totora
Nouveau poète
« A force de regarder en direction du vide, on en à oublier ce que l’on contemplait à la base. Ce monde sombre et malsain ? Ce monde vulgaire aux courbes bien trop étranges, aux lignes à peines plus droites que mes sourires dans leur sincérité. J’en ai la nausée rien qu’à y penser, rien qu’à m’imaginer le futur, avec ses fenêtres crasseuses, dans un petit appart’ insalubre, avec la fumée qui laisse des traces noires sur le plafond. Un endroit glauque et idéal pour y mourir paisiblement. Ce chemin, cet horizon, le regard en coin perdu dans une unique direction. Alors je te conseille de garder tes pieds bien ancrés sur terre si tu ne veux m’accompagner. Il fait froid et mon dos est humide, des phénomènes un peu trop normaux, pour ne pas dire qu’il est part à normalité. Normalité ? Normalité… Au fond… Au fond, on fait ça pour quoi ? Vas y trouves moi un but, ou restes tes bras ballants, fais les saigner abondamment. Laisses la poussière et l’air poisseux encombrer tes veines. Pour être heureux, c’est ça être normal à tes yeux ? Un taff’ chiant, une femme, des enfants, une petite maison bien propre, bien rose avec des tableaux pour t’en faire un scaphandre et ne plus respirer les exhalaisons des corps entrechoqués, des surface bien trop oxydée… et si nous aussi on prenait un peu l’oxygène ? Ça ne sert à rien de rester enfermer, dans le noir de notre chambre, à ressasser, et encore ressasser ce qu’il aurait fallu faire, ce qu’il n’aurait pas fallu faire ! Qu’il fallait bien mourir… chut ne pensons pas à ça ! C’est contraire à la dictature actuelle du sourire.
Dis, tu les entends les autres ? Dis tu les entends ?! Je ne veux plus les voir, plus les entendre, ils parlent trop, rient trop, sortent trop, existent trop. Se racontent des histoires, se chantent des chansons, parlent de culs comme on parlerait du silence. Parlent des ondes qui s’infiltreraient dans nos têtes, parlent de la pluie et du beau temps. Existent, existent bien trop. Assez, assez j’ai du son plus qu’il ne m’en faut, j’ai de la fatigue accumulé à trop sourire, trop parler, trop rigoler pour évacuer la tension, à trop marcher, trop ramper dans la boue froide de mes émotions.
Ça me fait peur quand je regarde ce que je ne suis plus, souriant, rieur, sincère.
Ça me fait peur quand je regarde que j’ai oublié comment j’étais hier… Je ne suis pas prêt à l’accepter… Ou alors je veux que ça s’arrête, qu’il n’y ai plus de levé du soleil, histoire de se sentir vivant sans en avoir conscience, parce qu’après tout nous ne sommes plus vivant qu’à bout de souffle. Après tout… Oui, après tout on fait ce que l’on désire non ? Rassures moi, si je veux fondre là d’un coup, disparaître, ne plus n’être que poussière et vent, c’est possible ? Rassures moi, je peux me rendre invisible aux yeux des autres, me fondre dans cette masse informe, dans cette sueur lourde. Histoire… qu’il n’y ai plus rien. »
Dis, tu les entends les autres ? Dis tu les entends ?! Je ne veux plus les voir, plus les entendre, ils parlent trop, rient trop, sortent trop, existent trop. Se racontent des histoires, se chantent des chansons, parlent de culs comme on parlerait du silence. Parlent des ondes qui s’infiltreraient dans nos têtes, parlent de la pluie et du beau temps. Existent, existent bien trop. Assez, assez j’ai du son plus qu’il ne m’en faut, j’ai de la fatigue accumulé à trop sourire, trop parler, trop rigoler pour évacuer la tension, à trop marcher, trop ramper dans la boue froide de mes émotions.
Ça me fait peur quand je regarde ce que je ne suis plus, souriant, rieur, sincère.
Ça me fait peur quand je regarde que j’ai oublié comment j’étais hier… Je ne suis pas prêt à l’accepter… Ou alors je veux que ça s’arrête, qu’il n’y ai plus de levé du soleil, histoire de se sentir vivant sans en avoir conscience, parce qu’après tout nous ne sommes plus vivant qu’à bout de souffle. Après tout… Oui, après tout on fait ce que l’on désire non ? Rassures moi, si je veux fondre là d’un coup, disparaître, ne plus n’être que poussière et vent, c’est possible ? Rassures moi, je peux me rendre invisible aux yeux des autres, me fondre dans cette masse informe, dans cette sueur lourde. Histoire… qu’il n’y ai plus rien. »