Je ressens le besoin d’exprimer mon avis sur cette affaire. Ça va être un peu long, genre un petit pavé. Parfois, pour s’exprimer au mieux, c’est difficile de faire court. J’espère d’ailleurs arriver à m’exprimer au mieux.
Je suis toujours d’avis d’attendre la résolution par la justice, autrement dit la fin de l’enquête et la fin du jugement.
Néanmoins, ce qui a déjà été avéré, c’est un ensemble de comportements de sa part qui pour moi est simplement inacceptable, et qui aurait dû être qualifié ainsi depuis longtemps.
Tout récemment, le parquet a d’ores et déjà parlé de « faits » et non de « faits présumés », de « victimes » et non de « plaignantes », ce qui n’est pas courant. S’ils choisissent ces termes, je leur fais confiance sur leur pertinence.
Quatre juges d’instruction sur l’affaire. La question de la détention provisoire a été posée, même si finalement il est pour l’instant libéré et sous contrôle judiciaire. Tout ça n’est pas anodin, et semble présager de quelque chose de sérieux.
Également, la présomption d’innocence, notion et valeur essentielles pour notre justice et notre démocratie, est une notion sur le plan pénal, mais n’empêche/ne doit pas empêcher, à mon sens, l’indignation publique et le soutien aux victimes.
Je sais que d’autres personnes que moi préfèreraient l’expression « interrogation publique » plutôt que « indignation ».
Je comprendrais cela, mais songeant aux parcours de combattant que doivent mener les victimes dans ce genre d’affaires, la redondance de certains éléments, comme par exemple le sentiment d’impunité des agresseurs, je trouve cette indignation nécessaire et salvatrice.
Je rejoins aussi l’avis de celles et ceux qui considèrent que le « tribunal médiatique » ne peut pas être considéré comme une double peine.
Lorsqu’un artiste connu se rend coupable d’agressions, sa carrière, somme toute, est rarement réellement mise en péril. Car ces personnes ont toujours un public, parfois prêt à les défendre avec véhémence, ainsi que des soutiens publics ayant de l’influence. La plupart du temps, l’argument « Ils ont bousillé sa carrière alors que le jugement n’était pas encore rendu », ne tient pas, car il ne reflète pas la réalité, la réalité étant: trop souvent, des carrières qui continuent, avant pendant et après procès même en cas de condamnation, et des positions de pouvoir qui ne sont pas remises en cause.
Je suis aussi de la team N’ayons jamais d’idoles. Jamais.
Attendons le fin mot de l’histoire, probablement un procès dans deux ou trois ans.
Soutien à toutes les victimes d’agressions.
Soutient aussi évidemment aux personnes accusées injustement, mais en précisant qu’elles sont plus beaucoup moins nombreuses que les victimes avérées. Il y aurait entre 1 et 7 pour cent de faux témoignages, et l’on pourrait faire un focus rien que sur ce sujet : les personnes soupçonnées et/ou condamnées injustement sont souvent des personnes appartenant à une minorité pouvant faire l’objet de discriminations : une personne handicapée, une personne à la couleur un peu « trop foncée », ou simplement un innocent qui n’a pas les moyens financiers de se défendre correctement.
Et si l’on fait un focus dans le focus, notamment en lisant des rapports d’associations et autres études (de psychologues, de sociologues, d'historiens), il s'avère qu'un pourcentage certain de ces femmes ayant accuser injustement, avaient en fait réellement été violées, mais en réalité au sein de leur famille (ce qui n’excuse en rien leurs accusations mensongères, mais cela permet de comprendre davantage ce qui peut se jouer alors : une situation où une femme (ou un homme) a été victime, mais n’a pas pu l’exprimer, par exemple à cause d’une omerta familiale, et qui accuserait quelqu’un d’autre pour au final, pouvoir exister en tant que victime, même si ce faux témoignage est abject (là j'ai surtout en tête des situations ayant eu lieu durant la ségrégation aux Etats-Unis, des femmes blanches victimes d'inceste ayant accusées des hommes noirs, mais hélas, en France on peut avoir des affaires similaires, par exemple le cas de Farid, condamné à tort pour viol, innocenté par la justice au bout de 23 ans).
Tout ça pour dire que les faux témoignages existent. Mais qu’ils sont visiblement rares et qu’ils nécessitent sûrement une grille d’analyse particulière et assez poussée.
Bref, attendons.
Belle journée pleine d’humanité à vous.
Soyons de belles personnes par nos actes, dans ce monde incertain, c’est peut-être notre seule valeur sûre.
Merci pour ton texte, Kinkin
Au plaisir de vous lire, encore et encore, tous et toutes.