rivière
Maître Poète
La royauté de nos magnificences
Nous cheminions ensemble,
paume contre paume,
parmi les bois et les forêts du Maine,
les bourgs connurent la scansion de nos escarpins
et la royauté de nos magnificences,
ô ma vassale d’encens,
nous n’avions que quinze ans,
et l’astre de beauté régnait en nos cœurs.
Un jour d’été, alors que nous nous reposions sous un chêne,
je me levai, je cueillis à ton intention
des brassées de lys,
mais je trébuchai contre une racine,
et je heurtai la colline de tes seins,
tu me retins, troublée,
tu me dirigeas par le bras dans un taillis,
puis, sans mot dire, tu effeuillas
le lys de mes vêtements,
tu m’allongeas
dessus le cristal des mousses,
et, haletante, face à la splendeur du monde,
tu m’étreignis des heures durant,
le fruit rouge de ta bouche
m’emmena
vers la lumière de la Jouissance,
et depuis lors,
ô mon Amante,
je te dispense à tout instant
des hymnes de tendresse
pour que ne s’éteigne pas
le triomphe de nos sens grisés !
Sophie Rivière
Nous cheminions ensemble,
paume contre paume,
parmi les bois et les forêts du Maine,
les bourgs connurent la scansion de nos escarpins
et la royauté de nos magnificences,
ô ma vassale d’encens,
nous n’avions que quinze ans,
et l’astre de beauté régnait en nos cœurs.
Un jour d’été, alors que nous nous reposions sous un chêne,
je me levai, je cueillis à ton intention
des brassées de lys,
mais je trébuchai contre une racine,
et je heurtai la colline de tes seins,
tu me retins, troublée,
tu me dirigeas par le bras dans un taillis,
puis, sans mot dire, tu effeuillas
le lys de mes vêtements,
tu m’allongeas
dessus le cristal des mousses,
et, haletante, face à la splendeur du monde,
tu m’étreignis des heures durant,
le fruit rouge de ta bouche
m’emmena
vers la lumière de la Jouissance,
et depuis lors,
ô mon Amante,
je te dispense à tout instant
des hymnes de tendresse
pour que ne s’éteigne pas
le triomphe de nos sens grisés !
Sophie Rivière