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Les pensées célèbres, celles de la Vagabonde de la Poésie, les pensées Momoriciennes et les vôtres si le coeur vous en dit

Après cette forte pensée un peu de lecture.

Enselme et Cyprien deux vrais pauvres d’autrefois en pays d’Olt.

Histoires vécues.

« Misère misère, c’est toujours sur les pauvres gens que tu t’acharnes obstinément! ».

Je me dois de n’oublier personne ce brave Anselme le fossoyeur qui avait disait-il bien connu mon oncle le professeur de lettres, il ne manquait pas de nous le rappeler lorsqu’on le rencontrait, les occasions n’étaient pas rares à cette époque, les enterrements se succédaient,la vaccination anti grippe n’existait pas encore!.

Ce brave Anselme se plaisait de nous dire : « J’ai bien connu Roger, je suis été à l’école avec lui!.»

Il ne manquait pas une occasion pour discuter un moment avec le curé du village en le harcelant de : « putain de moine monsieur le curé!».

Il était très maigre et aussi blanc de visage que les clients qu’il transportait gratuitement à leur dernière demeure!.

Un soir d’été, alors qu’il s’était rendu à Capdenac récupérer un cercueil sur mesure chez le menuisier, en prévision de la mort de la pauvre mère Couderc qui avait "perdu la tête!" sûrement à cause d’un coup de vent, il fut confronté à un violent orage, qui le plongeât en un instant dans un lieu sombre et lugubre!.

Sa vieille jument grise, connaissait le chemin sur le bout de ses sabots, elle en avait essuyé bien d’autres et sûrement des pires!.

Aussi notre brave Anselme, décida sous une pluie bâtante éclairée seulement par les flèches du diable, de profiter d’un abri bienvenu et providentiel en se glissant dans le cercueil.

Ce convoi exceptionnel s’il en est, continua sa route dans la côte de Roquefort quand soudain une salve de coups de claxons à réveiller un mort couvrît le grondement du tonnerre!.

Notre homme endormi sursautât dans la boîte, se cognant au couvercle il le soulevait d’une main en se frottant la tête de l’autre, hurlant sa douleur au grand air, blanc comme un linceul!.

Nos automobilistes voyant ce cadavre fantomatique ébloui par les phares de leur voiture se ranimer sous leurs yeux, furent pris d’une frayeur soudaine et après un demi-tour digne des meilleurs films d’action hollywoodiens prirent la fuite!.

Anselme lui, n’a jamais su nous expliquer ce comportement indigne de ces personnes étrangères à la région en manque total d’éducation.

Il est mort au cimetière du Mas du Noyer occupé à creuser une fosse pour son prochain client!.

Un deuxième pauvre gravitait dans la région il connaissait les lieux comme sa poche trouée, couvert de haillons je ne lui ai jamais connu une autre tenue, il l’a portait pour les obsèques de sa pauvre femme Virgile et très certainement pour le sien!.

Il vivait de misère avec son amour dans une vielle bâtisse au fond d’une mansarde , où seul un morceau de toit qu’il entretenait les abritait des intempéries.

Cyprien passait régulièrement nous proposer des escargots, des châtaignes, et un tubercule prisé par les riches aujourd’hui, que l’on nomme truffes!.

Il n’avait pas son pareil pour trouver l’or noir du Quercy ce pauvre hère!.

Nous étoins ses amis il venait à la maison pour troquer sa marchandise, et il repartait avec quelques sous après avoir partagé une bonne soupe campagnarde.

Ma grand mère qui était une excellente cuisinière l’invitait à déguster des mets dont elle avait le secret, escargots à l’oseille. truffes fraîchement cueillies et voici une de ses recettes très simple que je vous recommande!.

Vous achetez un kilogramme d’or noir du Quercy, vous le coupez en très fines tranches vous assaisonnez légement et vous dégustez, c’est excellent.

Ainsi les pauvres avant pouvaient se régaler avec des assiettes aujourd’hui réservées aux riches. Un kilogramme de truffes se négocie actuellement entre huit cent et mille deux cents euros!.

Revenons à notre brave homme, un jour les pompiers sont venus le prévenir d’un drame qui venait de se produire au passage à niveau de la Madeleine.

Sa pauvre aimée Virgile sourde comme un pot avait été la malheureuse victime d’une satanée locomotive à vapeur, en apercevant les restes éparpillés, il a eu cette phrase mémorable qui en dit long sur leur vie amoureuse.... en patois traduit....

Milla Diou…Aqueste cop ela comprès !.

" Ce coup ci elle a compris!".
 
Les langues de vipères de notre belle région!.

Arthur Rimbaud les aurait surnommé les bouches d’ombres, je vais toujours plus loin que lui, je les ai baptisé avec toute l’affection que je leur porte les bouches d’égouts.
Chez nous et ailleurs, les gens les appellent communément, les langues de vipères !.
Je ne pense donc pas que cela soit lié à une particularité de notre cité antique quoique, elles se distinguent par leur facilité à véhiculer des ragots de tous genres, ainsi nos connaissances ou pas, sans être forcément curieuses, peuvent avoir de nos nouvelles sans se déplacer sur de longues distances, ce qui est bien pratique reconnaissons le !.
Il leur suffit pour cela, qu’elles tendent l’oreille et ce qu’elles entendent , leur permet à leur tour si elles font parties du milieu de véhiculer toutes sortes de conversations bienveillantes ou malveillantes, bien entendu cette dernière possibilité est bien plus intéressante car elle ne manque pas de piquants atouts !.
Le menu des ragots est donc très varié, la recette à toutefois tendance au fil d’une propagation galopante à amplifier quelque peu ce que j’appelle le vérité vraie, c’est à celle où à celui qui apportera la meilleure touche poivrée finale, celle qui procure un goût inimitable aux meilleurs recettes de nos grand-mères!. Là, s’appliquera de toute évidence la pensée de Pascal : "À la fin de chaque vérité, on se doit d’ajouter, que l’on se souvient de la vérité opposée". Évidemment souvent, la personne du pays aura une fâcheuse tendance à commérer sur son voisin direct, est-ce du à l’héritage de ces ancêtres autour d’un lavoir ?…ne doit-on pas laver son linge sale en famille ? Il n’y a pas de règle, c’est humain paraît-il, les bouches nauséabondes finissent toujours par avoir une meilleure connaissance de la vie de la cible que de la leur, elle est tellement extravagante et salissante elke mériterait à elle seule un petit roman. Ce livre ouvert sur l’intimité du pauvre condamné malgré lui s’étoffe inexorablement, et finit par devenir une œuvre fleuve, et dieu seul sait si elle aura une fin un jour, elle pourra le vider de son sang telle une sangsue, jusqu’au pied de sa tombe !.
Le désigné finira par ressembler comme deux gouttes d’eau à celui qu’il n’est pas, incroyable non ?. Il percevra jour après jour les regards qui le suivent, le juge, le jauge même au point de le mettre parfois très mal à l’aise. Il deviendra malgré lui l’attraction d’une partie de la population il s’en étonnera presque. Pourquoi cette renommée acquise de bouches sombres en oreilles d’âne l’accable t’elle avec tant d’obstination ?.
Il sera le seul à ne pas connaître page à page cette saga, et il en s’en attristera!. Peut-être qu’un jour un homme sage à l’oreille attentive sélective la lui racontera, et ils finiront tous les deux par en pleurer…de rire bien entendu!.

Photographie…Toute864F8A45-6FE5-48D2-A18B-B5DBE0379CDF.jpeg ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite !
 
Une journée de classe comme tant d’autres à Capdenac Gare au tout début des années soixante!.

La cour de récréation était au même endroit que celle que vous connaissez aujourd’hui. Quelques petits platanes l’agrémentaient et les instituteurs avaient pour habitude de la parcourir dans d’incessants et curieux allers-retours composés d’une marche avant et arrière. Ils discutaient entre-eux tout en surveillant les élèves qui jouaient. Un préau servait d’abri en cas d’intempéries et aux étourdis qui n’avaient pas appris la table de multiplication qui se trouvait au dos du cahier de brouillon, punition suprême pendant la récréation, avec celle du tour de la cour les mains sur la tête!. Une rangée de commodités turques aux portes pleines longeait le mur d’enceinte infranchissable. Bien entendu filles et garçons étaient dans des cours séparées, en ces temps reculés, l’éducation nationale ne prenait aucun risque!. On ne manquait pas d’imagination et intelligemment nous avions séquencé l’année par diverses activités. La rentrée des classes autour du vingt septembre était consacrée aux billes que l’on achetait chez la Marinette, pas très loin de l’entrée de l’école Saint Louis. Le paquet de cent billes en terre avait une valeur marchande de cent francs, la bille était donc à un franc!.
Ça c’est pour vous montrer, que je suis bon en calcul mental aussi!…sourires
Les agates en verre aux reflets multicolores étaient à dix francs, il existait le boulard bien plus gros mais aussi la bille en plomb. Tout cela pour vous faire comprendre, que nous pensions avoir une fortune en poche. C’était le cas d’ailleurs et elles se mélangeaient souvent dans la poche de notre tablier avec les châtaignes grillées. Soit on attaquait une partie de triangle , soit on jouait au trou!. Alors des phrases magiques jaillissaient de nos petites bouches : point de dégouline…je vais te kuffer…enfin une suite de mots que nous comprenions tous, et qui nous permettaient
de passer un agréable quart d’heure. Nous entonnions les qui sait qui veut jouer au gendarme et au voleur?… ou nous attaquions une partie du fameux trappe trappe, le temps passait bien trop vite à notre gré!. Certains élèves étaient de corvée pour allumer le poêle à bois ou à charbon, afin qu’une agréable chaleur nous accueille quelques temps après que la grande cloche actionnée par une corde ne résonne le moment du rassemblement. En moins de temps qu’il me faut pour l’écrire, les rangs par deux se formaient dans un silence qui aujourd’hui paraîtrait surprenant!.
Devant la porte l’instituteur nous faisait signe de rentrer.
Deux ou trois allées séparaient des petits bureaux à deux places où un petit banc servait d’assise aux élèves.
L’odeur bien particulière de la salle de classe
emplissait nos narines.
C’était un mélange olfactif difficile à décrire, craie, encre, gomme, de cahiers et de
livres sans oublier l’unique chauffage central aux effluves boisées qui envahissaient le lieu d’études. À l’époque des machines à vapeur, nous étions habitués à ce type de confort qui allait croissant au fur et à mesure que le temps passait!.
Après que l’ordre nous eut été donné de nous asseoir un deuxième arrivait rapidement.
Sortez votre cahier du jour!.
Le maître alors, commençait la leçon de morale très importante à ses yeux.
Après nous avoir expliqué les règles d’une bonne conduite sur divers sujets de l’existence, il prenait la craie et dans une écriture faite de pleins et de déliés le tableau s’incrustait de ses bonnes paroles. Une fois la phrase moralisatrice en place, nous devions à l’aide de notre porte plume légèrement humectée dans l’encrier la recopier. L’écriture est un art de nos jours oublié, je vous invite à consulter les anciens registres dans nos mairies pour en saisir les formes subtiles.
Plume légère en montant puis accentuée dans sa descente, la lettre ainsi devient ainsi une œuvre admirable.
Les taches ne sont pas permises il faut beaucoup d’expérience et de doigté pour obtenir un bien ou le très bien tant convoité!.
Les uns après les autres, nous nous levons et toujours dans le plus grand calme, nous avançons vers la chaire et tendons le cahier ouvert à l’homme instruit.
Il nous demande si l’on a bien compris la morale du matin, et nous pose une ou deux questions, sa plume imbibée d’encre rouge parcourt les quelques lignes et en marge tombe par magie l’appréciation.
Le bonheur on le ressentait déjà dans un assez-bien, alors lorsqu’on atteignait le sommet de la récompense avec un très bien, inutile de vous dire la fierté que l’on pouvait ressentir!.
Ainsi passait la journée où le français côtoyait les mathématiques, avec ces fameux trains qui partaient en gare de Capdenac vers Cahors à une certaine vitesse, mais qui contrairement à la régularité exigeait par la SNCF à cette glorieuse époque, n’étaient jamais à l’heure, et il fallait bien entendu dire à quel endroit ils allaient se croiser!.
Ou on sortait l’ardoise pour du calcul mental!.
Heureusement la brave cloche fixée à une solide poutre et actionnait grâce à une chaîne par un élève de service, venait à intervalles réguliers nous délivrer de ces prises de tète incessantes mais au combien instructives.
Le repas de midi qu’avait avec amour concocté la mère Closel arrivait à point, et nous faisions notre possible pour lui être agréable en l’aidant dans son service, afin de pouvoir avoir accès à la réserve de petits beurre, évidemment nous nous remplissions les poches sans le lui dire!.
La nourriture n’était pas très appréciée je n’ai pas touché un seul morceau de viande pendant toute ma scolarité, je n’étais pourtant ni végétarien ni hindou.
Je pourrai vous parler de l’odeur du réfectoire, tous les enfants qui l’ont connu en ont empreignait leur mémoire, curieusement ils ont tous la même senteur.
Pour ceux qui par hasard ne l’ont pas connue je ne peux la leur décrire, on ne peut que très difficilement parler de lumière à un aveugle!.
L’après se déroulait comme la matinée, mais notre plus grand bonheur venait encore de cette brave cloche qui à quatre heures et demi venait tinter la délivrance!.
Elle était accompagnée de cris joyeux dès que l’on passait le portail en fer forgé, pour regagner nos foyers à bord des cars Laurens, du moins pour ceux qui n’habitaient pas notre chère petite ville.
Merci de m’avoir lu.
 
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À lire sans modération!.

Dans le grand Figeac à une époque très reculée, les gens du pays d’Oc travaillaient sur les coteaux autour de notre belle cité. C’était des braves aux bras noueux et saillants comme les sarments. Cette vigne avait été cultivé par leurs parents bien avant eux. Ils avaient sué toute l’eau de leur corps pour arriver à faire d’un lieu aussi aride et propice à aucune autre culture un havre riche en espalier où mûrissait le grain précieux obtenu en héritage.
C’était donc un devoir de mémoire qu’il fallait absolument perpétuer dans le temps mais aussi dans l’espace où rien n’est gagné d’avance !.
Ils bravèrent ainsi les conditions extrêmes, furent soumis aux pires des catastrophes naturelles, ponctuées par de violents orages aux pics de glace venus du ciel aux blessures tranchantes comme des lames de sabre, suivaient des gelées tardives des brumes épaisses qui venaient lécher les feuilles fragiles en les couvrant de champignons que les têtes pensantes avaient surnommé mildious.
Et comme si cela ne suffisait pas à ce déluge infernal, une maladie venue d’un continent découvert par un Colomb allait décimer comme la peste méthodiquement les plateformes humaines au nectar des dieux.
Aussi les croix pour conjurer un sortilège
aussi terrible fleurirent sur les coteaux, il fallait absolument stopper ce fléau ravageur avant qu’il ne puisse éteindre une à une ce que la terre pouvait produire de plus précieux. Mais rien n’y fit, silencieusement le mal s’approcha des rampes pourtant si inaccessibles, et au grand désespoir des pauvres impuissants ravagea les unes après les autres les souches les plus vigoureuses qui essayaient pourtant de lui résister de toute leur faiblesse, jusqu’à l’instant où la fatalité a abattu le moindre espoir.
Ainsi ont disparu de nos contrées les vieilles souches. Cependant il fallait à tout prix conjurer un sort aussi injuste, éviter de se laisser abattre à son tour et avec toute la force que le désespoir peut engendrer chez l’homme, nos très courageux arrières parents entreprirent de replanter des pieds qu’on leur promettait résistant à toute attaque, et les mettraient à l’abri de ce fléau tueur sans pitié du sang sacré!.
Le courage ne manquait pas au pays, et dans un élan solennel à peine croyable les parcelles comme par enchantement bourgeonnèrent à nouveau aussi vigoureuses qu’avant.
Et rien n’a pu arrêter cette ruée vers cette belle renaissance, la grande guerre elle même n’en est pas venue à bout. Les femmes, les enfants, tous les bras du pays encore disponibles ont œuvré solennellement pour garder en état les sillons exposés au généreux soleil.
Nos valeureux soldats purent ainsi sous un déluge d’obus ont un lien étroit grâce à la puissance du liquide divin qui réchauffait leur âme avant que leur corps meurtri ne se refroidisse cruellement!.
Ainsi ont survécu les vignobles de générations en générations jusqu’au jour où pour des raisons si bien décrites par le grand poète Jean Ferrat les bras manquèrent à son entretien.
Aussi lentement que nos coteaux avaient vu naître les cépages, la rapidité avec laquelle ils ont disparu sous d’épaisses broussailles fut saisissante.
Les vieux eurent du mal à concevoir cet état de fait, mais hélas rien ne put arrêter ce déclin comparable au phylloxera dans une forme encore plus cruelle à comprendre et surtout à accepter par les anciens.
Décidément s’ils revenaient ils n’en reviendraient pas!.

 
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Des trains pas comme les autres, la ligne trans-quercinoise!.

Vous l’avez toutes et tous pris pour vous rendre à Cahors!.

Des trains pas comme les autres, la ligne trans-quercinoise!.

Le premier autorail que j’ai eu le «plaisir restreint» d’emprunter pour me rendre de la Madeleine à l’école primaire de Capdenac datait du secondaire. Il était pour l’époque très confortable bien plus que celui d’antan à l’ensemble des wagons au sièges en bois tractés par une sacrée bête noire!.
On n’échappe pas au progrès qui conduit au modernisme !.
Il s’arrêtait à toutes les gares entre Capdenac et Cahors, il prenait son temps.
Le contrôleur à la voix rocailleuse des causses, portait des gants blancs et vous étiez en droit de ne pas lui présenter votre titre de transport si par oubli il n’était pas ganté!.
Par les grands froids d’hiver comme celui de février 1956 où les températures durant tout le mois ont fait le yoyo entre moins 15 et moins 26 degrés la chaleur fournie par le poêle à charbon à l’entrée des wagons et de l’autorail était appréciée par tous les voyageurs !.
Il fallait beaucoup d’expérience et de doigté au conducteur pour s’arrêter face à la Gare !.
En effet le givre qui recouvrait les rails ne facilitait pas la manœuvre et suivaient alors des glissades spectaculaires sur plus de trois cents mètres!.
L’été en revanche nous profitions des larges baies vitrées coulissantes pour nous rafraîchir et cheveux au vent, nous respirions à pleins poumons l’air aux effluves campagnardes gratuites et généreuses.
Il était bien entendu recommandé de ne pas se pencher vers l’extérieur, à l’intérieur des frais tunnels aux parfums de cave enfumées indescriptibles.
C’était donc un havre de paix paradisiaque en déplacement sur une des voies les plus pittoresques de notre belle région.
Et comble du luxe ambiant les toilettes se présentaient sur leur plus belle face, avec un simple verrou coulissant qui garantissait l’intimité, et une vue imprenable sur les poutres qui défilaient à grande vitesse, l’ensemble harmonieusement cadencé à la manière d’un métronome par les intervalles de dilatation des rails.
Le Lot aux majestueuses boucles et aux couleurs changeantes se montrait toujours généreux pour le plaisir de nos yeux.
La nature apporte cet enchantement et est inimitable, de reliefs en reliefs de villages en villages classés, le film était passionnant et à la portée de toutes les bourses, tout s’animait dans les champs les collines et les prés c’était vachement beau!.
Déjà la publicité entrait dans les habitudes et sur un grand tableau il était écrit sous une photo représentant un homme rustre un litron de vin au pur sang seigneurial à la main :
Travailleurs, pour votre santé buvez au moins une bouteille de vin rouge tous les jours!.
Certains bons catholiques appliquaient cette recommandation à la lettre, et ne sachant pas très bien compter dépassaient souvent la dose prescrite!.
Les voyageurs sobres s’en apercevaient au départ du train du soir.
Il faut dire que l’euphorie pléthorique du peuple vers la médecine n’avait encore pas commencé!.
Il existait trois classes, histoire de ne pas mélanger la vraie pauvreté à un semblant de de richesse.
Les sièges en bois étaient relativement confortables et à la portée de toutes les bourses, et chose miraculeuse riches et pauvres arrivaient tous à la même heure en gare de destination, une vraie justice
à la clé sur ce parcours de soixante kilomètres , distance entre les deux villes principales.
Toutes les petites gares avaient leur chef de gare, cela permettait d’employer beaucoup
de personnes du terroir, les barrières aux grandes manivelles, elles aussi étaient occupées, toute cette vie qui s’agitait au moindre son d’un convoi en approche, a disparu aujourd’hui depuis longtemps, le mot chômage en ce temps pas si éloigné n’existait pas encore!.
Si! Si!…je vous demande de me croire!.
Mais l’heure n’est pas aux remords même si la voie a disparu depuis belle lurette, recouverte d’un épais linceul végétatif aux racines profondes et aux ramifications tentaculaires indestructibles!.
Longtemps on a cru à la remise en vie de ce parcours mythique et qui un jour appartiendra au monde des légendes.
Ah!…si les anciens revenaient ils n’en reviendraient pas, et ils se demanderaient avec anxiété du côté de l’aiguillage du Soulier, ce qu’est devenu le fameux décrochement qui un long instant laissait penser aux passagers que l’ensemble de la rame allait finir sa course où le lit du Lot lèche fraternellement les pieds de la cité gauloise d’Uxellodunum.
 
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