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Je découvris l'isthme de ta beauté

rivière

Maître Poète
Je découvris l’isthme de ta beauté

Sous les ciels du Maine,
ruisselaient
les longs reflets de l’azur,
nous marchions paume contre paume

dedans la forêt de Bercé,
enveloppées par la fraîcheur des lys,
seuls les crissements de nos robes de lin
plissaient la soie du silence,

quand tu me dis d’une voix langoureuse :
- « reposons-nous, ma Fée,
en cette clairière, nous reprendrons ensuite
sans tarder notre flânerie ».

J’acquiesçai,
nous nous étendîmes
près d’un chêne
ceint par des gerbes de fougères.

Je commençai à somnoler,
quand
ta langue réveilla
l’or de ma passion,

j’ôtai fiévreusement nos tuniques,
découvris
interminablement
l’isthme de ta clarté,

le mystère de ton mont de Vénus,
puis, après maintes joutes,
ton corps roula, épuisé,
contre mes seins.

Devenue insatiable,
je me mis tête-bêche,
suçotai
le reliquaire de ton sexe


où priait
l’hermine de ton pubis,
pendant que mes doigts,
suspendus aux coteaux de tes seins

enflammaient
le ressac de tes clameurs
qui délivraient
les sonnets de ta jouissance.

Je te guidai ainsi
des heures durant, puis,
éperdue de tendresse, tu me remercias
de notre duel d’Eros,

nous nous endormîmes enfin
à la brune,
scellées l’une dans l’autre,
jusqu’aux lisières de l’aurore.


Sophie 839
 
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