benoit la plume
Maître Poète
LA MUSE
Elle s’envoyait du Saint-Estèphe
A la santé du Sud-Ouest,
Faisant chanter le Bordelais
Au tréfonds des banlieues gelées.
Je l’admirais comme un point mousse.
Sa longue chevelure rousse,
Telle une torche, un fumigène,
Dissipait le noir de la gêne.
Et sa faconde, et son accent,
Ses mots d’hier, ses mots d’avant
Qu’elle emmêlait à son parler,
Et son humour en décalé.
Des siècles entiers nous séparaient,
Mais en bateau désamarré,
J’avais des envies de voyage,
De transgression d’enfant pas sage.
Ma Bordelaise de Saint-Germain,
De quoi seront tes lendemains ?
Jusqu’où t’emmèneront tes pas
De traversière ? Je ne sais pas.
Mais je sais que là où tu es
L’en est qui se feraient tuer
Pour un peu de chemin, de route
A tes côtés, ou dans les soutes
De ton grand cœur de Bordelaise,
Qui fait aimer la vie, la baise,
Et les matins de grand soleil,
Et le bon vin qui nous éveille.
Moi qui suis vieux comme les falaises,
Des décatis et des obèses
Pour copains de génération,
Il ne me reste que l’émotion
De t’éveiller sur du papier
En mots de danse, en déshabillé,
En fleur des champs sur un rocher
Qui fait ma vie moins amochée.
Je ne suis plus que platonique,
C’est pas souvent que je les nique,
Mais quelle ivresse quand je dessine
Le joli nom de Clémentine.
Elle s’envoyait du Saint-Estèphe
A la santé du Sud-Ouest,
Faisant chanter le Bordelais
Au tréfonds des banlieues gelées.
Je l’admirais comme un point mousse.
Sa longue chevelure rousse,
Telle une torche, un fumigène,
Dissipait le noir de la gêne.
Et sa faconde, et son accent,
Ses mots d’hier, ses mots d’avant
Qu’elle emmêlait à son parler,
Et son humour en décalé.
Des siècles entiers nous séparaient,
Mais en bateau désamarré,
J’avais des envies de voyage,
De transgression d’enfant pas sage.
Ma Bordelaise de Saint-Germain,
De quoi seront tes lendemains ?
Jusqu’où t’emmèneront tes pas
De traversière ? Je ne sais pas.
Mais je sais que là où tu es
L’en est qui se feraient tuer
Pour un peu de chemin, de route
A tes côtés, ou dans les soutes
De ton grand cœur de Bordelaise,
Qui fait aimer la vie, la baise,
Et les matins de grand soleil,
Et le bon vin qui nous éveille.
Moi qui suis vieux comme les falaises,
Des décatis et des obèses
Pour copains de génération,
Il ne me reste que l’émotion
De t’éveiller sur du papier
En mots de danse, en déshabillé,
En fleur des champs sur un rocher
Qui fait ma vie moins amochée.
Je ne suis plus que platonique,
C’est pas souvent que je les nique,
Mais quelle ivresse quand je dessine
Le joli nom de Clémentine.