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Fille des forêts de châtaigniers

marietourments

Nouveau poète
Ici, je suis née
Sur cette terre juste et simple
J'ai pris racine !

Au pays camisard, je suis née
Là haut sur le mont Lozère
Fille des forêts de châtaigniers
Et d’un parpaillot mort aux galères.

Lorsque le ciel fait violence et colère sienne
Rafale de révolte le vent des Cévennes
Comme un écho de son passé glorieux
Résistance à l’oppression de nos aïeux.

Au pays des murailleurs, je suis née,
Au milieu des millepertuis, nature été
Fragrances de thym romarin l’été respire
Eaux claires ses fonds se laissent lire.

Bogues de châtaignes naissantes
Aux branches au vent bruissantes
Nielles des blés, gentiane, violette
Bleuets, genêt d’or et pâquerette.

Blanche douceur pure hiver gelé
Où le ciel se déhanche affolé
De ses sentiers, j’ai côtoyé le ciel.
De ses drailles, j’en ai appris l’essentiel.

À travers les "rancarèdes" par chemin muletier
Au Mas des Bouzèdes, j’ai parlé aux Émeutiers
Ma maison d'austères pierres sombres
Tapie près du couder , dans un repli à l’ombre.

Stoïque, devant l’hiver à l’affut
Toit et murs de schistes moussus
Au milieu des châtaigniers nourriciers
Odeurs ronronnements de bois sciés.

Quand crépuscule de ma vie sera
Quand le vent tourmente s'apaisera
Je lui parlerais, prières sans rite
Tramées au fil des silences, non dites.

J’irais renaitre du même sommet
Refuge inaccessible au repos muet
Où errent les fantômes les jours de brouillard
Et rejoindrait l'âme héroïque des camisards.

Ici, je suis née
Sur cette terre juste et simple
J'y laisserais racine..​
 
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