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Tu gémissais des motets de lueurs

rivière

Maître Poète
Tu gémissais des motets de lueurs

Quand pour une raison quelconque,
je me rends à Paris,
je retourne à l’hôtel, en l’île de la Cité,
où j’ai connu mes premières amours.


Souviens-toi, ma Douce, mon Impératrice de béatitude,
nous n’avions que seize ans,
un teint de Grâce, une taille de guêpe,
nos seins haut plantés, arrogants et lourds,


bougeaient à chacun de nos mouvements,
nous marchions paume contre paume
dans la clarté du couchant,
nous nous retrouvions en ce lieu,


près des cieux, et de la cathédrale Notre-Dame,
nous avons appris là à nous aimer sur le radeau du lit
à l’abri des regards importuns.
Nous venions, dans l’impudique lumière de l’après-midi,


le coeur battant, nous affranchir de nos atours,
en robe de peau, je fixais l’eau de ton regard,
puis à genoux, nue comme le vent, j’embrassais chaque partie ton corps,
et ma langue honorait ta rivière d’amour,


tandis que deux de mes doigts
pénétraient lentement en la rose de ton vagin
jusqu’à la grotte de ton utérus,
et recommençaient sans cesse,


tu hurlais, gémissais des motets de lueurs,
et le lait de ta cyprine recouvrait ton bas-ventre,
nous la partagions entrelacées,
et nous nous endormions avant de recommencer le lendemain.


Tu as disparu un jour, mon amante,
quant à moi, je prêche à tout instant
les orgies de nos étreintes
si pures et si féminines !


Sophie Rivière
 
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