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La pénombre de l'automne.

Marginal07

Nouveau poète
En ce début d’octobre, je sentais au petit matin la nuit se prolonger.
À mon réveil, l’obscurité m’envahissait et moi habitué à ce premier rayon
de soleil, j’avais du mal à me réveiller...
Comme si je faisais en pleine nuit un mauvais cauchemar.
Pourtant cette déchéance de l’astre du jour se répétait à chaque année.
Et la nature toute entière subissait les contre coups de ce manque de lumière.
Les feuilles toutes colorées se maquillaient de leurs plus beaux rêves.
Aux aurores de l’automne, le soleil un peu plus paresseux projetait au petit matin
des ombres qui ne lui ressemblaient pas.
C’est ainsi qu’un matin malgré ce réveil nocturne je décidai en plein crépuscule
d’explorer ce décor automnale.
Tous les arbres jadis verdoyants se coloraient de mille couleurs aussi magnifiques
les unes que les autres.
Au travers ces ombres prolongées de la nuit, je me suis senti envahi soudainement
d’un profond vague à l’âme..
En passant sous le grand chêne mon fidèle ami, je ressentais au plus profond de moi
cette frénésie automnale.
L’âme ébahie, un peu secoué par cette soudaine transformation, j’avais déjà l’âme en deuil.
Car je savais très bien que ses feuilles devenues trop fragiles ne lui survivrais pas.
Ainsi en était il de tous les arbres autour de lui.
En passant sous leur ramure forte et puissante, je sentais leurs branches peuplées de milliers d’âmes prêtes à partir.
Et ça pesait lourd sur ma tête car je savais très bien que toutes ces feuilles vivaient leurs derniers moments.
Ce goût âcre de tièdes vestiges m’envahissait corps et âme.
Mais moi enivré par ce panorama funèbre, je me sentais transporté..
Car je découvrais dans ce décor morose la vérité de toutes choses.
Toutes ces vies abondantes qui meurent s’épanouissent là pour mieux revivre.
Ainsi va la vie de la naissance jusqu’à la vieillesse.
Cette décrépitude des saisons me rappelait que moi aussi j’étais rendu à l’automne de ma vie.
Ma tête grisonnante trahissait mon âge avancé.
Comme ces feuilles virulentes, je ne craignais pas la mort et je m’identifiais à elles.
Je n’avais pas peur d’affronter cette morte saison qui nous tue à petits feux à l’âtre de nos souvenirs que nous ne pouvons oublier.
Comme toutes ces feuilles jaunies ou rougeâtres, je me rappelais les moments les plus tendres de ma vie où en pleine jeunesse je m’exaltais de rêves inopportuns.
Malgré les rides qui aujourd’hui maquillent mon visage je garde précieusement tous ces vestiges enfouis dans mon coeur.
Je suis dans la fleur de l’âge et comme ces feuilles je serai décroché de l’arbre de la vie.
Mon âme exaltée comme une feuille au vent s’envolera vers un monde inconnu où je retrouverai là bas dans mon arbre généalogique tous mes ancêtres décédés.
marginal07
 
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