J’aime aussi: Au détour d'un chemin, REGARDER, c'est à dire, ouvrir les yeux, évaluer, analyser, soupeser, essayer, caresser, sentir, goûter... et plus précisément APPRÉCIER ou tout simplement VOIR ! Un jour, il n'y a pas si longtemps, une belle grande femme aux lignes fines, pures et élégantes est venue. Elle était vêtue d'une longue robe blanche aux retours larges et multiples. Ceux-ci suivaient ses déplacements et mouvements rotatoires amples. Je ne saurais dire comment elle était venue, mais elle éclairait désormais paisiblement la nuit sombre et sans lune dans laquelle je me trouvais brutalement plongé. Brune ou blonde ? Que sais-je! Elle avait un visage de forme ovale. Un ovale parfait. Mais un ovale inexistant, un vide blafard, semblable à une coquille d'oeuf blanc, froid, sans expression, sans haine ni amour, sans peine ni remord, sans autorité ni compassion, sans rien: le néant. Cette femme est venue. C'était la "Dame Blanche". Pas de terreur ni d'effroi, elle était là, tout simplement là ! Et je savais pourquoi ... J'avais eu une vie chaotique, peu banale et assez bien remplie. J'avais fait le tour du globe dans tous les sens, d'Est en Ouest, du Nord au Sud et surtout de travers. J'avais vu les trois Océans, foulé de nombreux bouts du monde, rencontré, côtoyé et travaillé avec des populations variées dont la vision du monde et les racines culturelles étaient fort différentes. J'avais commis des erreurs aussi, des choix qui n'ont pas toujours été les meilleurs. Mais il en était ainsi. Il n'y avait rien à regretter, rien à changer. Cependant, pourquoi venait-elle si tôt? Il restait tant de choses à faire et à apprendre. Je n'avais encore rien vu, rien perçu. Il restait tant à essayer, caresser, sentir, goûter, tant à apprécier dans le monde. Aucun échappatoire possible. J'avais beau détourner mes yeux, m'imaginer dans un autre lieu, un autre temps, jusqu'au bout de mes rêves, rien à faire, elle était là. Mon heure était venue. Elle attendait patiemment que je la suive. Devant l'évidence, résigné mais étonnamment apaisé et serein, j'ai accepté sa présence. Il ne pouvait en être autrement. La vie est ainsi faite. Ephémère. Un passage dans un monde agité, fourbe et injuste. Une vie qui nous emmène tous un jour ailleurs, vers le repos et la paix. Pourtant, allez savoir pourquoi, j'ai lutté. Une épaule secourable c'est présentée et j'ai lutté, lutté, lutté ... Dans quel but? Je ne sais pas! Une force inexplicable me poussait, un instinct de survie irrationnel. Un jour, la Dame Banche n'était plus. Évaporée. Comme elle était venue, elle est partie, sans prévenir. Un temps surpris, me voilà désemparé voire triste de son absence. Rassurante et apaisante, sa présence était devenue confortable et presque nécessaire. Tout était défini, clair et calme. Désormais, sans elle, je devais m'agiter, lutter, souffrir, sans connaître le résultat final. Pourquoi n'a-t-elle pas voulu de moi? Aujourd'hui pourtant, je suis là, heureux de l'être et fermement décidé de le rester. Perché sur un tertre, plein d'espoirs, les bras tendus vers l'horizon et l'avenir, j'ai vaincu. Je suis le seul vainqueur... La vie est trop précieuse, le monde si beau et si grand. Je les aime aussi ... Car il est encore temps de REGARDER, APPRECIER,VOIR la vie et le monde autrement ...