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Vampire

Archangeas

Nouveau poète
Allongé sur un tapis de terre brune,
Sous la lueur blafarde de la lune.
Il attendait, triste et pâle comme la mort,
Que le temps efface sa souffrance, ses remords.
Il pensait que rien en ce bas monde n’aurait pu l’atteindre,
Mais c’est la beauté d’une mortelle qu’il aurait du craindre.

Son parfum exquis lui ouvrit les yeux,
L’éloignant de la nuit dont il était amoureux.
Les étoiles avaient perdu tout leur éclat,
Les eaux calmes rieuses murmuraient tout bas.
Il sentit au loin les battements de son cœur,
Son désir s’embrasa dans ses yeux de tueur.
Il se rapprocha comme un ombre de sa source,
Tremblant d’excitation à chaque secousse.
Il l’a découvrit enfin dans toute sa splendeur.
Accroupie au bord de l’eau, elle essuyait ses pleurs.
Des larmes délicates s’échappaient de ses yeux saphir,
Et tombaient sur sa robe écarlate pour y mourir.
Ses doigts de velours courraient sur le sol,
Elle pensait à l’amour qui l’avait rendu folle.
Déçue par la vie, elle aspirait à la mort,
Il allait lui offrir bien plus encore.

Quand elle l’aperçut, elle se releva vivement,
Son regard apeuré épiant ses mouvements.
Il glissa vers elle l’hypnotisant de ses yeux,
Elle était si belle que s’en était douloureux.
Il lui prit doucement la main, savourant sa chaleur,
Plongeant son regard dans le sien, vidé de toute peur.
Puis il se pencha lentement jusqu’à effleurer ses lèvres,
Savourant leur douceur, leur goût sucré de miel.
Elle était comme en transe, se croyant dans un rêve.
S’abandonnant à ses caresses, ses baisers d’immortel.
Il respira l’odeur entêtante de sa chevelure,
Sublime cascade de reflets roux au parfum de mûre.
Une veine bleue azur se dessinait sur son cou d’ivoire,
Telle une dorure magnifique qui attirait son regard.
Il sentait ce flot brulant qui pulsait en elle.
La chaleur de son sang sous cette peau si frêle.
Il embrassa cette nuque si attirante,
Plongeant ses canines dans sa chair frémissante.
Un torrent tiède et onctueux envahit son palais,
Grace à son cœur battant pour deux qui le rassasiait.
Elle se sentait partir au loin tandis que son cœur faiblissait,
Elle oubliait ses soucis enfin, dans ses bras elle s’abandonnait.
Ange noir de la nuit, il la couvrait de ses ailes,
Elle s’endormait dans son nid d’un sommeil mortel.
Le flux se tarissait mais il la buvait sans relâche,
Ce n’était pas sa mort qu’il voulait, il fallait qu’elle sache.
Son amour était si fort, qu’il la désirait pour l’éternité,
Mais sa passion dévorante l’empêcha de la ressusciter.
Son corps se raidit peu à peu dans ses bras,
Il sut qu’elle était partie pour l’au-delà.
Ses lèvres roses étaient devenues blêmes,
Et plus aucun souffle ne s’en échappait.
Des larmes de sang jaillirent de ses yeux,
Il comprit désormais que rien ne le rendrait heureux.
Il contempla une dernière fois la beauté de son corps,
Elle était froide comme la pierre, m’ais l’éblouissait encore.
Les heures s’écoulaient mais il ne pouvait la quitter,
Accablé de regrets, à quoi bon exister ?

Aucune armes ni maladies ne pouvaient attenter à sa vie,
Il était immortel, mais elle lui avait ôté toute envie.
Il attendit l’aurore comme on attendrait une délivrance,
Préférant la mort à une éternité de peine et d’errance.
Les premiers rayons du jour naissant mirent fin à son existence,
Mais il rechercha longtemps son amour par delà le ciel immense.
 
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