La main céleste
Après l'office dominical un curé bien enrobé, bon vivant, reçoit au presbytère l'une de ses paroissiennes très désoeuvrée. Pour lui remonter, le moral, en tout point chancelant, il ne peut contenir de son sacré coeur un vif élan. La jeunesse, pourtant dans le besoin, trouvant ses manières pas du tout catholiques va chez l'évêque conter son aventure épique :La main céleste
- Vous savez, Monseigneur, le curé de ma paroisse n'est pas un enfant de choeur, profitant de mon grand désarroi, il a glissé ses mains, jointes à ses paroles, dans le décolleté de mon chemisier puis il est passé derrière moi et m'a susurré des mots tendres à l'oreille comme :
« Ma fille appliquons la parole de Dieu en nous aimant l'un, l'autre ; cela ne peut que vous rapprocher de lui et par là retrouvons le chemin de la joie du Seigneur ... »
Enfin plein de paroles de ce genre et je ressentis, au bas des reins, le long de ma nef centrale l'élévation du membre du clergé, puis il poursuivit :
« Guide sous ma soutane mon bâton vers ta grotte sombre, tu ne le regretteras pas ! »
Et d’ajouter « Tu sais ma petite, les hommes et les femmes sont-ils pas faits pour s'unir ? »
J'en restais muette de stupeur et il continuait à me pétrir les seins et un peu partout, moi, je vivais un vrai calvaire, j'étais toute pétrifiée et il a ajouté :
« L'amour fait des miracles et pour mieux exhausser nos prières montons ensemble au septième ciel : c'est le paradis ! »
Là, j’implorais l’aide de Dieu craignant de pécher et d'en récolter le fruit. Et, à un moment, j’ai pu me dégager de son étreinte pressante, mon sang n'a fait qu'un tour, je lui ai frappé les suspensoirs au niveau des burettes, il a fait une lente et douloureuse génuflexion puis reprit un peu ses esprits et un peu plus de retenues et de distances ensuite il me demanda de lui pardonner son écart, là je lui ai répondu :
« Vous avez des manières pas très catholiques ni orthodoxes d’ailleurs. Vous n'avez pas le droit, vous un homme de la calotte, de vous attaquer, en tentant d'ôter, à ma petite culotte »
Et puis si sa bonne était arrivée qu'aurait-elle pensé ??
Vous savez, conclut l'évêque, qui n'a jamais subi le démon de la tentation ? Je
connais bien votre curé c'est un brave homme il n’a eu qu’un petit moment d'égarement voilà tout et d ailleurs il en a très vite pris conscience puisqu'il a sollicité votre pardon pour cet écart de conduite :
« Hé que celui d'entre vous qui n'a jamais péché me jette la première pierre » nous a enseigné le Christ.
- Oui, Monseigneur, mais où en serait-on si je ne lui avais pas sonné les cloches ?
Je suis scandalisée du fait que vous semblez l'excuser ! Et passer l’éponge.
- Ce n'est pas du tout cela, j'essaie de vous faire comprendre que chacun à ses petits moments de faiblesses. Mais soyez assurée que je vais le convoquer très rapidement et nous prendrons les sanctions qui s'imposent. Aussi d'ici là, Mademoiselle, c'est la discrétion qui s'impose à tous, tout tapage autour d'un tel incident risque de nous nuire gravement, à nous, et peut-être encore plus à vous, il y a des vérités subjectives : imaginez qu'il soit dit que vous l'avez provoqué à votre avis qui sera cru ? L'abbé loyale et fidèle serviteur de l'église depuis plus de trente ans ou vous ?
La jeune paroissienne à moitié convaincue par la menace repartit et préféra tout de même garder le silence.
Les autorités ecclésiastiques ne pouvant faire la sourde oreille, le curé dû s'expliquer et reçu un sermon. Il reconnu les faits mais dans le cadre d'un incident de travail puisque tout cela c'était passé à la fin de la célébration de la troisième messe matinale et que le mélange des vins de messe était la clé de ce dérapage. Ajouté à cela la demoiselle lui aurait confesse beaucoup souffrir de la désaffection des hommes et qu'il avait ressenti là une sorte d’appel du pied et qu’il lui avait semblé que ses gestes avaient été guidés par une voix intérieure venue sans doute du Ciel, une inspiration Divine. Et que dans cet élan de compassion, il avait lui-même été surpris de sa réaction dont il fait acte de contrition.
Sans conviction, l'évêque lui dit vouloir le mettre à pied, l'abbé fit judicieusement remarquer que c'était fort injuste puisqu'il ne l'avait pas pris ; alors il fût décidé de mettre au « repos » quelques semaines ce curé trop entreprenant et surtout de le nommer ailleurs.
Il est vrai que les vocations se font rares et que la solitude même en tête à tête avec Dieu peut-être parfois bien pesante.
Texte déposé