Filiatus
Maître Poète
Avec sa grâce, ses atours
Son beau minois, ses mots châtiés
Elle aurait pu être à la Cour
Une dame très appréciée
Mais il en fut tout autrement
La demoiselle n'eut de cesse
Qu'elle eût empoisonné les gens
Pour s'emparer de leurs richesses
Marie Madeleine d'Aubray
Naît d'une famille excellente
Dans un hôtel particulier
Du Paris de mil six cent-trente
Elle est l'aînée de trois garçons
Mais obnubilée par le sexe
On lui prête avec le second
Des rapports quelque peu complexes
Cela étant, elle est instruite
Elle a bon teint et jolis traits
Ce qui la fait tomber bien vite
Enceinte d'un marquis distrait
Ils se marient diligemment
Et le marquis plein de vigueur
La rend mère de sept enfants
Puis cesse tout net ses ardeurs
Marie Madeleine se jette
Dans les bras d'un bel officier
Qui en plus de la galipette
Est réputé un peu sorcier
Son nom : Godin de Sainte-Croix
Commandant de cavalerie
Qui avant son fâcheux faux-pas
Était l'ami de son mari
Soucieux du destin de sa fille
Monsieur d'Aubray fait arrêter
Et écrouer à la Bastille
L'amant par trop dévergondé
Là, Sainte-Croix fait connaissance
D'un redoutable empoisonneur
Spécialiste en occultes sciences
En drogue et en bouillons d'onze heures
Pendant ce temps notre héroïne
Dépense l'argent sans compter
Et bientôt au bord de la ruine
Son amant vient la retrouver
Elle veut toucher l'héritage
De son père rapidement
Mais ses frères lui font barrage
Lors, elle les tue lentement
Le mari craignant pour sa vie
Se retire dans ses domaines
Laissant la place derrière lui
Libre à ces deux énergumènes
La vie pour les amants reprend
Remplie de luxe et de débauche
Jusqu'au jour où par accident
Sainte-Croix passe l'arme à gauche
On retrouve dans ses affaires
Des fioles remplies de poisons
Et dans un vieux coffre de fer
Des lettres prouvant leurs actions
Tandis que l'on teste les fioles
Sur les animaux qui succombent
Vers un couvent, l'oiseau s'envole
Et s'y terre comme en sa tombe
Mais la police la retrouve
Et la ramène sur Paris
Lorsqu'à la torture on l'éprouve
Elle ne pousse pas un cri
Pourtant les plaies sont très profondes
Et les os brisés sont saillants
Aussi pendant quelques secondes
On eût cru voir un ange blanc
À son procès la demoiselle
N'accuse, n'avoue, ni ne craque
Affirmant que sa parentèle
Est morte par arrêt cardiaque
C'en est trop pour dame Justice
Qui sent que le bon peuple l'aime
Et au nom de la fleur de lys
Vote le châtiment suprême
Elle fait amende honorable
Sous la conduite du bourreau
Puis d'un pas ferme et admirable
Monte fière sur l'échafaud
Bizarrement, place de Grève
Les spectateurs sont silencieux
Et quand Guillaume abat son glaive
Tout le monde scrute les cieux
Son beau minois, ses mots châtiés
Elle aurait pu être à la Cour
Une dame très appréciée
Mais il en fut tout autrement
La demoiselle n'eut de cesse
Qu'elle eût empoisonné les gens
Pour s'emparer de leurs richesses
Marie Madeleine d'Aubray
Naît d'une famille excellente
Dans un hôtel particulier
Du Paris de mil six cent-trente
Elle est l'aînée de trois garçons
Mais obnubilée par le sexe
On lui prête avec le second
Des rapports quelque peu complexes
Cela étant, elle est instruite
Elle a bon teint et jolis traits
Ce qui la fait tomber bien vite
Enceinte d'un marquis distrait
Ils se marient diligemment
Et le marquis plein de vigueur
La rend mère de sept enfants
Puis cesse tout net ses ardeurs
Marie Madeleine se jette
Dans les bras d'un bel officier
Qui en plus de la galipette
Est réputé un peu sorcier
Son nom : Godin de Sainte-Croix
Commandant de cavalerie
Qui avant son fâcheux faux-pas
Était l'ami de son mari
Soucieux du destin de sa fille
Monsieur d'Aubray fait arrêter
Et écrouer à la Bastille
L'amant par trop dévergondé
Là, Sainte-Croix fait connaissance
D'un redoutable empoisonneur
Spécialiste en occultes sciences
En drogue et en bouillons d'onze heures
Pendant ce temps notre héroïne
Dépense l'argent sans compter
Et bientôt au bord de la ruine
Son amant vient la retrouver
Elle veut toucher l'héritage
De son père rapidement
Mais ses frères lui font barrage
Lors, elle les tue lentement
Le mari craignant pour sa vie
Se retire dans ses domaines
Laissant la place derrière lui
Libre à ces deux énergumènes
La vie pour les amants reprend
Remplie de luxe et de débauche
Jusqu'au jour où par accident
Sainte-Croix passe l'arme à gauche
On retrouve dans ses affaires
Des fioles remplies de poisons
Et dans un vieux coffre de fer
Des lettres prouvant leurs actions
Tandis que l'on teste les fioles
Sur les animaux qui succombent
Vers un couvent, l'oiseau s'envole
Et s'y terre comme en sa tombe
Mais la police la retrouve
Et la ramène sur Paris
Lorsqu'à la torture on l'éprouve
Elle ne pousse pas un cri
Pourtant les plaies sont très profondes
Et les os brisés sont saillants
Aussi pendant quelques secondes
On eût cru voir un ange blanc
À son procès la demoiselle
N'accuse, n'avoue, ni ne craque
Affirmant que sa parentèle
Est morte par arrêt cardiaque
C'en est trop pour dame Justice
Qui sent que le bon peuple l'aime
Et au nom de la fleur de lys
Vote le châtiment suprême
Elle fait amende honorable
Sous la conduite du bourreau
Puis d'un pas ferme et admirable
Monte fière sur l'échafaud
Bizarrement, place de Grève
Les spectateurs sont silencieux
Et quand Guillaume abat son glaive
Tout le monde scrute les cieux