rivière
Maître Poète
La principauté de ta Grâce
Je te recherche à travers le Maine, ô ma Sirène,
je ne regarde plus la beauté des forêts et des hameaux,
je ne ramasse plus les amarantes et les lys,
je ne contemple plus la joliesse de ma longue chevelure de jais,
je ne regarde plus la beauté des forêts et des hameaux,
je ne ramasse plus les amarantes et les lys,
je ne contemple plus la joliesse de ma longue chevelure de jais,
les tertres de mes seins lourds qui tanguent,
libres de toute attache, et la fourrure de ma toison-corolle
qu’effleuraient lentement tes paumes, et que m’importe
la moire du soleil sur ma micro-robe de tulle transparente,
libres de toute attache, et la fourrure de ma toison-corolle
qu’effleuraient lentement tes paumes, et que m’importe
la moire du soleil sur ma micro-robe de tulle transparente,
parfois, je m’arrête, et je pleure, je confie aux arbres et aux oiselles
la détresse qui m’habite, mais seul me répond l’écho du vent,
je pleure alors, bercée par le souvenir
de tes râles d’amour, et de tes gémissements.
la détresse qui m’habite, mais seul me répond l’écho du vent,
je pleure alors, bercée par le souvenir
de tes râles d’amour, et de tes gémissements.
Tu es partie sans raison un après-midi de mai, reviens,
je veux sentir à nouveau ta peau contre la mienne,
m’enivrer de tes langueurs sur notre couche,
boire en la coupe de mes paumes le Saint-chrême de ta sève.
je veux sentir à nouveau ta peau contre la mienne,
m’enivrer de tes langueurs sur notre couche,
boire en la coupe de mes paumes le Saint-chrême de ta sève.
A la brune, je me réfugie dans notre chambre,
je sors de notre armoire tes bas de soie, et tes escarpins
que je hume des heures durant, prostrée de douleur,
et je m’endors au matin, ivre de fatigue,
je sors de notre armoire tes bas de soie, et tes escarpins
que je hume des heures durant, prostrée de douleur,
et je m’endors au matin, ivre de fatigue,
parfois, quand je vais au Mans faire quelques courses,
quelques hommes m’indisposent, mais je n’ai que faire de
leurs propos, et de leurs mains dessus mes mamelons,
car seul compte pour moi la principauté de ta Grâce,
quelques hommes m’indisposent, mais je n’ai que faire de
leurs propos, et de leurs mains dessus mes mamelons,
car seul compte pour moi la principauté de ta Grâce,
et le poème de notre passion, je distille chaque jour des
odes saphiques que je confie au soleil, et aux animaux de la création.
Ce soir, l’ombre s’étend en de longs voiles, les cierges de lune
éclairent la cerise de ma bouche, et l’ivoire de ma chair
odes saphiques que je confie au soleil, et aux animaux de la création.
Ce soir, l’ombre s’étend en de longs voiles, les cierges de lune
éclairent la cerise de ma bouche, et l’ivoire de ma chair
qui brasille, tandis que devenue folle de désir,
ma dextre entre en ma rivière d’amour jusqu’à ma matrice,
et recommence sans cesse, je murmure, les yeux troublés de vice,
ton prénom de clarté, je le crierai bientôt, ô mon aimée.
ma dextre entre en ma rivière d’amour jusqu’à ma matrice,
et recommence sans cesse, je murmure, les yeux troublés de vice,
ton prénom de clarté, je le crierai bientôt, ô mon aimée.
Je sais que je te retrouverai un matin, nous sortirons,
et adossées à une clairière, face à la cathédrale de ta pureté,
face à la houle de nos sens grisés, je te conduirai
au spasme suprême, au vin précieux de la Grâce !
et adossées à une clairière, face à la cathédrale de ta pureté,
face à la houle de nos sens grisés, je te conduirai
au spasme suprême, au vin précieux de la Grâce !
Sophie Rivière