Maurice Marcouly
Maître Poète
La vie des élèves pensionnaires au Lycée Champollion dans les années soixante, dur dur !.
Voici l’équipe de cross-country du lycée Champollion en 1969-1970.
C’était déjà un peu plus cool du point de vue de la discipline.
Nous avions été champion d’académie, puis sélectionné pour les championnats de France.
Je reconnais sur la photo Pierre Roura Chaussade…et moi, déjà avec un maillot de cyclisme peugeot sur le dos, je devais sûrement avoir ce jour là mon vélo pas très loin !.
En 1967 les cheveux longs étaient à la mode, mais Arnal…Couraide, Cure, Cazard préféraient que l’on ait les idées longues!.
À l’époque nous étions pensionnaires et régnait au sein du lycée une discipline d’enfer!.
On devait sortir en week-end cravaté, et celui qui oubliait suite à une grave inattention de mettre cet ornement vestimentaire, faisait un demi-tour dès que possible !…sourires, pour passer deux jours de colle entre les murs de l’établissement, avec en prime l’interdiction de sortir en ville le mercredi après-midi qui suivait , s’il avait bien entendu la chance d’avoir un correspondant sur Figeac.
Le lourd portail de fer ne s’ouvrait pas sur la liberté facilement !.
Le même sort guettait le malheureux qui avait oublié la date de naissance et de décès de Jean François Champollion.
Il avait alors deux jours pleins pour apprendre et retenir ces précieuses années !.
On dormait au cinquième étage, dans un chemin de croix on regagnait nos lits, on nous stoppait à chaque étage deux à trois minutes, et au moindre bruit un élève pris au hasard dans le secteur du délit, était sanctionné par une retenue en fin de semaine.
L’escalier débouchait sur un immense dortoir d’une soixantaine de lits plus peut être, répartis sur la droite et sur la gauche d’une allée centrale, avec au départ les lavabos sans eau chaude, et les toilettes, et tout au bout se trouvait la piaule du pion.
Le dortoir 52 était celui des garçons, il me semble que les filles étaient installées au 31, difficile à me remémorer !.
Tout ceci est très loin, évidemment les dortoirs n’étaient pas mixtes !…sourires
Parfois une tentative presque désespérée était au programme d’un très courageux pour rejoindre son aimée, mais hélas le
veilleur de nuit semblable à une chauve souris agitée se baladait dans une ronde infernale dans les corridors et malheur à celui qui se faisait prendre!.
L’exclusion définitive du lycée était à la clé d’une telle pulsion sentimentale, le conseil de discipline ne rigolait pas avec les plus téméraires, mais vous savez comme moi, que l’amour est capable de nous transcender au point de nous faire oublier la peur, n’est-ce pas ?.
Les sanctions pleuvaient comme je l écris, nous en avions parfois deux ou trois en retard, c’est à dire qu’entre deux vacances principales on ne voyait pratiquement jamais notre famille.
Je me suis toujours demandé ce qui aurait pu se passer en cas d’incendie, les normes de sécurité étaient plus que sommaires !. Enfin, le miracle se produit parfois !.
Blouse grise, et bleue pour les garçons, rose et je ne me souviens plus de l’autre couleur pour les filles.
Bref, c’était le bon temps comme se plaisent à le dire les bien plus jeunes que nous aujourd’hui !.
Être dans l’équipe de cross, ou d’athlétisme nous permettait de pouvoir sortir de l’enclave du lycée au moins le mercredi lorsqu’on avait une colle prévue!.
Cependant de temps en temps, les privés de liberté pouvaient prendre le chemin au combien bucolique du Cingle !.
Je ne me souviens pas d’avoir trop dragué les filles dans la cour, c’est étrange me connaissant, peut-être étions nous sur la retenue encore une fois, par rapport au régime disciplinaire en vigueur !.
Le réfectoire était au rez de chaussée les salles de classes au-dessus pour certaines, et nous savions par avance ce que serait le repas de midi ou du soir grâce aux odeurs qui montaient en nous chatouillaient les narines !.
Le jour des frites, était le bienvenu un vrai jour de fête !.
Avec la choucroute nous était serve une carafe de bière, et nous avions droit à une bouteille de vin pour huit élèves.
Moyennant un arrangement avec les tables
d’à côte, j’ai pris ma première cuite au lycée!.
Ce réfectoire servait également de permanence.
Une barre de chocolat noir à cinq heures et un morceau de pain, et nous montions en étude pour deux heures studieuses dans un calme encore surprenant.
Voilà pour résumer sommairement la vie des lycéens à Champo cela nous donnait un petit avant goût d’armée !.
Je suppose qu’aujourd’hui nos enfants ne connaissent pas cette sévérité ?.
Mais peut-être avez-vous des bons souvenirs, aussi à vos plumes !…sourires
Allez un dernier souvenir !.
Un pion particulièrement doué en 1967 ( 4 licences en poche) qui avait élu domicile dans le camping municipal, a posé cette question osée au principal lors de son recrutement : "les dortoirs sont ils mixtes ?."
Un soir nous étions à l’étude avec lui, pour une fois il y avait beaucoup d’agitation, cure alerté par le bruit pointa rapidement son nez à la porte : «que se passe t’il ici !.»
Le pion sans se démonter une seconde lui rétorqua : « rien, j’étais simplement entrain de leur faire un cours d’espagnol en anglais !».
Nos rires résonnent sûrement encore dans cette salle d’étude N 113 !.
Une petite anecdote me revient.
Lorsque j’ai mis les pieds pour la première fois dans l’enclave du lycée au mois de septembre 1967 j’avais en tête en milieu de semaine de pouvoir assister aux fiançailles de mon frère aîné. Hélas n’ayant pas prévu d’amener un mot spécifiant que je sortirai le samedi , alors que la rentrée scolaire avait eu lieu en cours de semaine je n’ai pas pu assister à cette fête de famille!.
Mon frère est pourtant venu, pour essayer de me libérer, après son intervention le surveillant général Cure, un psychorigide sans égal, a simplement dit en me regardant : « mon pauvre ami, il fallait que tu es cette autorisation en poche en temps voulu , tu resteras donc avec nous dimanche !».
C’est ainsi que j’ai commencé ma cure au
lycée, et croyez-moi je n’en n’avais pas cure!.
Deux ou trois témoignages
d’élèves suite à mon écrit :
Pour les filles blouses rose et bleu clair. Demi pensionnaire il fallait montrer une serviette de table propre le lundi et nous en 67 il y avait des barrières dans la cour pour séparer filles et garçons
Salut, Maurice, et encore bravo pour tes chroniques si intéressantes et joliment rédigées. Celle-ci me concerne également car je viens de réaliser pourquoi le nom de Marcouly me disait "quelque chose"! "Mais oui, mais c'est bien sûr", comme disait le commissaire Bourrel! Dans ma classe de Philo-Lettres de 1966-67, il y avait un camarade du nom de Denis Marcouly, ton frère sans doute. Et la photo du prof de philo Pierre Bugat, je l'avais aussi publiée car j'y suis, sous le bras levé de Christian Daynac, en train de rigoler devant l'audace de Jean-François Foucaud qui fait le pitre sur le bureau professoral. Avant 1968, les filles ne rejoignaient le lycée Champollion qu'en Terminale, et les blouses roses et bleues étaient encore de rigueur. Et gare à nous si on se trompait, ça ne rigolait pas avec"Couraide"!Encore moins avec les aventures amoureuses! Il y en avait eu une entre deux de nos camarades, Marie-José et Jean-Louis, qui s'étaient retrouvés à l'hôtel. Scandale à l'époque qui leur avait valu une sanction, mais je ne sais plus laquelle....
Maurice Marcouly prof d'allemand ! Pas étonnant ! Je vois sur le palmarès qu'il avait eu le1er Prix en langue 1! Et moi, prof d'anglais puis documentaliste.





Voici l’équipe de cross-country du lycée Champollion en 1969-1970.
C’était déjà un peu plus cool du point de vue de la discipline.
Nous avions été champion d’académie, puis sélectionné pour les championnats de France.
Je reconnais sur la photo Pierre Roura Chaussade…et moi, déjà avec un maillot de cyclisme peugeot sur le dos, je devais sûrement avoir ce jour là mon vélo pas très loin !.
En 1967 les cheveux longs étaient à la mode, mais Arnal…Couraide, Cure, Cazard préféraient que l’on ait les idées longues!.
À l’époque nous étions pensionnaires et régnait au sein du lycée une discipline d’enfer!.
On devait sortir en week-end cravaté, et celui qui oubliait suite à une grave inattention de mettre cet ornement vestimentaire, faisait un demi-tour dès que possible !…sourires, pour passer deux jours de colle entre les murs de l’établissement, avec en prime l’interdiction de sortir en ville le mercredi après-midi qui suivait , s’il avait bien entendu la chance d’avoir un correspondant sur Figeac.
Le lourd portail de fer ne s’ouvrait pas sur la liberté facilement !.
Le même sort guettait le malheureux qui avait oublié la date de naissance et de décès de Jean François Champollion.
Il avait alors deux jours pleins pour apprendre et retenir ces précieuses années !.
On dormait au cinquième étage, dans un chemin de croix on regagnait nos lits, on nous stoppait à chaque étage deux à trois minutes, et au moindre bruit un élève pris au hasard dans le secteur du délit, était sanctionné par une retenue en fin de semaine.
L’escalier débouchait sur un immense dortoir d’une soixantaine de lits plus peut être, répartis sur la droite et sur la gauche d’une allée centrale, avec au départ les lavabos sans eau chaude, et les toilettes, et tout au bout se trouvait la piaule du pion.
Le dortoir 52 était celui des garçons, il me semble que les filles étaient installées au 31, difficile à me remémorer !.
Tout ceci est très loin, évidemment les dortoirs n’étaient pas mixtes !…sourires
Parfois une tentative presque désespérée était au programme d’un très courageux pour rejoindre son aimée, mais hélas le
veilleur de nuit semblable à une chauve souris agitée se baladait dans une ronde infernale dans les corridors et malheur à celui qui se faisait prendre!.
L’exclusion définitive du lycée était à la clé d’une telle pulsion sentimentale, le conseil de discipline ne rigolait pas avec les plus téméraires, mais vous savez comme moi, que l’amour est capable de nous transcender au point de nous faire oublier la peur, n’est-ce pas ?.
Les sanctions pleuvaient comme je l écris, nous en avions parfois deux ou trois en retard, c’est à dire qu’entre deux vacances principales on ne voyait pratiquement jamais notre famille.
Je me suis toujours demandé ce qui aurait pu se passer en cas d’incendie, les normes de sécurité étaient plus que sommaires !. Enfin, le miracle se produit parfois !.
Blouse grise, et bleue pour les garçons, rose et je ne me souviens plus de l’autre couleur pour les filles.
Bref, c’était le bon temps comme se plaisent à le dire les bien plus jeunes que nous aujourd’hui !.
Être dans l’équipe de cross, ou d’athlétisme nous permettait de pouvoir sortir de l’enclave du lycée au moins le mercredi lorsqu’on avait une colle prévue!.
Cependant de temps en temps, les privés de liberté pouvaient prendre le chemin au combien bucolique du Cingle !.
Je ne me souviens pas d’avoir trop dragué les filles dans la cour, c’est étrange me connaissant, peut-être étions nous sur la retenue encore une fois, par rapport au régime disciplinaire en vigueur !.
Le réfectoire était au rez de chaussée les salles de classes au-dessus pour certaines, et nous savions par avance ce que serait le repas de midi ou du soir grâce aux odeurs qui montaient en nous chatouillaient les narines !.
Le jour des frites, était le bienvenu un vrai jour de fête !.
Avec la choucroute nous était serve une carafe de bière, et nous avions droit à une bouteille de vin pour huit élèves.
Moyennant un arrangement avec les tables
d’à côte, j’ai pris ma première cuite au lycée!.
Ce réfectoire servait également de permanence.
Une barre de chocolat noir à cinq heures et un morceau de pain, et nous montions en étude pour deux heures studieuses dans un calme encore surprenant.
Voilà pour résumer sommairement la vie des lycéens à Champo cela nous donnait un petit avant goût d’armée !.
Je suppose qu’aujourd’hui nos enfants ne connaissent pas cette sévérité ?.
Mais peut-être avez-vous des bons souvenirs, aussi à vos plumes !…sourires
Allez un dernier souvenir !.
Un pion particulièrement doué en 1967 ( 4 licences en poche) qui avait élu domicile dans le camping municipal, a posé cette question osée au principal lors de son recrutement : "les dortoirs sont ils mixtes ?."
Un soir nous étions à l’étude avec lui, pour une fois il y avait beaucoup d’agitation, cure alerté par le bruit pointa rapidement son nez à la porte : «que se passe t’il ici !.»
Le pion sans se démonter une seconde lui rétorqua : « rien, j’étais simplement entrain de leur faire un cours d’espagnol en anglais !».
Nos rires résonnent sûrement encore dans cette salle d’étude N 113 !.
Une petite anecdote me revient.
Lorsque j’ai mis les pieds pour la première fois dans l’enclave du lycée au mois de septembre 1967 j’avais en tête en milieu de semaine de pouvoir assister aux fiançailles de mon frère aîné. Hélas n’ayant pas prévu d’amener un mot spécifiant que je sortirai le samedi , alors que la rentrée scolaire avait eu lieu en cours de semaine je n’ai pas pu assister à cette fête de famille!.
Mon frère est pourtant venu, pour essayer de me libérer, après son intervention le surveillant général Cure, un psychorigide sans égal, a simplement dit en me regardant : « mon pauvre ami, il fallait que tu es cette autorisation en poche en temps voulu , tu resteras donc avec nous dimanche !».
C’est ainsi que j’ai commencé ma cure au
lycée, et croyez-moi je n’en n’avais pas cure!.
Deux ou trois témoignages
d’élèves suite à mon écrit :
Pour les filles blouses rose et bleu clair. Demi pensionnaire il fallait montrer une serviette de table propre le lundi et nous en 67 il y avait des barrières dans la cour pour séparer filles et garçons
Salut, Maurice, et encore bravo pour tes chroniques si intéressantes et joliment rédigées. Celle-ci me concerne également car je viens de réaliser pourquoi le nom de Marcouly me disait "quelque chose"! "Mais oui, mais c'est bien sûr", comme disait le commissaire Bourrel! Dans ma classe de Philo-Lettres de 1966-67, il y avait un camarade du nom de Denis Marcouly, ton frère sans doute. Et la photo du prof de philo Pierre Bugat, je l'avais aussi publiée car j'y suis, sous le bras levé de Christian Daynac, en train de rigoler devant l'audace de Jean-François Foucaud qui fait le pitre sur le bureau professoral. Avant 1968, les filles ne rejoignaient le lycée Champollion qu'en Terminale, et les blouses roses et bleues étaient encore de rigueur. Et gare à nous si on se trompait, ça ne rigolait pas avec"Couraide"!Encore moins avec les aventures amoureuses! Il y en avait eu une entre deux de nos camarades, Marie-José et Jean-Louis, qui s'étaient retrouvés à l'hôtel. Scandale à l'époque qui leur avait valu une sanction, mais je ne sais plus laquelle....
Maurice Marcouly prof d'allemand ! Pas étonnant ! Je vois sur le palmarès qu'il avait eu le1er Prix en langue 1! Et moi, prof d'anglais puis documentaliste.





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