rivière
Maître Poète
L’exquisité de ta blondeur
Je suis restée
des années durant
entourée par les cercles de solitude,
parmi les bocages du Haut-Maine.
Je me courbais à chaque seconde
au gré des saisons
sous le faix du labeur
dans ma borde,
mon existence s’écoulait, morne,
loin des flammes de l’affection,
à vingt-cinq ans
le bonheur m’avait toujours fuie.
Un matin de printemps,
je te remarquai
à l’ombre des bourgeons des bosquets
bordant mon layon,
tu étais assise sur la pierre d’un tertre,
vêtue d’une robe de soie,
le diadème des haillons d’azur
ceignait l’exquisité de ta blondeur.
Tu pleurais, m’expliquas-tu,
la perte des tes proches,
la spoliation de tes biens
et les abysses de ton dénuement.
Emue par ton sort et ta lumière, je saisis
tes bagages, et te conduisis dans mon logis,
tu t’assis dedans un profond fauteuil
où tu t’endormis longuement.
A ton réveil au crépuscule, tu m’entraînas
sur ma couche, et tu m’étreignis,
ta bouche vermeille embauma
les ailes de mon âme,
tu goûtas les attaches célestes de ma peau,
la musique de mes émois,
et
je devins enfin Femme !
Sophie Rivière
Je suis restée
des années durant
entourée par les cercles de solitude,
parmi les bocages du Haut-Maine.
Je me courbais à chaque seconde
au gré des saisons
sous le faix du labeur
dans ma borde,
mon existence s’écoulait, morne,
loin des flammes de l’affection,
à vingt-cinq ans
le bonheur m’avait toujours fuie.
Un matin de printemps,
je te remarquai
à l’ombre des bourgeons des bosquets
bordant mon layon,
tu étais assise sur la pierre d’un tertre,
vêtue d’une robe de soie,
le diadème des haillons d’azur
ceignait l’exquisité de ta blondeur.
Tu pleurais, m’expliquas-tu,
la perte des tes proches,
la spoliation de tes biens
et les abysses de ton dénuement.
Emue par ton sort et ta lumière, je saisis
tes bagages, et te conduisis dans mon logis,
tu t’assis dedans un profond fauteuil
où tu t’endormis longuement.
A ton réveil au crépuscule, tu m’entraînas
sur ma couche, et tu m’étreignis,
ta bouche vermeille embauma
les ailes de mon âme,
tu goûtas les attaches célestes de ma peau,
la musique de mes émois,
et
je devins enfin Femme !
Sophie Rivière
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