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Les râles du vent pavoisent

rivière

Maître Poète
Les râles du vent pavoisent

Les nuages glissent à l’horizon, les râles du vent pavoisent,
cependant, les ciels d’azur apparaissent, et ruissellent de clarté,
les vaisseaux des oiselles montent vers les solives du zénith,
j’erre dans la Lumière, je ris au triomphe du matin,

je vais à ta rencontre, ô ma Sirène. J’ai quitté voilà peu
ma borde avec au coeur les psaumes de notre Amour,
et les souvenirs de nos soupirs dessus l’ivoire de ta couche,
peu me chaut les ricanements et les violences de certains hommes

quand nous nous promenons, paumes entrelacées, parmi
les bocages et les rues de Paris où nous nous rendons parfois,
mon corps tendre s’incline à l’essaim de mes pas
dessus les sentes et les paroisses des violettes,

j’ai tant besoin de tes baisers.
Je ne supporte plus les cendres de ton absence,
mes longs cheveux de jais tanguent aux trirèmes des airs,
la prunelle de tes iris me fixe,

je sais l’haleine de nos luxures dès que tu me possèdes,
et la royauté de ta pureté, l’émeraude des arbres adoucit
les paupières mi-closes des mousses,
j’erre dans la Lumière, je vais vers toi.

Mon sac à main glisse sur mon épaule,
au rythme lent de la scansion de mes escarpins,
je veux tenir entre mes paumes la brise de ta volupté,
et l’éloquence de nos étreintes,

je vois luire les reflets d’ardoise de ta maison,
je m’approche, ma micro-robe de tulle, mes bas de soie, et
mes hauts talons psalmodient la magnificence de ma féminité,
mes seins lourds, durcis de plaisir, tressautent,

tandis que flamboie la Toison-corolle de mes impudeurs,
je veux te prendre tout contre moi.
Bientôt, j’ôterai mes vêtements,
je te rejoindrai,

et,
face à la houle de mes divines envies,
je te chevaucherai,
et tu seras à jamais ma Proie !

Sophie Rivière
 
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