins vernis, et tes bas de soie
soulignaient les strophes de ta joliesse,
ta robe de lin, tes escarpins vernis, et tes bas de soie
soulignaient les strophes de ta joliesse,
à ta vue, subjuguée par ta magnificence,
j’allai à ta rencontre, et, agenouillée devant
la splendeur de ta clarté, je te déclarai ma flamme,
j’allai à ta rencontre, et, agenouillée devant
la splendeur de ta clarté, je te déclarai ma flamme,
émue, tu pris ma paume,
tu me conduisis dans un bois,
sous un chêne,
tu me conduisis dans un bois,
sous un chêne,
tu m’étendis contre les sceaux des mousses,
tu me déshabillas, tu fis de même,
puis, face à la cathédrale de nos nudités,
tu me déshabillas, tu fis de même,
puis, face à la cathédrale de nos nudités,
je découvris seins contre seins, pertuis contre pertuis
les jouissances voluptueuses
de l’Amour et de la tendresse.
les jouissances voluptueuses
de l’Amour et de la tendresse.
Sophie Rivière