Ce soir hors du harem je passe ma première nuit
Après mille longs jours passés dans le luxe et l’ennui
Sur la couche princière appelée à minuit
Cette nuit je connaîtrai à mon tour l’étreinte d’un duc
Je n’aurai pas à subir ce soir des gras eunuques
L’haleine avinée et les baisers dans la nuque
Ces soirées qu’entre odalisques l’on ne passe
Qu’à se cajoler tant et tant qu’on se lasse
À attendre le matin à se caresser devant la glace
Cette nuit mes flancs récolteront d’un prince la brûlante liqueur
D’un membre en majesté ils éprouveront la noble vigueur
Dans ma chair et sur ma peau je goûterai sa luxure et sa sueur
Depuis que je l’ai aperçu un jour de ma fenêtre
Je me consume du regret de ne pas le connaître
Car en moi l’amour et le désir secrètement il a fait naître
Que les concubines à mots effrontés se vantent
Qu’il a pu les combler jusqu’aux tréfonds à ce point me hante
Que jalousie et envie sans répit dans ma chair me tourmentent
Toute la journée à parfaire ma mise je m’emploie
Me parfume, m’apprête et me pare de soie
Afin qu’au moment tant chéri ma beauté se déploie
Je ressens déjà les effets de l’excitation
Ce soir c’est à mon festin que rugira le lion
Dans mes entrailles que jaillira le feu du dragon
A travers les appartements impériaux je suis conduite
Et dans la chambre du roi enfin introduite
Où il me rejoint après avoir quitté sa table et sa suite
Après un regard sur moi il s’étend sur sa couche
Et j’exécute pour lui ma danse la moins farouche
Lorsqu’il m’ordonne de danser d’un seul mot de sa bouche
Je chaloupe, ondoie et suavement me caresse
Tournoie si lascivement et manifeste avec tant d’adresse
La passion que le désir du roi prestement se dresse
Alors d’un geste il m’invite à venir le rejoindre
C’est l’instant béni où l’on va se conjoindre
Déjà je ressens au plus intime le plaisir m’oindre
Mais sur son lit il me fait aussitôt m’accroupir
Et sans même me laisser le temps de me dévêtir
La tête dans les coussins il m’ordonne d’enfouir
Si c’est en cette position qu’il veut de moi prendre son plaisir
Qui suis-je pour juger que cette façon de me saisir
N’était pas celle dont j’espérais qu’il me désire
Mais soudain il dénude mes blanches et jeunes fesses
Et au creux de mes reins me pénètre et m’agresse
Surprise si brutalement de douleur je m’affaisse
Bientôt la navette de mon seigneur en moi produit ses effets
Tandis que je hurle de souffrance la gelée royale gicle en effet
Et de longs râles de plaisir couronnent son forfait
Mon mignon petit cul, délicieux abricot, sur les draps offert
Je ne crains rien tant qu’il ne replonge son glaive dur comme fer
En moi comme dans le second cercle de l’Enfer
Lui une potion fortifiante vite saisie et avalée
Ma pauvre condition de jeune esclave désolée
L’excite bien au contraire de le faire reculer
Sans ménagement remise en position d’être besognée
Moi qui m’étais dans la joie de transports amoureux imaginée
Avoir été par mon beau prince sans tendresse gitonnée
Et sa flamberge déjà redevenue majuscule
Il écarte mes belles fesses, en force à nouveau l’opercule
Et à grands coups de reins derechef il m’encule
Dans mon fondement il reprend son va-et-vient luxurieux
Jusqu’à ce qu’il y gâche encore un liquide précieux
En tire un nouveau déduit et de moi des sanglots douloureux
Alors que de fatigue il commence enfin à s’endormir
Je n’ai éprouvé à ses assauts nul plaisir
Autre que celui d’à mon seigneur obéir
Aurais-je été jusqu’à la couche de mon prince conduite
Pour être par le seul homme qui m’ait à jamais séduite
De la manière la plus perverse introduite
Mais je me rebelle et ne veux pas finir ma nuit
Sans avoir auprès de mon maître connu le déduit
Fût-ce de mon prince dont je doive ravir l’usufruit
Alors je me dénude et m’approche de lui en gestes lents
Appose doucement le capuchon de mes lèvres sur son gland
Jusqu’à ce qu’il reprenne dans ma bouche vigueur et allant
Puis je l’enjambe et m’empale sur lui délicatement
Ainsi commence à le chevaucher gaillardement
Cherchant à connaître enfin la jouissance également
Bien vite je ressens comme jamais la chaleur de l’orgasme
Ma chair tremble comme parcourue de mille spasmes
Qui redoublent d’intensité lorsque je m’enthousiasme
Qu’à partager mon plaisir mon prince réveillé se déhanche
Ses mains solidement arrimées à mes hanches
Ma chevauché m’apporte la plus voluptueuse des revanches
Mon roi maintenant y met vraiment du sien
Et comme de sa bouche il cherche à me baiser les seins
Je penche le buste pour faciliter ses desseins
Je m’éveille finalement à cet intense bonheur
Que procure la connivence de deux cœurs
Atteignant enlacés du plaisir les ultimes profondeurs
Mes sens n’ont jamais été conviés à pareille intime fête
Qu’importe si pour de mon plaisir m’être mise seule en quête
Dans la cour du palais au matin l’on me coupe la tête
Mais ensemble ils connaîtront cette nuit d’autres orgasmes
Gageons qu’elle survécut à la jouissance de son fantasme
Et lorsqu’à l’aube il fut repris par le démon du désir sodomite
La concubine y éprouva même un plaisir sans limite