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Renée prostituée ( prose )

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion janu
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janu

Maître Poète
Renée prostituée pour sauver sa famille…
Ouargla 19.... Une ville de garnison du Sahara Français de l’époque. Nous étions plusieurs radiotélégraphistes civils envoyés en renfort pour cause de rupture des contrats de radios militaires. D’entrée j’ai été envoyé à la station d’émission pour remplacer provisoirement le chef de station avant l’arrivée d’un titulaire. Un caporal chef, avec qui j’ai sympathisé m’a dit que l’épouse d’un adjudant chef du génie militaire, un ivrogne invétéré, en était réduite à recevoir des messieurs, contre 150 fr l’heure passée chez elle. Sur rendez-vous et uniquement sur recommandation d’un habitué…
Elle avait deux enfants scolarisés à Batna dans le nord. Et une belle-mère à sa charge, pauvre vieille complice de sa belle fille. Elle avait commencé par se faire ‘dépanner’ par des copains de son mari, sous officiers comme lui. Puis le bouche à oreille avait élargi le cercle de ce qu’il fallait bien nommer ses ‘clients’ ! J’avais dix huit ans et en état d’abstinence provisoire ( je l’espérais ! ) J’étais curieux aussi et un peu sceptique…Il m’a procuré un rendez-vous !
En début d’après midi, il m’a donc accompagné à cette maison sise à l’orée de la ville.
Une dame est venue nous ouvrir la porte de derrière qui donnait dans une ruelle déserte. Une grande femme mince, on peut dire ‘maigre’ . Son visage régulier aurait pu être beau sans les plis amers de la bouche et son air sombre. Les yeux par contre, noirs, brillants étaient la partie vivante de ce visage, sous des cheveux noirs avec une demi frange sur le front.
Le copain m’a présenté et est reparti illico. Sans un mot, elle m’a fait signe de la suivre, et derrière elle je suis arrivé dans la grande chambre du bas où elle officiait. Elle s’est retournée vers moi, main ouverte, j’y ai mis les billets que j’avais préparés.
Dans un coin de la pièce, il y avait une tringle et un rideau qu’elle a tiré, révélant ce qui était censé représenter une salle de bains. Un robinet et un évier… à côté une table basse de sous laquelle elle a tiré un bidet amovible en plastique qu’elle a rempli d’eau. En même temps, elle a enfin parlé :
-Déshabilles-toi et poses tes affaires là… tu peux te faire une ‘petite toilette’ directement à l’évier…
[ Donc, elle tutoyait… mais sa voix était monocorde et aussi triste que tout ce qui se dégageait d’elle ]
Elle a enlevé sa jupe sous laquelle… elle n’avait pas de culotte ! Et elle s’est accroupie sur son bidet. Plus que gêné, j’ai enlevé le short et le slip, puis au robinet je me suis savonné et rincé le sexe…me disant que pourtant d’après tout ce qu’on m’avait raconté sur les ‘bordels’ européens, c’était la dame qui procédait à la toilette du monsieur ?
Séché, toujours mal à l’aise, je me suis retourné et avancé vers le lit où elle était déjà installée ! Elle avait conservé son chemisier. Allongée à plat dos, les yeux fermés, visage crispé. Elle avait les genoux élevés et écartés… Face à moi, j’ai vu son pubis orné de poils noirs frisés, et le bombé des grandes lèvres qui laissaient deviner la fente du sexe féminin !
A ce moment, quelque chose s’est passé en moi, que je ne puis encore à ce jour expliquer. Sans réfléchir, je me suis arrêté dans mon approche et dit :
-Madame, j'ai honte. Je sais par X… que vous êtes obligée par la vie d'en arriver là, mais moi comme ça, je ne peux pas ! Gardez les billets et excusez-moi… je m'en vais !
Elle a rouvert les yeux et je me souviens de sa voix froide, furieuse :
-Il te faut quoi ? mes ‘figues sèches’ ( seins ! ) à caresser ? où te ‘sucer’ d’abord
( fellation ) comme certains vieux ‘cons’ ? alors c’est cinquante francs de plus…
Sans répondre, j’ai commencé à me rhabiller, mais soudain, pétrifié, je l’ai entendu renifler et bredouiller :
-Toi, au moins tu m’as parlé comme à une dame, pas comme à une ‘pute’… viens !
allez… viens prés de moi… on va s’arranger !
Elle a enlevé son chemisier, et moi, allongé à ses côtés, nous avons d’abord parlé. Elle m’a raconté ce que je savais déjà. Les enfants en pension qui coûtaient cher. L’annexe du génie qui ne faisait rien pour obliger son mari à lui donner plus que le minimum imposé chaque mois…
Et pourquoi on ne les avait pas virés du territoire ni cherché d’histoires malgré que … leur ‘histoire’ ( !) soit connue de toute la gente militaire ! Ses rencontres extra conjugales qui avaient commencé avec des collègues de son mari, puis le cercle s’était élargi ( si je puis dire ! ) mais avec des militaires seulement. Elle m’a précisé :
-Ces vieux ‘cochons’ d’officiers, même des haut gradés viennent ici pour faire ce qu’ils ne font pas avec leur ‘bobonne’… cinquante francs de plus pour se faire ‘sucer’, et trois cent francs au lieu de cent cinquante pour…tu devines quoi !
Je n’ai pas pensé à la sodomie, et naïvement, j’ai demandé :
-Oui, pour quoi ?
-Pour… l’autre ‘trou’ pardi ! Ils aiment la merde ces ‘fumiers’ qui ensuite se la jouent au grand seigneur dans leur société fermée !
Pendant ce temps, comme j’étais jeune, et mes mains pas inactives pendant tous ces monologues, qu’elle était ‘réceptive’ et détendue, les yeux ouverts cette fois : il y a eu… deux assauts !
Ce qui lui a fait dire :
-Eh ! ben, pour quelqu’un qui disait ne pas pouvoir… Mais tu as des égards, toi. Et tu as les mains douces, tiens, ça n’a pas été une corvée avec toi !
Quelques jours après, un remplaçant militaire étant arrivé à la station d’émission, j’ai rejoint le Centre. J’ai raconté à mes ‘potes’ : Dédé et Guy…
Il y avait un numéro à appeler, à certaines heures, un code pour prendre rendez-vous…
L’excuse de la curiosité pour eux aussi, ils y sont allés tour à tour ! A ma connaissance, d’autres encore on fini par utiliser la… filière : Les ‘gonades’, vu les menus épicés et le thé à la menthe, ça nous travaillait tous !
Moi, je n’y suis retourné qu’une fois avant de faire ami-ami avec Lydia, et plus avec celle-ci car affinités !
Exit Renée, ‘prostituée’ de par la vie…
Et de par son ‘homme’ !!
*
 
La misère financière et affective amène parfois à ce genre d'extrémité. Une époque difficile que tu nous conte si bien. Amitiés.
 
Une vie cruelle et sans rêves ...la réalité d'une pauvre femme hélas qui s'est forgée une carapace pour survivre...Bravo pour ce récit très réaliste...Un talent de conteur....Bisous...Lys
 
c'est touchant ,
et pourtant combien sont ceux qui ont du en rire ,
les humains sont tellement différents ,
on ne peut pas dire bêtes ,,non les animaux ont plus de coeurs que nous tous réunit ,
joli prose ,j'adore lire tes prose ,car ,on se retrouve un moment ailleurs ,oui
bisous lola
 
Joli prose si bien expliqué, de toi qui faisait voir que ton coeur primait avant tout autre chose, au moins toi tu l'a respecté tu n'étais pas comme les autres, qui la prenait comme une vulgaire p.u !
Ce qui prouve déjà si jeune, ce que tu étais dèjà et que cette femme a dû bien apprécier d'être considéré autrement !
Cela a dû lui faire du bien au fond de son coeur !
Grosses bises Amicales de Patou .
 
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