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L'hostie de ma matrice

rivière

Maître Poète
L’hostie de ma matrice

Tu m’as laissée seule et nue,
cette nuit, dans notre borde
pour rendre visite
à une parente malade,

dehors, le vent d’hiver gémit
en de longues plaintes
et le Loir craque sous le poids de la glace
dans l’archipel des bocages.

Reviens vite, mon amour, mon âme,
afin que les entours connaissent à nouveau
la fougue de nos jouissements
dans les bruyères quand éclora la belle saison,

les mamelons de mes seins durcissent
à ton évocation, rappelle-toi
la cavatine de ta chair
contre la messe de nos soupirs.

Je ne possède plus de toi que quelques toilettes
et le musc de ton parfum, révèle-moi
l’encensoir de sérénité, l’éternité du silence,
la soie de ton prénom dans la langueur des heures,


apaise les feux de ma croupe et de mon front
qui me harcèlent, tout m’insupporte, je ne sais plus
que faire du drap sur lequel je veille, nue,
le corps ruisselant de sueur.

Malgré tous ces artifices,
rien n’arrête la montée de mon désir,
ma main droite glisse
sur mes cuisses, mon ventre,

piaffe d’impatience, et mon index
s’achemine jusqu’à l’hostie de ma matrice,

il monte et descend sans répit,

bientôt je ne suis plus que
braises, gémissements, cris, soupirs,
mille soleils d’extase me crucifient,
et je suis transportée par la houle de mon rut.

Je gis maintenant à jamais rassasiée
sur le dais des splendeurs,
mais mes amies, ne dévoilez pas
mon écrin de liesse à ma Douce,

je veux garder
les
détails de cette nuit mémorable
pour moi seule…


Sophie Rivière
 
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