Véronique
A trop passé sous silence
Un bel amour a filé
Le temps a pris offense
De nos frilosités.
Hé même si nos yeux malicieux
Se disaient toujours « je t'aime »
Hé même si nos lèvres complices
Voulaient s'unir pour l'éternité ;
Nos mains ne se sont pas rencontrées.
Véronique, gentille Véro,
Sans s'être rapproché
Cet amour s'est condensé.
Hé même toi, la belle farouche
J'aurais bien dû t'apprivoiser
Hé même moi, l'esprit taciturne
Tu aurais pu m'amadouer ;
Nos gorges ne se sont pas dénouées.
Véronique, douce Véro,
Sans être réchauffé
Cet amour a gelé.
Hé même si nous étions trop jeunes
Nous aurions mûri ensemble,
Hé même si nous étions paumés
Nos solitudes se seraient mariées ;
Mais nos coeurs n'ont pas fusionnés.
Véronique, « ma » tendre Véro,
Sans être réconforté
Cet amour s'est disloqué.
Hé même cet amour, enfant mort né
ne laisse aucun spectre noir au coeur,
Hé même si un fantôme y demeure,
C'est un esprit câlin et farceur ;
Nos mémoires ne l'ont pas oublié.
Hé même si nos yeux malicieux
Se disaient toujours « je t'aime »
Hé même si nos lèvres complices
Voulaient s'unir pour l'éternité ;
Chacun accomplit sa destinée.
La chance passant sans détour,
Cet amour a succombé
Même si le rêve dure toujours
Notre silence l'a tué !
Texte déposé
Regretter le passé, c’est courir après le vent.
proverbe russe