À temps j'ai éteint la lampe avant qu'elle n'avale le papillon et dans le silence l'insecte a pris d'étranges proportions faisant bourdonner l'obscurité Le chat n'en croyait pas ses yeux épanouis en fausses fleurs dorées par la convoitise : agrippé au sol hypnotisé par les ailes que lui seul pouvait voir. Toute la pièce était tapissée par le vol Et nous sommes restés à écouter, à regarder la reconnaissance du papillon. Puis tout s'est calmé l'insecte endormi ou envolé par la fenêtre le chat est passé en veilleuses la chambre a retrouvé sa peau d'âne et la nuit sa mesure Mais quand j'ai voulu la rallumer la lampe mécontente a fait la sourde oreille s'est cantonnée dans un mutisme boudeur a refusé d'ouvrir l'œil. Ou est-ce le papillon qui avait avalé la lumière ? in « De Lune et d'Or » - 1997 poeme de paule domenech