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Une Voix

Polymnie2

Maître Poète

Une voix

Je me revois,
Rentrant de l’école,
Tenant encore la porte avant de la refermer,
Une voix m’a dit :

« Tu vas souffrir dans la vie ».

J’ai regardé les murs et le plafond
Je n’ai rien vu, j’ai haussé les épaules !
Je n’ai jamais rien dit à la famille.
C’était en Belgique,
Après la guerre, chez ma Grand’mère.
J’ai refermé la porte
Et avec elle cet avertissement fut oublié de ma mémoire !

J’avais 6 ou 7 ans.
La vie c’est vrai m’a marquée,
Très jeune ma nature on l’a tuée.
Les peines se sont accumulées,
Les taire pour ne pas blesser.
C’est ainsi le courant de ma vie,
Fait de pleurs solitaires et de sacrifices.
Les larmes n’étaient pas ma douleur,
Je pleurais le chagrin des autres.
Elles tombaient toutes seules sans que je le veuille.
En perles s’égrenait mon cœur.

Je vivais les difficultés des grandes personnes.
Je me cachais pour ne pas me faire remarquer,
Derrière les meubles, loin du monde.
Il ne fallait pas me trouver,
Je n’aurais pas su dire la raison
Pour laquelle je pleurais.
A 6 ou 8 ans peut-on expliquer
Que l’on vit en soi la peine des autres ?
Que l’on a un cœur qui verse son trop plein,
Un cœur qui n’est pas ancré dans le corps
Mais se meut par les actes, les paroles des autres ?
Garde tes larmes pour plus tard
Tu en auras bien besoin !
Quelle consolation ! quel conseil !
Pour l’enfant que j’étais !
Cette réplique semblait me narguer
Elle revenait trop souvent
Car mes yeux ne savaient pas
Comment les effacer autrement,
Les retenir, sûrement pas,
Devant une assemblée qui ne comprend pas !
Avec le recul je pouvais les verser.
La nature s’est bien chargée
De me faire connaître par la suite les larmes de peines ou joies.
Elle est autoritaire, on n’a pas le choix.
On nait comme ça.


Tout voir,
Tout entendre,
Tout vivre.
Et tout cela sans rien dire ;
Car c’est trop beau,
Il n’existe pas de mots
Pour expliquer un certain ressenti
Sans verser des larmes
Qui sont le reflet de l’âme.


On extirpe les entrailles,
On ne peut extirper la vie.
On ne peut mettre à nu une âme
Sans omettre la principale faille,
Sensibilité à fleur de peau,
Fécondité du cœur, cadeau
Du Créateur vivant là-haut

Nous sommes porteurs de son fardeau.

Polymnie2, fait en 1979
Ce 14 septembre 2019

Je précise que je n'ai jamais été malheureuse!​
 
Bonjour Poly,
je suis éblouie par la lumière de votre si beau poème, tout de sensibilité et de douceur.
Merci du fond du coeur.

Bonne journée.
Bises.
Sophie
 
un superbe poéme où tu te livres entièrement

j'ai aimé malgré la tristesse en dessous !
pleurer, pour les autres ça prouve ton cœur immensément généreux et ouvert

merci et bises bleutées
 
Tu es courte il est vrai mais aux plumes trempées
La valeur ne se compte au nombre de tes pieds
En quelques vers ici tu nous l'a fait savoir :)
 
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