La mouettePerchée sur une falaise, face à l’océan,
Déployant ses ailes pour mieux prendre le vent,
Une mouette s’envole et plane dans les airs,
Silencieuse, légère, confondue dans l’éther.
Dans de larges volutes, elle est comme suspendue
Sans qu’aucune de ses plumes ne bouge, ni remue,
Attendant patiemment le retour des pêcheurs
Dont la marée montante semble indiquer l’heure.
Sitôt qu’apparaît la proue du premier bateau,
Traînant derrière lui l’écume fendant les flots,
D’autres mouettes arrivent et se joignent à elle,
Dans un concert de cris et de battements d’ailes.
Elles plongent et replongent sans craindre le pire,
La mer est bouillonnante autour des navires,
Ce n’est plus un combat, c’est une curée,
Avant que la flottille ne parvienne aux quais.
C’est au tour des hommes maintenant de s’affairer,
Soulevant des cageots qui s’empilent chargés
Et les mouettes au-dessus s’agitent et s’impatientent,
Protestant bruyamment contre cette longue attente.
Les cageots sont rentrés, les marins sont partis,
Seules quelques mouettes tournent encore ainsi
Jusqu’à ce que le soir dispute le jour à l’ombre
Et que, petit à petit, s’amenuise leur nombre.
Alors, perchée sur sa falaise, face à l’océan,
La mouette regarde le soleil descendant
Plonger dans les flots ses derniers rayons
Jusqu’à disparaître au bout de l’horizon.
Plus tard, dans la nuit, une vague lointaine,
Arrivant fatiguée au pied de son domaine,
Viendra lui chuchoter que le soleil n’est pas mort
Et que pour elle demain, il brillera encore.
Chibani
Sur les côtes de l’Algarve