• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

Des mots rassis (suite et fin)

LarryMonde

Nouveau poète
Armé du courage qu'exige la volonté, l'être du beau sexe s'assoie à ses côtés et dans le plus profond abandon lui révèle ses sentiments et ses désirs les plus intimes. Sa voix, à l'imperceptible tremblement de l'attente angoissé, se mélange au brouhaha des fêtards et ajoute à la confusion du fou génial un trouble nouveau et fatal. Fatal! car, enfin, il la voit. Fatal! car il la voit mais sous l'aspect hideux du chat de ses cauchemards!
Soudain, sans avoir rien écouté à la douce mélodie vocale de son bourreau, ni porté attention aux cerresses de la flaterie, il comprend. "Ainsi, au chat mon oeuil ne suffit plus, c'est du mon coeur qu'il convoite aujourd'hui!" A cet instant la fatalité la plus complète conjugué à son désir de vengeance n'offre plus que pour spectacle à son esprit torturé une mer noire, froide et abyssale surplombé d'un ciel d'orage grondant étonnant. Peu à peu son hallucination s'accélère. Les contours se confondent pour ne plus laisser apparaitre qu'un immense et funeste maelström. Enivré de cette vision nouvelle, guidé par elle-seule, le dandy borgne et grotesque quitte les limbes paisibles du songe et plonge avec rage et fureur vers le sordide monde réel des actes.
Il se lève, la regarde et lui dit: "Suis moi!" Ce qu'elle fait. Sans savoir où le dirige son instinct, il cherche le lieu de son futur forfait. Il trouve. C'est désert, silencieux, parfait. D'une violence insoupçonnable il assène de coup la belle. Du sang coule de son visage ravagé, pas de larmes. Cette aridité lacrymale, lui rappelant la sienne, le rend ivre de colère. Il poursuit son déchainement des haine jusqu'à son paroxysme. Jamais beauté ne fut plus atroce, plus insupportable à contempler. De la douce il ne reste plus qu'un tas de chair flasque, aux orifices béants, souillé de foutre et d'excréments.
A la découverte publique de cet événement les charognards, indignés comme il se doit, ont érigé la Merveilleuse au rang de martyr, puis ont édifié une statue sublime et symbolique.
Et toi qui admire cette splendeur tu as déjà oublié que celle-ci après sa mort fut dépouillé de toute sa grâce par l'implacable rongement de la vermine.
 
Retour
Haut