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La marquise de Brinvilliers revisitée (1630-1676)

Filiatus

Maître Poète
Avec sa grâce, ses atours
Son beau minois, ses mots châtiés
Elle aurait pu être à la Cour
Une dame très appréciée

Mais il en fut tout autrement
La demoiselle n'eut de cesse
Qu'elle eût empoisonné les gens
Pour s'emparer de leurs richesses

Marie Madeleine d'Aubray
Naît d'une famille excellente
Dans un hôtel particulier
Du Paris de mil six cent-trente

Elle est l'aînée de trois garçons
Mais obnubilée par le sexe
On lui prête avec le second
Des rapports quelque peu complexes

Cela étant, elle est instruite
Elle a bon teint et jolis traits
Ce qui la fait tomber bien vite
Enceinte d'un marquis distrait

Ils se marient diligemment
Et le marquis plein de vigueur
La rend mère de sept enfants
Puis cesse tout net ses ardeurs

Marie Madeleine se jette
Dans les bras d'un bel officier
Qui en plus de la galipette
Est réputé un peu sorcier

Son nom : Godin de Sainte-Croix
Commandant de cavalerie
Qui avant son fâcheux faux-pas
Était l'ami de son mari

Soucieux du destin de sa fille
Monsieur d'Aubray fait arrêter
Et écrouer à la Bastille
L'amant par trop dévergondé

Là, Sainte-Croix fait connaissance
D'un redoutable empoisonneur
Spécialiste en occultes sciences
En drogue et en bouillons d'onze heures

Pendant ce temps notre héroïne
Dépense l'argent sans compter
Et bientôt au bord de la ruine
Son amant vient la retrouver

Elle veut toucher l'héritage
De son père rapidement
Mais ses frères lui font barrage
Lors, elle les tue lentement

Le mari craignant pour sa vie
Se retire dans ses domaines
Laissant la place derrière lui
Libre à ces deux énergumènes

La vie pour les amants reprend
Remplie de luxe et de débauche
Jusqu'au jour où par accident
Sainte-Croix passe l'arme à gauche

On retrouve dans ses affaires
Des fioles remplies de poisons
Et dans un vieux coffre de fer
Des lettres prouvant leurs actions

Tandis que l'on teste les fioles
Sur les animaux qui succombent
Vers un couvent, l'oiseau s'envole
Et s'y terre comme en sa tombe

Mais la police la retrouve
Et la ramène sur Paris
Lorsqu'à la torture on l'éprouve
Elle ne pousse pas un cri

Pourtant les plaies sont très profondes
Et les os brisés sont saillants
Aussi pendant quelques secondes
On eût cru voir un ange blanc

À son procès la demoiselle
N'accuse, n'avoue, ni ne craque
Affirmant que sa parentèle
Est morte par arrêt cardiaque

C'en est trop pour dame Justice
Qui sent que le bon peuple l'aime
Et au nom de la fleur de lys
Vote le châtiment suprême

Elle fait amende honorable
Sous la conduite du bourreau
Puis d'un pas ferme et admirable
Monte fière sur l'échafaud

Bizarrement, place de Grève
Les spectateurs sont silencieux
Et quand Guillaume abat son glaive
Tout le monde scrute les cieux
 
Comme vous le voyez, depuis quelque temps, je traite les biographies des personnages peu recommandables (Vacher, Hitler, Al Capone etc.). Mon prochain pourrait être... Lucky Luciano ;-)
 
Quel que soit le personnage traité vos recherches sont admirables et vos vers bien tournés.
Merci filiatus
Amicalement
 
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