rivière
Maître Poète
Ô ma Suzeraine, toi qui as fait de ma vie une poésie
Les voiles de nuit s’enfuient vers l’occident,
l’aurore paraît dessus les bocages et les bois du Maine,
le parfum des lys et des violettes blanches
monte dans notre maison, au bord de l’Anille,
l’aurore paraît dessus les bocages et les bois du Maine,
le parfum des lys et des violettes blanches
monte dans notre maison, au bord de l’Anille,
je vais bientôt quitter ces lieux enchanteurs pour te rejoindre
dans ta chambre à Paris, en l’île de la Cité,
je ne verrai plus pendant quelques mois ces lieux
enchanteurs où nous sommes aimées la première fois,
dans ta chambre à Paris, en l’île de la Cité,
je ne verrai plus pendant quelques mois ces lieux
enchanteurs où nous sommes aimées la première fois,
ô ma Suzeraine, toi qui as fait de ma vie une poésie,
j’ai tant besoin de la douceur de tes paumes,
et de l’or de tes prunelles où brille le Désir.
Cette nuit, à la lueur des lucioles et de nos chandeliers,
j’ai tant besoin de la douceur de tes paumes,
et de l’or de tes prunelles où brille le Désir.
Cette nuit, à la lueur des lucioles et de nos chandeliers,
transportée de Désir, j’ai sorti de notre cachette un objet béni
par nos compagnes, j’évoque ici le godemiché, si pur et si beau,
je l’ai lavé, mouillé avec ma salive, et introduit à maintes reprises
de ma rivière d’amour à la grotte de ma matrice,
par nos compagnes, j’évoque ici le godemiché, si pur et si beau,
je l’ai lavé, mouillé avec ma salive, et introduit à maintes reprises
de ma rivière d’amour à la grotte de ma matrice,
j’ai hoqueté, et gémi sans cesse, soudain, appuyée
sur mes talons, mes seins lourds, durcis de sensualité,
dirigés vers les solives des cieux, j’ai hurlé de liesse,
et ma blanche douceur a jailli, je l’ai récoltée
sur mes talons, mes seins lourds, durcis de sensualité,
dirigés vers les solives des cieux, j’ai hurlé de liesse,
et ma blanche douceur a jailli, je l’ai récoltée
aux creux de mes paumes, je l’ai bue en ton honneur,
et je me suis endormie, bercée de Grâce.
Mon corps d’ambre et d’ivoire gît encore, nue,
face aux cathédrales de clarté de l’été, le vent pénètre
et je me suis endormie, bercée de Grâce.
Mon corps d’ambre et d’ivoire gît encore, nue,
face aux cathédrales de clarté de l’été, le vent pénètre
par notre fenêtre entrouverte, et soulève ma longue chevelure de jais
qui pend dans mon dos à la misaine de mes épaules, l’astre
de ma Beauté rayonne parmi les évêchés de la prée.
Je suis habillée, et prête à partir maintenant,
qui pend dans mon dos à la misaine de mes épaules, l’astre
de ma Beauté rayonne parmi les évêchés de la prée.
Je suis habillée, et prête à partir maintenant,
à mon arrivée en ton logis, poétesse, brodeuse de perles de rosée,
je te réciterai des poésies saphiques que je t’offrirai à genoux,
tu ôteras ma robe, et mes escarpins, je garderai mes bas de soie noirs
et mes porte-jarretelles, tu feras de même, puis tu m’allongeras
je te réciterai des poésies saphiques que je t’offrirai à genoux,
tu ôteras ma robe, et mes escarpins, je garderai mes bas de soie noirs
et mes porte-jarretelles, tu feras de même, puis tu m’allongeras
ardente, à même le sol, le front ceint d’ombre et de Lumière,
tu me posséderas, ivre d’Impudeur, jusqu’au spasme suprême,
tu boiras le vin de ma sève,
et à nouveau, je deviendrai ton épousée !
tu me posséderas, ivre d’Impudeur, jusqu’au spasme suprême,
tu boiras le vin de ma sève,
et à nouveau, je deviendrai ton épousée !
Sophie Rivière