rivière
Maître Poète
L’ovale de ton visage
Parfois,
quand l’abattement envahit mon âme,
je te contemple,
mon Impératrice de douceur,
je vois tes paumes de cristal
dont les voiles errent
sur la barre d’écume des bocages,
parmi l’hymne des oiseaux,
la nuit,
à la lueur de la chandelle
ou de la lune,
à chaque minute du sable des jours,
je fixe dévotement
l’ovale de ton visage
qui brille
sur ta taie d’oreiller.
Je chancelle
au miracle de tes paupières
que
savourent mes lèvres
au gré du collier des heures,
tandis que les strophes de ta chevelure de jais
se perdent
dans la liesse de feu du Midi.
Je ne peux
m’endormir ni veiller
sans
ton cou de porcelaine,
ton buste, et l’ogive de grâce
de tes bras que louent
la gloire des ramures
et les roses des layons,
et que dire de l’apparat de tes escarpins,
et de la moire de tes bas de soie
dont le crissement me ravit,
car tout en toi crie la Féminité.
A
tout heure du jour ou de la nuit,
quand monte en nous
le rut de la Jouissance,
nous nous allongeons,
nues, dessus
notre couche de langueur,
j’effeuille le lys de ta lingerie,
mes paumes entrouvrent
la fleur de ta vulve
jusqu’à la matrice,
tu hurles, tu frémis par saccades,
puis je cueille
en la coupe de mes mains
la
sève de tes amours si merveilleuses.
Aujourd’hui, et à jamais, mon Epousée,
oins l’humilité
et le dais de mes vers,
moi qui ne suis que ton ouaille !
Sophie Rivière
Parfois,
quand l’abattement envahit mon âme,
je te contemple,
mon Impératrice de douceur,
je vois tes paumes de cristal
dont les voiles errent
sur la barre d’écume des bocages,
parmi l’hymne des oiseaux,
la nuit,
à la lueur de la chandelle
ou de la lune,
à chaque minute du sable des jours,
je fixe dévotement
l’ovale de ton visage
qui brille
sur ta taie d’oreiller.
Je chancelle
au miracle de tes paupières
que
savourent mes lèvres
au gré du collier des heures,
tandis que les strophes de ta chevelure de jais
se perdent
dans la liesse de feu du Midi.
Je ne peux
m’endormir ni veiller
sans
ton cou de porcelaine,
ton buste, et l’ogive de grâce
de tes bras que louent
la gloire des ramures
et les roses des layons,
et que dire de l’apparat de tes escarpins,
et de la moire de tes bas de soie
dont le crissement me ravit,
car tout en toi crie la Féminité.
A
tout heure du jour ou de la nuit,
quand monte en nous
le rut de la Jouissance,
nous nous allongeons,
nues, dessus
notre couche de langueur,
j’effeuille le lys de ta lingerie,
mes paumes entrouvrent
la fleur de ta vulve
jusqu’à la matrice,
tu hurles, tu frémis par saccades,
puis je cueille
en la coupe de mes mains
la
sève de tes amours si merveilleuses.
Aujourd’hui, et à jamais, mon Epousée,
oins l’humilité
et le dais de mes vers,
moi qui ne suis que ton ouaille !
Sophie Rivière