rivière
Maître Poète
Je t’ai psalmodié des langueurs énervées
L’aube se lève, les roses frissonnent encore en ce mois de mai,
les lucioles éclairaient encore voilà peu
les paupières de la nuit,
les lucioles éclairaient encore voilà peu
les paupières de la nuit,
le vent chuchote dessus les cimes des bois,
et des forêts du Maine, d’épuisantes luxures,
près de notre borde, coulent le Loir et nos amours.
et des forêts du Maine, d’épuisantes luxures,
près de notre borde, coulent le Loir et nos amours.
Tu dors, ô ma Douce, mon Epousée,
tandis que je gis sur ma couche, en notre chambre,
je revois la fièvre de nos étreintes
tandis que je gis sur ma couche, en notre chambre,
je revois la fièvre de nos étreintes
depuis qu’hier, dès la brune, en robe de nudité comme toi,
je t’ai chevauchée des heures durant,
je t’ai psalmodié des langueurs énervées,
je t’ai chevauchée des heures durant,
je t’ai psalmodié des langueurs énervées,
tu as saisi maintes fois la forteresse de mes seins pigeonnants,
arrogants, et lourds, qui bougeaient à chacun de mes gestes,
tu as sangloté des ruts de liesse,
arrogants, et lourds, qui bougeaient à chacun de mes gestes,
tu as sangloté des ruts de liesse,
dès que ma langue et mes paumes ont parcouru
le continent de ta rivière d’amour jusqu’à la grotte de ta matrice,
et je t’ai conduite sur les rivages de la Jouissance.
le continent de ta rivière d’amour jusqu’à la grotte de ta matrice,
et je t’ai conduite sur les rivages de la Jouissance.
Nos robes de satin, nos escarpins,
et nos bas de soie gisent à terre, maintenant,
témoins de nos cris de volupté,
et nos bas de soie gisent à terre, maintenant,
témoins de nos cris de volupté,
j’aime quand tu te cambres, et que montent en toi,
les narines pincées, les spasmes du Désir,
et que mamelons contre mamelons,
les narines pincées, les spasmes du Désir,
et que mamelons contre mamelons,
sexe contre sexe, je te domine,
car je veux te posséder sans fin.
Ce soir, et les autres jours, tu seras ma proie,
car je veux te posséder sans fin.
Ce soir, et les autres jours, tu seras ma proie,
et tu resteras mienne, je te convertirai sans cesse
aux mystères des prêtresses de Lesbos,
mes bras enserreront la double amphore de tes hanches,
aux mystères des prêtresses de Lesbos,
mes bras enserreront la double amphore de tes hanches,
tu geindras, tu gémiras, je boirai le lait de ta sève,
et tu me diras d’une voix timide :
- encore, mon Impératrice de Grâce, c’est si beau, c’est si bon !
et tu me diras d’une voix timide :
- encore, mon Impératrice de Grâce, c’est si beau, c’est si bon !
Sophie Rivière