totora
Nouveau poète
« L’ombre et la tiédeur que nous laissait le soleil pour répit, je crois, me fatiguait plus qu’il me reposait. Les nuages stagnaient dans le ciel et me laissait pour mort, blanc, pâle, déglingué sur la chaussée, j’avais un peu froid. – Dis, tu crois à la réincarnation ? Tu crois qu’il y a quelque chose après la mort ? Quelque chose de beau, de coloré, avec des couleurs chaudes, tout ça. Moi je suis épuisé. – Les nuages continuaient d’éclipser ce que je savais trop loin. C’est haut le ciel, c’est haut et c’est lourd, comme le temps qui passe, comme les échéances qui approchent. – Dis, tu m’aides ? Tu n’as qu’à pousser un peu ce tas de coton qui cache les rayons d’un soleil pâle, j’ai envie que tout se calme, qu’il fasse à nouveau froid, qu’il fasse jour, tout le temps et que mes paupières n’ai plus à se fermés, car fermer les yeux c’est penser, et penser c’est la mort ! – Mes pas, battent lentement le pavé, ils sont dans une espèce de cadence lourde et démesurée, mes jambes flageolent, mes yeux me brûlent, et ma tête m’assomme, j’en ai marre de te songer. Tout ça, ça ne rimes à rien, c’est encore un échec, comme avant, comme aujourd’hui. – Que vais-je faire maintenant ? Tu le sais toi ? Est-ce que je vais fuir, comme je l’ai fais avec toi déjà ? Est-ce que, à la première grosse difficulté, je vais abandonner, et ne plus vouloir donner signe de vie, quoi ? Une heure ? Deux heures ? Et revenir avec tous ces bibelots cassés. Qu’ils étaient beau tout ces bibelots, ils n’étaient là que pour le paraître n’est ce pas ? Ton sourire, le mien, le notre. – L’ombre et la tiédeur que nous laissait le soleil comme pour répit, je crois, disparaissait avec la nuit. Au fond t’as raison ouais, j’ai déjà perdu. On appel ça, la résignation. »