rivière
Maître Poète
Femmes, nous sommes Magnificence et tendresse
Non loin de moi, chuchote le miracle des roses que
j’ai cueillies hier pour toi, dès l’aurore, et que je t’ai offertes,
agenouillée, le silence palpite derrière notre vitre,
par delà les ciels d’azur,
j’ai cueillies hier pour toi, dès l’aurore, et que je t’ai offertes,
agenouillée, le silence palpite derrière notre vitre,
par delà les ciels d’azur,
par delà la paroisse de notre couche,
les heures s’écoulent, indolentes.
Nos robes, nos bas de soie, nos escarpins, et nos sacs à main,
gisent à même le sol, nous n’avons nul besoin d’autres parures,
les heures s’écoulent, indolentes.
Nos robes, nos bas de soie, nos escarpins, et nos sacs à main,
gisent à même le sol, nous n’avons nul besoin d’autres parures,
car Femmes, nous sommes Magnificence et tendresse,
les flambeaux des arbres tanguent
parmi les bocages, parmi les hameaux,
nos chairs de Grâce, entrelacées, ruissellent de clarté.
les flambeaux des arbres tanguent
parmi les bocages, parmi les hameaux,
nos chairs de Grâce, entrelacées, ruissellent de clarté.
J’ai éclos cette nuit, à la lueur de nos chandeliers,
ô ma Sirène, mon amante, mon oasis,
quand, prêtresse de Lesbos, tu m’as guidée
jusqu’au delta de la Jouissance,
ô ma Sirène, mon amante, mon oasis,
quand, prêtresse de Lesbos, tu m’as guidée
jusqu’au delta de la Jouissance,
j’ai gémi, sangloté des ruts de liesse,
accrochée à l’urne de tes hanches,
je suis ressuscitée, moi qui n’étais autrefois
qu’une humble poétesse.
accrochée à l’urne de tes hanches,
je suis ressuscitée, moi qui n’étais autrefois
qu’une humble poétesse.
Je suis devenue si belle et si pure que
le soleil, à l’énoncé de mon prénom de sagesse,
s’agenouille et me loue, les heures s’écoulent,
laisse-moi te psalmodier des odes érotiques
le soleil, à l’énoncé de mon prénom de sagesse,
s’agenouille et me loue, les heures s’écoulent,
laisse-moi te psalmodier des odes érotiques
énonçant les assonances de ta Délicatesse,
les oiselles, dans les vaisseaux des arbres
nous convient au banquet du printemps,
tandis que chatoie la rosée dans notre jardin,
les oiselles, dans les vaisseaux des arbres
nous convient au banquet du printemps,
tandis que chatoie la rosée dans notre jardin,
ô ma Divine, toi qui régis notre gynécée,
grave sur l’encensoir de ma Toison-corolles
des psaumes de fraîcheur,
idolâtre l’autel de mes seins lourds
grave sur l’encensoir de ma Toison-corolles
des psaumes de fraîcheur,
idolâtre l’autel de mes seins lourds
qui pointent, durcis de Désir, vers les solives des zéniths,
offre-moi la cerise de tes lèves, je t’en supplie,
et face à la royauté de notre Splendeur,
savourons le prodige et la fierté d’être Femmes !
offre-moi la cerise de tes lèves, je t’en supplie,
et face à la royauté de notre Splendeur,
savourons le prodige et la fierté d’être Femmes !
Sophie Rivière
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