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Tes bas luisaient dessus l'encens des soleils

rivière

Maître Poète
Tes bas luisaient dessus l’encens des soleils

Des années durant,
j’ai erré, seule,
parmi
les bois et les forêts du Maine,

mon sac à main
pendait
au bout de mon bras,
symbole de ma tristesse,

ma robe de lin se balançait
aux râles du vent,
tandis que
mes escarpins résonnaient

dans
l’enclos des chemins,
le soir, les champs déployaient
d’âpres langueurs,

quand je t’ai rencontrée
un matin de septembre
au détour d’un bosquet,
ma Douce,

fatiguée
par
le poids de tes bagages,
et la ballade de ta détresse.

Tes lèvres entrouvertes
disaient
l’harmonie des voluptés,
tandis que

l’haleine des cieux
caressait le péan de ta chevelure,
et
les fleurs de ton visage.

Tes bas luisaient
dessus
l’encens des soleils,
les cyprès partageaient

les cierges de ta beauté.
Je t’invitai
dans ma borde
afin de te reposer,

tu acceptas, et
à peine arrivée,
je te
désignai ma couche.

Tu dormis des heures durant,
je m’assis près de toi,
pris ta main
et te veillai.

A
ton réveil,
tu me remercias,
et,

à même
le livre de nos chairs dénudées,
à même
l’océan de nos ivresses,

à même les heures folles de nos baisers,
à même le péan de nos voluptés,
je connus enfin
les rivages d’or de l’Amour !

Sophie Rivière
 
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