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L'encens de tes ivresses

rivière

Maître Poète
L’encens de tes ivresses

Les feuilles frémissent
en ce jour de mai,
parmi le chuchotis du vent,

le Loir coule, paisible,
ô ma Vénérée,
tandis qu’au loin

se déroule
la
musique d’un nuage.

Nous nous promenons
paume
contre paume,

le sonnet d’une brise soulève
parfois
le casque de ta chevelure brune,

et
la moire de ta robe
qui accueille les cierges d’azur.

Nous errons
des heures durant
dans la prée,

les bocages connaissent
la
fleur de nos pas.

Nous sommes assises
désormais
contre un chêne,

face aux fronts des lueurs.
Je prends l’ivoire de ta main
que j’embrasse tendrement,

soudain,
s’insinue en moi
le sortilège du Désir.

J’ôte, fébrile,
le bouclier de ta robe,
et de tes dessous,

je suçote
ô ma vierge d’amour,
l’allégresse de tes mamelons,

la tiédeur de tes lèvres,
mes doigts honorent
le lys d’entre tes lys,

ton pertuis d’amour
où monte peu à peu
l’encens de tes ivresses,

ma dextre s’enfonce
en une coupe d’ongles
vers l’autel de ta matrice,

les
pétales de ta chair
se déplient,

tu soupires,
tu geins, tu suffoques,
tu pantelles,

appuyée sur tes talons
tes seins se tendent
vers l’hymne de Grâce,

et
ta cyprine ruisselle
dessus la clarté du Monde.

Tu me souris,
ointe par le Saint-Chrême de gloire
que je lape,

ô mon Impératrice de douceur,
saisissons
la caresse de ces instants,

et murmurons
l’ardeur de notre Tendresse
jusqu’à la fin des temps !

Sophie Rivière
 
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