rivière
Maître Poète
Des machaons se posent sur les paupières des fleurs
Les roseaux de l’étang frissonnent près du Loir,
l’aurore se lève,
les violettes et les asphodèles se redressent,
l’aurore se lève,
les violettes et les asphodèles se redressent,
tandis que fuient les vaisseaux de la nuit,
des machaons se posent
sur les paupières des fleurs.
des machaons se posent
sur les paupières des fleurs.
Je gis nue,
parmi le cantique des harmonies,
parmi la langueur des odes saphiques,
parmi le cantique des harmonies,
parmi la langueur des odes saphiques,
à ton arrivée, hier matin, après avoir échangé
quelques mots avec toi, ma voisine, mon amante,
tu m’as conduite par le bras sans mot dire,
quelques mots avec toi, ma voisine, mon amante,
tu m’as conduite par le bras sans mot dire,
près de ma couche, en ma chambre,
face à la cathédrale du soleil,
face à la rose du Levant,
face à la cathédrale du soleil,
face à la rose du Levant,
tu as ôté lentement ma robe de satin, mes escarpins,
mes bas de soie, ma culotte, que tu as déposés à terre,
tu m’as allongée sur le dos,
mes bas de soie, ma culotte, que tu as déposés à terre,
tu m’as allongée sur le dos,
je t’ai suppliée d’arrêter, mais insensible à mes demandes,
à cheval sur ma chair, tu m’as possédée, la chute de tes vêtements,
et de tes haut talons sur le sol a troublé l’eau du silence,
à cheval sur ma chair, tu m’as possédée, la chute de tes vêtements,
et de tes haut talons sur le sol a troublé l’eau du silence,
tu as continué ton œuvre, infatigable, ô ma Maîtresse.
Tes lèvres et tes paumes m’ont fait connaître la beauté suprême,
tu as exploré la colline de mes seins,
Tes lèvres et tes paumes m’ont fait connaître la beauté suprême,
tu as exploré la colline de mes seins,
tu as découvert la presqu’île de ma chair,
l’hermine de mon pubis,
puis, accrochée aux plis sublimes de mes draps,
l’hermine de mon pubis,
puis, accrochée aux plis sublimes de mes draps,
j’ai gémi mes charnelles strophes,
j’ai pleuré de Passion, et tu m’as conduite heure après heure,
jusqu’au littoral de la Jouissance.
j’ai pleuré de Passion, et tu m’as conduite heure après heure,
jusqu’au littoral de la Jouissance.
Avant ton départ, voilà peu, les sens inapaisés,
je t’ai lancé, radieuse et arrogante à la fois :
- quand reviens-tu ?
je t’ai lancé, radieuse et arrogante à la fois :
- quand reviens-tu ?
Sophie Rivière