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Les pommiers se courbent sous le vent

rivière

Maître Poète
Les pommiers se courbent sous le vent

Le soleil est haut dans les ciels d’azur du Maine,
les pommiers de notre jardin se courbent sous le vent,
tandis que piaulent les oiselles dans les bocages,
tu es partie à ton travail ce matin, ô ma Sirène,

tu as laissé, près de moi, sur le sol, un bas de soie
que je prends dévotement, et que je hume avec ravissement.
Je me lève lentement de notre couche, je m’étire comme une chatte,
nue, mes seins pigeonnants et lourds tressaillent

à chacun de mes mouvements, la fourrure d’ébène
de ma Toison-pétales brasille à l’éclat du soleil qui glorifie
les langueurs énervées de ma magnificence.
Mes jambes fuselées me portent vers notre armoire,

j’entends encore tes râles de plaisir résonner en
notre chambre quand je t’ai possédée des heures durant,
tu étais si féerique à la lueur des cierges de lune et
de nos chandeliers que, poétesse de Lesbos,

j’ai écrit une ode érotique à ta gloire, je te la lirai
à ton retour, parmi les paupières mi-closes de la brune.
La luxure m’envahit, je veux sentir ton corps contre le mien,
mamelons contre mamelons, sexe contre sexe,

et t’emmener jusqu’aux plaines de la Jouissance,
là règne la vraie vie.
J’allume mon écran d’ordinateur, et je regarde évoluer
des actrices saphiques, le Désir monte en moi,

je saisis un objet que tu as béni, ô mon amante,
j’évoque ici le godemiché, je l’enduis de salive,
je me place, languide face aux lys de clarté,
je le rentre lentement de ma rivière d’amour

à la grotte de ma matrice, j’accélère mes gestes délicats,
bientôt, je pousse des petits cris de biche effarouchée,
je geins, je gémis, je hoquette ton nom de baptême, soudain,
cambrée de lasciveté, je hurle des lais de sensualité,

le nectar de ma sève sourd, et je le bois en ton honneur,
je vais recommencer, car il n’y a rien de plus pur
en ce monde que les orgues de nos amours
si divines et si féminines !

Sophie Rivière
 
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