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Les guirlandes d'or de l'automne

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rivière

Maître Poète
Les guirlandes d’or de l’automne

Je chemine, adossée aux cathédrales des fougères,
parmi les guirlandes d’or de l’automne,
parmi les bocages et les sentes,
l’odeur des raisins m’enivre,

le vent soulève, languissamment, ma longue chevelure d’ébène
qui pend à la misaine de mon corps,
l’azur virginal déifie la clarté de ma magnificence,
tandis que la scansion de mes escarpins rompt

par à-coups le psaume infini du silence.
Les voiles des étoiles et des cierges de lune ont fui voilà peu
vers l’occident, mes lèvres gardent encore la délicatesse de tes lèvres,
ô ma Sirène, mon Impératrice de Grâce,

les champs d’asphodèle, et les amarantes, me révèrent,
et se ploient à mon apparition,
ma micro-robe de lin se parsème de lumière,
j’aspire à ta pureté, et à l’écho de ton harmonie,

les oiselles dans les vaisseaux des arbres écrivent sur le baldaquin
des zéniths des hymnes de délicatesse, dès que tu m’irradies
de ton sourire, et que tu me fixes,
j’exulte, l’autel du soleil nous bénit, et je redeviens Tienne.

Les hommes m’indiffèrent, et je n’ai que faire de leurs attouchements
quand je vais à la Ville, seul m’importe la sublimité de tes baisers,
les sanglots de mes ruts, et l’émeraude de notre Tendresse,
j’ai tant besoin de ta lippe et de tes paumes dessus ma Chair,

dedans ma rivière d’amour, et de nos étreintes,
car rien n’est plus magnifique en l’Univers
que la splendeur de notre Passion.
Tu t’es absentée pour ton travail, ô ma Déesse,

mais tu reviens dans quelques heures,
je t’attendrai en notre borde, dessus l’ivoire de notre couche,
je n’aurai pour ton vêtement
que mes bas de soie noirs que tu m’as offerts,

à ma vue, possède mes seins lourds et l’étole de ma Fourrure-corolle,
cambre-moi, sexe contre sexe dans l’innocence de la brune,
étreins-moi jusqu’aux abysses de la Jouissance,
lape le nectar de ma sève, et tu seras ma Suzeraine à jamais !

Sophie Rivière

 
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