Polymnie2
Maître Poète

fait aux crayons de couleur 2000
Un fil chaud
dans le tiède si tendre du temps
Brode le point de chaînette
du Printemps
Quand je mets l’espérance en tout dehors, frison
Sort le bout de nez frêle et danse avant de naître !
Et valsent les saisons ! Et danse le gazon
En clé de sol mineur mèches folles ces herbes !
En soupir de silence excitant l’air voltige
Et parfum de Provence exhumé va, se perd,
Tournois d’Aura sur tête effluve aime vertige
Puisque mon âme habite un Eden qu’elle enserre.
Boutons entre deux doigts faisant la boutonnière
Et l’éclat pétillant d’un cœur emprisonné
Libère un trouble émoi sur fraîche bonbonnière
Fidèle sentiment bienveillant fusionné.
Lors, j’étends mon regard vois le plaisant délice
Comme un plateau de fruits avec grâce est servi
S’entremêle joyeuse une Cène en hélice
Tournant sous le soleil sans cesse inassouvi.
Sous pluies ou gai soleil, que soit gigue la vie!
En coups de fouet cinglants le vent chahutera
Vive parure ou teint tout ce qui est survie,
En brasier de couleurs s’active et fleurira.
L’entre-saison nous offre or étain en palette
Sur de pâles rayons aux reflets argentés,
Sous un ciel tourmenté chargé de nue bleuette
S’épure canevas sur minois* bien gantés.
L’Esprit souffle en douceur délaissant belle empreinte
Sur tout décor, l’étrange, inoubliable noble
Herbe sacrée fouillée où fleur la Simple, reine
En florilège illustre étale encor’ sa robe.
Silence solennel m’habille toute entière
Et je vois tout à coup sur cette œuvre reçue :
L’inachevé s’élève en long soupir d’hier
Il ne dit rien, c’est moi debout sur la Vertu*
Qui reçois une épée en plein cœur si peu fière
De voir ce beau manège animé, décousu.
Polymnie, le 2 mars 2018
rediffusion
Minois = petit nuage
*Moi, sur vertu, moi sur la scène si bien entretenue,
constate que si belle soit la nature ,nous l’avons bafouéeAfficher la pièce jointe 14386
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