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La montagne noire

Anchora

Maître Poète
1. Tempête sensorielle

Donnez-moi une femme
Et je l’élèverai au rang de déesse,
Par ma bouche exigeante, je scellerai
Un pacte de domination
Sur ses délicates lèvres entrouvertes
Au goût de fraise des bois.

Dans un râle bestial triomphant,
J’emprisonnerai dans mes pattes
Prédatrices ces douceurs jumelles,
Dans ma liesse brute mais subtile.
Pour faire jaillir le miel de sa source cachée,
Cette liqueur qui exacerbe mon instinct primitif
Et réveille la bête qui brûle de s’abîmer
Dans la douce et étroite geôle humide
De sa divinité.

Mais je suis un chasseur aguerri,
Honorer la nature est ma spécialité.
Enfin après un long périple,
Confondu en caresses et baisers,
Sur ton effigie tremblante de chair,
Brûlant de désarroi en surenchère,
Je libère enfin le génie virtuose
De mes mains délicates en prose
Sur ton mont de Vénus esseulé et frémissant.

Vibre pour moi et chante ma muse,
En croche ou triple croche,
En double soupir ou quart de soupir.
Joue ta partition à mon oreille absolue
Qui ne se lasse pas de ton canon chaotique
Qui guide mes doigts agiles sur ton grand piano frénétique
Pour arracher la sève du fruit défendu
Et savourer ton velouté nectar céleste.

Oublie-toi, ma belle,
Au corps sauvage et déchaîné,
Car j’entame enfin le dessert :
J’ai troqué le noble piano
Pour la grotesque guimbarde…
Ressens le rythme sec, implacable
L’impact du verbe implacable
Qui vient supplicier le creux de tes hanches…

Tu peux tirer sur ma crinière,
Lutter contre mon étreinte de fer,
Lacérer mes bras ou mon dos,
Crier ou pleurer et demander grâce ;
Ivre de ton hydromel olympien,
Je ne lâcherai rien…

De mon tango fiévreux.
Je t’entraine au bord la falaise,
Pour pousser ton âme à basculer
Dans le gouffre abyssal…
Où je me tiens tout en bas pour te cueillir.

Donne-moi ce moment suspendu
Cette intensité qui appartient à mon règne,
Ma belle Aphrodite liquéfiée dans mes bras
Nageant éperdue dans les draps épars…
Au sommet de la montagne d’oreillers…
Donne-moi ton abdication
Hurle mon nom mon cœur.

Alors j’éteindrai ta chair frissonnante
Pour cajoler ta divinité déchue,
Attendant que tes magnifiques paupières
Où perlent les larmes de ta pudeur ébranlée
Cette faiblesse que tu as peur de me livrer

Se referment lentement
Et que ton corps vidé de sa rage
Et ton esprit libéré de ses tourments
Glissent dans le doux sommeil
Protégé par mon étreinte de fer
Devenu une caresse de plume
Sur ton corps fébrile

Dors tranquillement, ma douce muse
Contre ma poitrine puissante
Laisse ce cœur tambourinant
Encore follement
S’accorde progressivement
Au sanctuaire serein, royal et fière du mien.

Avant de prolonger ton délicieux supplice
Dans mon ultime palais.
Dans une bataille épique où je donnerai
Corps et âme pour annexer définitivement
Ta terre divine à mon territoire royal
Dans une étreinte charnelle très brute et sauvage…
Où je laisserai enfin la bête brûlante et retenue
Se noyer dans les profondeurs de de ta sève
Ce nectar qui nous rend fou
Y déposer le sceau de ma virile royauté
Sceller dans nos échos sauvages,
Mon Olympe ardente sans défenses
Ton appartenance féodale
À mon royaume bestial…

Pour exorciser ton démon, nos démons.

Au cœur de la tempête céleste mortelle,
Mon obscure divinité,
Livre-moi toute ta noirceur
Et ne faisons plus qu’un…
Noyons ensemble tous nos maux
Pour renaître purs ensemble
Au lendemain

2. Profondeur émotionnelle

Donnez-moi un homme
Et je le ferai d’abord ramper,
Pour qu’il défasse, de ses mains
Tremblantes, écorchées mais souveraines,
Les délicates lanières d’argent
De mon soulier de cristal.
Dans l’urgence calme et minutieuse,
Par un doux baiser, il posera alors
Ses lèvres carnassières
Au creux de ma cheville,
Et si mon humeur y consent,
Remontera peut-être…
Jusqu’à ma cuisse découverte.

Je cherche le fruit défendu
Celui au parfum dangereux,
Mais à la chair tendre et savoureuse.

L’alpha aux reliefs puissants
Mais au pas feutré et hypothétique de bêta.
Pour qu’il écrase chaleureusement
Sous sa masse imposante
Mon corps fier mais fébrile,
Vidé de sa sagacité combative
Au cours des joutes charnelles chaotiques,
Dans les draps de soie épars.

Pèse sur mes faiblesses,
Noie les ténèbres de mon regard
Dans ta douce fièvre bestiale
Ô mon indolent et indomptable barbare,
Rassure cette louve fière et solitaire
Qui grogne et monte la garde au seuil,
Chaque nuit…
Car derrière mon autorité impeccable,
Cette fierté orgueilleusement hautaine,
Bat un cristal fêlé qui lutte…
Pour rester un diamant
Dans la jungle impitoyable.

Mesure tes forces homme bête :
Seras-tu l’étendard du bateau pirate
Qui flotte au gré des vents capricieux,
Ou sa quille qui craque
À la moindre secousse ?

Mon registre précieux
Refuse le contemplatif de carat
Et le débat d’apparat.
Je suis faite de piège de quiproquos,
Habillant la noirceur intime
Dans le remous âpre.
Derrière mon éclat suspendu,
Je ne cherche pas ta caresse :
Mais l’éclaboussure qui abîmera
Ma magnifique pierre.

Tu es averti, homme-bête :
Si tu es certain de ton élan,
De pouvoir tenir mon prisme noir,
Plonge avec moi dans le gouffre…
 
Dernière édition:
Ames prudes passez votre chemin ici j’aborde les psychés homme et femme sur des généralités observées.
Même si chaque individu est différent, je voulais poser ma plume sur cette idée simple :
l’homme pense souvent avec le bas (d’où le début sans fioritures) avant de remonter à sa tête, là où la femme (qui a besoin de tester, connaître voir si on s’intéresse à elle) fait le chemin inverse…

Ps: Donc le premier qui parle de BDSM prend la porte :p car je n’en parle jamais…
 
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