janu
Maître Poète
Ceci est une suite imaginaire de "La Princesse et le porcher" un conte d'Andersen à qui j'en demande humblement pardon...
Au temps de ma prime jeunesse, après avoir lu « La Princesse et le porcher » d'Andersen, je n'en ai pas apprécié la fin, estimant que cette pauvre petite Princesse ne méritait pas une telle punition. Si l'on fait un résumé de ce conte : La jeune Princesse fille de l'empereur est si belle que le jeune Prince assez fauché en était tombé amoureux fou. C'était une époque où les miracles étaient courants.
Sur la tombe de son père il a cueilli une rose miraculeuse mais il fallait la respirer pour oublier tous ses chagrins. Quand il l'a offerte en présent à la jeune Princesse, celle-ci espérant un bijou plutôt qu'une fleur (pêché véniel) ne le sachant pas l'a rejetée...Ensuite, il a offert un rossignol qui chantait divinement bien mais pour la jeune personne à nouveau déçue, ce n'était qu'un oiseau, toujours pas le mirifique cadeau espéré, mais sa décision de le voir s'envoler était louable. Tout au moins est-ce ainsi que je le comprenais...
Qu'ensuite le Prince devienne 'porcher' chez l'empereur pour mijoter sa vengeance, m'a fait penser qu'il était bien vindicatif à moins que très amoureux il cherche à se faire aimer d'elle, mais en porcher ?
Cette jeune Princesse était Fille avant tout, sensible et romantique, alors pour cet instrument qui à la fois jouait son lied préféré et qui prédisait après un simple toucher tout ce qui se mijotait tout autour ne pouvait qu'éveiller sa curiosité et le désir de se l'attribuer. J'en convenais, c'était trop cher payé ces dix baisers à donner... un porcher puant et mal fagoté ! Et pour une crécelle musicale, quels qu'en soient les sons admirables qu'on puisse en tirer, cela ne pouvait faire surmonter le dégoût d'accepter les cent baisers du porcher. Mais reniée par son père et rejetée par le Prince , j'étais révolté d'une telle punition ! Qu’était devenue la pauvrette ? Alors le concours présent me permet d'inventer une suite qui remet pour moi cet auteur en odeur de sainteté...
Ainsi rejetée, la pauvre petite Princesse tombée de son piédestal et n'ayant plus rien à elle, puisque rejetée de partout, n'avait pas le cœur à chanter : « ach du lieber... » car elle était convaincue que cette fois tout était bien fini pour elle. Elle erra dans les bois en lisière des terres jouxtant celles de la couronne et celles de son prétendant. Seul un loup affamé pourtant, s'approcha d'elle et l'accompagna silencieusement dans son périple pour trouver de la nourriture. Elle n'était pas à même de faire du feu et elle serait morte si elle n'avait pu se réchauffer contre la fourrure de ce loup qui ne la quittait plus...Ce fut le troisième jour, je crois, que suivant son loup, elle rencontra une cabane rustique et devant la porte un vieillard encore vigoureux mais pensif qui lui dit :
- Même ici, on a écho de ce qui se passe dans le Royaume. Je connais votre histoire : votre père et votre prétendant sont d'une cruauté inouïe. Tous les autres vous ont abandonnée... Je vous ai envoyé mon loup pour vous amener ici. J'ai du feu, je tue quelques lapins pour me nourrir; je cueille des champignons et des baies qui ne manquent pas. Ce gîte je vous l'offre de bon cœur !
Ce vieux gueux lui a ouvert son cœur et raconté comment il en était arrivé là. Le destin ne l'avait pas ménagé et lui avait enlevé sa femme et sa fille qu'il n'avait pu faire soigner faute d'argent et ne recevant aucune aide, ni du seigneur ni de ses voisins. Profondément ulcéré, il s'était enfoncé dans cette forêt ne voulant plus avoir affaire à la gente humaine...La jeune Princesse lui rappelait sa fille c'est pourquoi il avait voulu la secourir ! Toujours en grande détresse au début, elle s'est peu à peu habituée à cette vie partagée avec l'homme des bois et son animal. Elle a appris ce qui ne lui avait jamais été enseigné : se servir de ses mains et travailler...
L'empereur pas plus tôt rentré en son palais commença à réaliser le vide dans lequel il était plongé sans sa fille chérie, même s'il ne le lui montrait pas toujours qu'il l'aimait...
Le Prince de son côté a vite réalisé que ce qu'il avait cru faire uniquement par volonté de se venger, l'avait été par amour de cette Princesse en réalité. Et il se lamentait de lui avoir fermé la porte de son château...
L'un et l'autre se sont mis à sa recherche, mais ce fut en pure perte. Personne ne l'avait revue depuis leur abandon commun. Ils se sont rencontrés et partagé leur chagrin, mais le temps passait et ils l'ont cru morte, dévorée par des loups (qu’eux jugeaient plus cruels que les humains) leurs remords faisaient peine à voir...
Le jeune Prince pour essayer d'oublier s'est mis à chasser chaque jour jusqu'à ce qu'une saine fatigue lui permit de dormir. Trois ans s'étaient écoulés quand un jour où il était très éloigné de son château, ses chiens ont pris la piste d'un loup qui bien plus malin qu'eux faisait de grands tours, revenant en arrière pour les semer complètement. Trop tard pour rentrer au château, le Prince a cherché un abri dans un taillis et s'est recroquevillé pour dormir. C'est alors qu'une voix mélodieuse et lointaine s'est mise à chanter le lied d'Augustin, avec grande tristesse dans le final : « tout est bien fini... »
Relevé d'un bond, il a suivi la direction d'où était arrivée la voix, et est arrivé à la cabane où il y avait du feu à la lueur duquel, il a vu côte à côte : un grand vieillard, un grand loup gris et... « Sa » Princesse encore plus belle malgré son air triste....
Tout est bien qui finit bien. Pour ce conte maintenant, on peut dire qu'à la grande joie de l'empereur, "lls se sont mariés et ont eu beaucoup d'enfants." Le vieillard, lui, a préféré rester avec son loup dans les bois, mais ils allaient le voir souvent !
FIN
Merci à Murielle pour ce thème qui m'a permis de protester, en adulte, à une fin que j'avais trouvé cruelle dans mon enfance... Merci au jury de s'être astreint à ces longues lectures et pour son indulgence vis à vis du prosateur !
Au temps de ma prime jeunesse, après avoir lu « La Princesse et le porcher » d'Andersen, je n'en ai pas apprécié la fin, estimant que cette pauvre petite Princesse ne méritait pas une telle punition. Si l'on fait un résumé de ce conte : La jeune Princesse fille de l'empereur est si belle que le jeune Prince assez fauché en était tombé amoureux fou. C'était une époque où les miracles étaient courants.
Sur la tombe de son père il a cueilli une rose miraculeuse mais il fallait la respirer pour oublier tous ses chagrins. Quand il l'a offerte en présent à la jeune Princesse, celle-ci espérant un bijou plutôt qu'une fleur (pêché véniel) ne le sachant pas l'a rejetée...Ensuite, il a offert un rossignol qui chantait divinement bien mais pour la jeune personne à nouveau déçue, ce n'était qu'un oiseau, toujours pas le mirifique cadeau espéré, mais sa décision de le voir s'envoler était louable. Tout au moins est-ce ainsi que je le comprenais...
Qu'ensuite le Prince devienne 'porcher' chez l'empereur pour mijoter sa vengeance, m'a fait penser qu'il était bien vindicatif à moins que très amoureux il cherche à se faire aimer d'elle, mais en porcher ?
Cette jeune Princesse était Fille avant tout, sensible et romantique, alors pour cet instrument qui à la fois jouait son lied préféré et qui prédisait après un simple toucher tout ce qui se mijotait tout autour ne pouvait qu'éveiller sa curiosité et le désir de se l'attribuer. J'en convenais, c'était trop cher payé ces dix baisers à donner... un porcher puant et mal fagoté ! Et pour une crécelle musicale, quels qu'en soient les sons admirables qu'on puisse en tirer, cela ne pouvait faire surmonter le dégoût d'accepter les cent baisers du porcher. Mais reniée par son père et rejetée par le Prince , j'étais révolté d'une telle punition ! Qu’était devenue la pauvrette ? Alors le concours présent me permet d'inventer une suite qui remet pour moi cet auteur en odeur de sainteté...
Ainsi rejetée, la pauvre petite Princesse tombée de son piédestal et n'ayant plus rien à elle, puisque rejetée de partout, n'avait pas le cœur à chanter : « ach du lieber... » car elle était convaincue que cette fois tout était bien fini pour elle. Elle erra dans les bois en lisière des terres jouxtant celles de la couronne et celles de son prétendant. Seul un loup affamé pourtant, s'approcha d'elle et l'accompagna silencieusement dans son périple pour trouver de la nourriture. Elle n'était pas à même de faire du feu et elle serait morte si elle n'avait pu se réchauffer contre la fourrure de ce loup qui ne la quittait plus...Ce fut le troisième jour, je crois, que suivant son loup, elle rencontra une cabane rustique et devant la porte un vieillard encore vigoureux mais pensif qui lui dit :
- Même ici, on a écho de ce qui se passe dans le Royaume. Je connais votre histoire : votre père et votre prétendant sont d'une cruauté inouïe. Tous les autres vous ont abandonnée... Je vous ai envoyé mon loup pour vous amener ici. J'ai du feu, je tue quelques lapins pour me nourrir; je cueille des champignons et des baies qui ne manquent pas. Ce gîte je vous l'offre de bon cœur !
Ce vieux gueux lui a ouvert son cœur et raconté comment il en était arrivé là. Le destin ne l'avait pas ménagé et lui avait enlevé sa femme et sa fille qu'il n'avait pu faire soigner faute d'argent et ne recevant aucune aide, ni du seigneur ni de ses voisins. Profondément ulcéré, il s'était enfoncé dans cette forêt ne voulant plus avoir affaire à la gente humaine...La jeune Princesse lui rappelait sa fille c'est pourquoi il avait voulu la secourir ! Toujours en grande détresse au début, elle s'est peu à peu habituée à cette vie partagée avec l'homme des bois et son animal. Elle a appris ce qui ne lui avait jamais été enseigné : se servir de ses mains et travailler...
L'empereur pas plus tôt rentré en son palais commença à réaliser le vide dans lequel il était plongé sans sa fille chérie, même s'il ne le lui montrait pas toujours qu'il l'aimait...
Le Prince de son côté a vite réalisé que ce qu'il avait cru faire uniquement par volonté de se venger, l'avait été par amour de cette Princesse en réalité. Et il se lamentait de lui avoir fermé la porte de son château...
L'un et l'autre se sont mis à sa recherche, mais ce fut en pure perte. Personne ne l'avait revue depuis leur abandon commun. Ils se sont rencontrés et partagé leur chagrin, mais le temps passait et ils l'ont cru morte, dévorée par des loups (qu’eux jugeaient plus cruels que les humains) leurs remords faisaient peine à voir...
Le jeune Prince pour essayer d'oublier s'est mis à chasser chaque jour jusqu'à ce qu'une saine fatigue lui permit de dormir. Trois ans s'étaient écoulés quand un jour où il était très éloigné de son château, ses chiens ont pris la piste d'un loup qui bien plus malin qu'eux faisait de grands tours, revenant en arrière pour les semer complètement. Trop tard pour rentrer au château, le Prince a cherché un abri dans un taillis et s'est recroquevillé pour dormir. C'est alors qu'une voix mélodieuse et lointaine s'est mise à chanter le lied d'Augustin, avec grande tristesse dans le final : « tout est bien fini... »
Relevé d'un bond, il a suivi la direction d'où était arrivée la voix, et est arrivé à la cabane où il y avait du feu à la lueur duquel, il a vu côte à côte : un grand vieillard, un grand loup gris et... « Sa » Princesse encore plus belle malgré son air triste....
Tout est bien qui finit bien. Pour ce conte maintenant, on peut dire qu'à la grande joie de l'empereur, "lls se sont mariés et ont eu beaucoup d'enfants." Le vieillard, lui, a préféré rester avec son loup dans les bois, mais ils allaient le voir souvent !
FIN
Merci à Murielle pour ce thème qui m'a permis de protester, en adulte, à une fin que j'avais trouvé cruelle dans mon enfance... Merci au jury de s'être astreint à ces longues lectures et pour son indulgence vis à vis du prosateur !