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LA MAISON SOUS LES ARBRES

LLUMIERELIVE

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Sans rien attendre en retour

Dans le tortueux labyrinthe de la vie, ils n'auraient jamais dû se rencontrer, mais le hasard guidait leurs pas. Le hasard avait préparé depuis longtemps leur rencontre. Il avait tissé des fils invisibles dans lesquels ils n'auraient pu s'échapper s'ils l'eussent souhaités. Il avait dressé des jeux de miroirs dans lesquels, à l'infini, ils ne pouvaient que se voir
Ils ignorèrent que dès leur premier soir Aphrodite se jouerait d'eux et ne pourraient envisager de vivre autrement qu'ensemble.

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Quand il la fit entrer dans "la maison sous les arbres", elle su qu'elle n'en repartirait jamais...Que c'était là qu'elle aurait à vivre désormais.
Elle sentit que chaque chose qu'elle avait apprise, chaque moment qu'elle avait vécu, chaque croyance qui l'avait émue l'avaient progressivement guidée vers ce lieu de repos, de fraîcheur, de sérénité, de ferveur...
Son passé même l'avait doucement conduite sous ce chemin de verdure et projetait devant elle un avenir qui ne pouvait être qu'en "la maison sous les arbres".

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Dès le premier jour, elle su que rien ne devait y changer. Elle eut trop peur de bouleverser la vie du Maître de son bonheur. La maison devait rester telle quelle...Sans que rien ne pusse la faire deviner. Elle dissimula ses affaires de façon qu'il ne se rendisse compte de sa présence. Chaque objet devait rester à la même place. Elle n'éprouva pas même l'envie d'effleurer quoi que cela fût, tant ce décors lui semblait parfait.
Nul ne désire troubler le pays d'Eden.

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La nuit, elle n'osait bouger, craignant d'altérer son sommeil. Elle se faisait minuscule près de lui, réglant sa respiration à la sienne... Bien-souvent elle le regardait dormir...Pour elle, Il était la lumière...
Si bien qu'à force de veilles, à fixer son visage, un matin elle ne vit plus...Ses yeux étaient brûlés, brûlés à la flamme de cet amour. Tous les objets aux alentours restaient dans l'ombre, l'ombre de ce qui n'exixte pas. Seul, elle ne pouvait voir que Lui...Il dégageait tellement de clarté... Il était devenu son guide, elle ne discernait que les choses qui L'entouraient; elle ne percevait que les choses qu'Il aimait...
Elle était transformée et rayonnait par Son sourire, par Sa voix, par Son regard...

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Ils demeuraient toujours ensemble mais elle craignait qu'il ne s'ennuisse. Pour lui, elle inventait des contes, elle inventait des voyages...Elle créait des mets inconnus, des fleurs nouvelles, des chants venus d'ailleurs...
Elle aurait voulu recréer le monde, elle aurait voulu réinventer l'Amour...

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Un jour, il désira un enfant. Elle était heureuse de lui offrir, mais redoutait que ce lien ne le rendisse prisonnier.
Lorsque sa taille s'arrondie, elle riait de Sa joie, elle riait de Ses rires...
Mais un soir lorsqu'elle lui fit sentir l'Enfant remuer en son ventre, il pleura et lui avoua qu'il n'en désirait plus...
Le lendemain elle avait perdu l'enfant et riait de Le voir rire, riait de Le voir libre...

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Un soir, il rentra tard, un soir, il ne rentra pas.
Il avait eu besoin de reprendre contact avec le monde extérieur, il avait eu besoin de revoir ses amis, avait besoin de retrouver sa liberté...
Au matin, lorsqu'il rentrait, il avait l'air tellement satisfait qu'elle se sentie emplie d'un bonheur jamais connu jusqu' alors...

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Quelques soirs, il recevait...Lorsqu'il voulait qu'elle fut parmi eux, elle était là...Lorsqu'elle sentait que sa présence n'était pas indispensable, elle disparaissait.
Derrière la porte de son coeur, elle l'entendait rire et cela l'emplissait d'un bonheur incroyable...
Certains soirs elle percevait des voix, des rires de femmes... Elle entendait sauter les bouchons de champagne et s'imaginait les verres embués de fraîcheur, la blanche mousse déborder. En son âme, elle buvait en même temps que lui et les doux picotements lui faisaient briller les yeux...
Depuis longtemps elle ne se nourrissait de ce qu'il absorbait, se rafraîchissait de ce qu'il buvait...
Elle entendait leurs murmures, elles entendait leurs carresses et était heureuse de Le sentir heureux...

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Depuis longtemps déjà elle ne sortait plus, mais devinait les saisons lorsqu'Il rentrait : elle humait les parfums des jacinthes, les parfums des fruits mûrs, les parfums des moissons et des feuilles...
Elle savait les couleurs du temps: de Lui se dégageait la chaleur du soleil qui s'était emmagasiné sur sa peau...La fraîcheur de la pluie dans ses cheveux, la froideur de la neige sur son visage...
Il ne se montrait plus à elle, mais derrières les portes de son coeur, elle le voyait, elle le sentait, elle le vivait...

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Depuis longtemps déjà il avait perdu conscience de son existence, de sa présence.
Elle avait tellement su être discrète que rien ne la révélait...
Dans son âme, Il rayonnait d'une lumière si intense que le seul fait de Le deviner tout près d'elle l'a réchauffait.

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Un soir brusquement tout se voila. Un bourdonnement sourd l'empêcha de L'entendre...Une peur angoissante l'étreignit...Allait elle le quitter pour toujours?
Elle se sentit vaciller...doucement tomba...Telle une feuille arrachée de son arbre, volant en tournoyant dans le ciel, redoutant l'instant inévitable où elle va mourir sur le sol...
Elle était tombée...Encore consciente...Tout à coup la vision de la Vie qu'elle avait choisi lui revint...Elle revit le décors de la "maison sous les arbres"...Elle entendit Son rire dans la pièce voisine...Elle entendit Ses murmures...
Puis elle fut heureuse et apaisée : elle savait que rien ne pourrait la séparer le Lui...
Son dernier souffle mouru à ses lèvres, Doux comme une plume de jeune oiseau...

********
A cet instant il se souvint de cette porte close. Peut être avait il ressenti le doux frisson de la mort, ou peut être qu'en l'au delà l'avait elle appelé?
D'abord, très étonné, puis envahi de grandes émotions il enserra dans ses mains le corps fragile d'une colombe.
Il caressa doucement son plumage blanc et avec infinis précautions entrouvrît le bec de l'oiseau en s'efforçant de lui inssouffler un peu de vie.
Le petit coeur se remit à battre...Imperspectivement, irrégulièrement...
Son coeur était plein d'amour, la colombe réanimée, contre sa peau, contre son corps, ouvrit les yeux...
Il fur surpris par ce regard étrange...d'un bleu qui ne lui était pas méconnu...
A force de soin et de tendresse la colombe se rétablit. Un beau matin il ouvrit la fenêtre pour rendre à l'oiseau la liberté.
Celui-ci s'envola en décrivant de grands cercles autour de lui. Il riait de voir sa colombe guérie, craignant toutefois de la voir d'éloigner à jamais...
Elle revint se pose à la cîme de la "maison sous les arbres" et n'en bougeât plus.

*******
Il était ému lorsqu'il racontait cette histoire...C'était Sa colombe, Elle veillait sur lui et lui apportait tant de sérénité...
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Elle ne quitta jamais ce toit et était heureuse de l'entendre rire certains soirs...
Heureuse en son coeur d'oiseau, en son coeur de Femme


A toi Pierre sur Qui j'aurai voulu bâtir mon Église
Mais tu n'as rien compris


1983
 
texte de tres grande beauté, ce que tu reflètes,il m'a beaucoup ému, bises didier un vote
 
dis moi faut il tout donner par amour ?
ce texte est magnifique infiniment pur je l adore
en + je vote au moins une fois car j y reviendrai
 
Quelle belle histoire, tendre, émouvante,
je la garderai dans mes préférées,
Aimer c'est donner oui,
bises
 
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